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Le syndrome de la piscine

Publié le 08 juillet 2014 par Normita @rockbarcelona

Il y a de ces traumatismes dont on réchappe avec le temps. Traumatismes souvent vécues à un moment charnière de notre vie, sinon, c’est de suite moins drôle. Ceux qui créer des souffrances telles qu’on redoute le moment où l’on va les revivre encore et encore. Car le traumatisme est sournois, et peut se révéler répétitif. Alors me direz-vous, pourquoi ne pas tenter d’y échapper ? Et je vous répondrai que si la vie était aussi simple qu’une fuite en avant, ça se saurait !
Je me rappelle particulièrement d’un souvenir d’enfance difficile et  on ne peut plus récurent, celui… des cours d’EPS (et là, logiquement, on est 90% de concernées). Bordel ! Qui est le génie qui a instauré les cours de piscine pile poil (et c’est le cas de le dire) en pleine puberté, moment où tu commences à prendre conscience de ton corps, alors que c’est aussi le moment où il commence à partir en cacahuètes ? 
La puberté, voici tout simplement comment je l’ai vécu :
-Pas assez de seins pour mettre un soutif mais assez pour que ça ne passe pas inaperçu.
-Pas assez de poils pour te faire épiler (en plus d’être « trop jeune ») mais assez pour te faire chambrer.
Rajouter à cela que j’avais cours de piscine le matin à 9h, qu’une fois sur quatre, j’oubliais un change et passait la journée avec un maillot mouillé sous mes vêtements (oui parce que je n’étais pas adepte de nudisme à l’époque), et que la dégaine yeux rouges-cheveux trempés-coupe approximative, je n’avais beau pas être en pleine période de séduction, je trouvais ça quand même limite.
Bon j’avais quand même trouvé la parade : je copiais sur des filles en disant que j’avais mes règles (bien que je ne savais pas ce que c’était), ce qui me dispensait de cours 2 fois par mois (la professeur n’avait pas une bonne mémoire, et quand bien même, je n’allais pas lui montrer ma culotte comme justificatif).
Je ferai l’impasse sur les cours de gymnastique, où ton professeur prend le malin plaisir de te faire faire toutes sortes de contorsion devant tes charmants camarades qui n’attendent que l’instant où tu perdras ton froc (oui la vie est cruelle) ; l’impasse également sur le jour où tes premières règles pointent leur nez, et que tu crois que tu vas mourir parce que tu saignes (oui parce que les cours sur la reproduction, c’est en 3e, et mes parents ne sont pas du genre à me parler de ça entre le gigot et le fromage) ; l’impasse également l’achat de ton premier string à H&M que tu dois laver sans que ta mère ne tombe dessus ; l’impasse sur le jour où tu découvres la magie des soutifs rembourrés mais qui sont un peu moins magique au moment où tu dois le retirer devant ton mec ; l’impasse sur les maillots de bain rembourrés, qui absorbent toute l’eau de la piscine au moment où tu plonges dedans ; l’impasse sur le jour où tu comprends que non, en grandissant ton corps ne deviendra pas comme celui de Gisele Bündchen ; et encore plus l’impasse sur le jour où tu comprends que tu ne pourras plus jamais manger une banane/ une sucette/ des chouquettes en public sans que des regards approbateurs ne convergent vers toi. 
Heureusement aujourd’hui, j’ai fait fi de tout ça, et j’ai bien compris que si je n’acceptais pas mon corps tel qu’il est, personne ne pourrait le faire à ma place. 

Je porte une chemise et des escarpins Mango, une jupe Asos, et un sac Chanel. 

Le syndrome de la piscine
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