Un jour, des participants à une session de formation m’ont
proposé de simuler une négociation. La société était faite de
différentes entreprises et on voulait fusionner les statuts de leurs employés. Le PDG négociait avec le Comité d'Entreprise. Deux personnes
sont désignées pour jouer les deux rôles. Très rapidement, le ton monte.
L’argumentation vire à la lutte des classes. Le « PDG » s’entend
reprocher son salaire… J’arrête la négociation. Et je demande aux participants
de m’expliquer ce que veut faire le PDG. Ce n’était pas clair dans l’échange.
Surprise, ils ne le savent pas !
Résultat. Ils se sont renseignés auprès de leur Direction des
Ressources Humaines. Et ils ont découvert que le projet était dans leur
intérêt.
Explication ? Les
participants ont joué « au patron et au syndicaliste ». Et en France
cela est synonyme de conflit. Ce jeu est pathologique. Mon intervention, qui n’était
pas préméditée, a cassé le jeu. Les participants à la négociation sont sortis
de leur « rôle ». Et ils ont repris leurs esprits.
Nous avons fait ce que les spécialistes de systémique appellent
un « changement d’ordre 2 » : un changement qui porte non sur
les acteurs et la façon dont ils remplissent leur rôle (ordre 1), mais sur leur
processus d’interaction.
Et voilà le problème qui ronge notre société, et notre vie
personnelle. Nous sommes murés dans des rôles. Et ils sous-entendent le
conflit et le stress. Vertueux Allemand / paresseux Français, néoconservateur /
postmoderniste, client / fournisseur, chef / subalterne, enseignant / élève, voisin
/ voisin, parent 1 / parent 2…
Et voilà sa solution : quand ils virent au conflit, nous
devons sortir de ces rôles. Et revenir à ce que nous sommes. Moi Tarzan, toi
Jeanne. Et passer de l’affrontement à l’entraide.
