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L'avenir d'Ariane lié à celui des satellites à propulsion électrique

Publié le 16 août 2014 par Toulouseweb

On risque de ne plus recevoir ce type d’information selon laquelle un satellite a été capable d’envoyer ses premičres images seulement trois jours aprčs son lancement. Ce fut le cas encore cependant lors de la mise ŕ poste du satellite Spot 7 lancé le 30 juin dernier et dont les premičres images ont été publiées par Airbus Defence and Space le 7 juillet aprčs que le satellite eu rejoint sa position
Certes le satellite Spot 7 (et son homologue Spot 6 avec qui il forme la constellation) n’est pas un satellite géostationnaire placé sur une orbite ronde ŕ prčs de 36 000 km d’altitude. C’est un satellite d’observation placé en orbite basse (entre 200 et 800 km) afin de fournir la résolution exigée pour ce type de mission. Mais tout de męme, disposer de son satellite en aussi peu de temps reste une prouesse acclamée ŕ chaque lancement réussi.
Alors les exploitants de satellites, notamment de satellites de communication -générateurs d’énormes flux financiers- auront-il la patience d’attendre plus qu’ils ne le font aujourd’hui, entre le lancement d’un satellite et le moment oů ils pourront disposer de la totalité des services que le satellite est sensé fournir? Car ŕ l’heure actuelle, rappelle le Cnes, le lancement par la fusée dure entre moins de 45 minutes et 10 heures, voire plus pour Ariane. La mise ŕ poste dure, quant ŕ elle, 10 ŕ 15 jours durant lesquels les ingénieurs sont d'astreinte afin de mener alors les calculs en temps réel pour que le satellite rejoigne Ť par saut de puce ť sa position définitive déterminée par l’exploitant du satellite.
Attendre plus longtemps. Car si un satellite est ŕ propulsion entičrement électrique, la durée de mise en orbite va considérablement augmenter. Et lŕ ce n’est plus une question de jours de mise ŕ poste, mais de mois. Il faudra donc aux clients d’ętre patient. Mais il semble que le jeu en vaille la chandelle. Car la conception d’un satellite tout électrique (il y a déjŕ des satellites qui font usage de moteurs électriques mais uniquement pour les rectifications de trajectoire ou le maintien de poste, ces satellites sont dotés de moteurs chimiques –ŕ savoir ŕ propergols- pour leur lancement) Ť permet de réduire sa masse d’au moins 40 % ť, affirmait il n’y a pas si longtemps que cela ŕ notre confrčre Ť La Tribune ť, Stéphane Israël, le PDG d’Arianespace.
De son côté la secrétaire d’Etat chargée de l'Enseignement supérieur et ŕ la Recherche Genevičve Fioraso, insiste sur le fait que le marché des satellites ŕ propulsion électrique devrait représenter 20 % du marché mondial des satellites ŕ l’horizon 2020. Déclaration qu’elle a faite en saluant le 1er aoűt l’annonce par Eutelsat de la signature avec Airbus Defence and Space et Arianespace des contrats d’acquisition et de lancement du satellite tout électrique Eutelsat 172B de 3,5 tonnes, sans compter qu’elle a insisté sur le choix du motoriste : Snecma (groupe Safran) qui s’est lancé depuis plusieurs années dans le développement de moteurs électriques et tout particuličrement plasmiques qui délivrent une puissance plus élevée que le moteur dit ionique, ce qui est source de réduction de temps de mise ŕ poste.
Seule petite ombre au tableau, la ministre a bien évidemment salué ce lancement par Ariane 5 prévu pour le premier semestre 2017, mais elle n’a rien dit de la version du lanceur qui sera utilisée : Ariane 5 ECA ou Ariane 5 ME ? Car c’est aussi l’enjeu d’Arianespace de rester compétitive en coűt face ŕ une concurrence qui se fait de plus en plus pressente, notamment avec l’arrivée de SpaceX et son lanceur Falcon 9. Celui-ci a été conçu expressément pour le lancement de satellites ŕ propulsion électrique. Ce qui n’est pas le cas d’Ariane 5. Ariane 5 ECA (avec sa coiffe adaptée) pourra lancer ce type de satellites, mais il faudra encore l’optimiser afin de faire ŕ nouveau baisser les coűts car le prix d’appel de SpaceX est incompatible avec ceux d’Arianespace soumises ŕ la problématique d’un dollar trop faible par rapport ŕ l’Euro dans lequel ses industriels travaillent.
Ce sera alors l’enjeu du lobbying que doit assumer tant Arianespace que le Cnes ou encore l’Esa afin de faire valoir le bien fondé du lancement de la rénovation ŕ mi-vie d’Ariane 5 (Ariane 5 ME) et de la poursuite du programme de développement de son successeur Ariane 6 avec une capacité ŕ lancer deux satellites électriques. Mais il semble que l’un ou l’autre de ces lanceurs ne seront pas pręts pour un lancement en début 2017.
Nicole B. pour Aeromorning

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