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Édito estival – Une rentrée mais pas dans le rang

Publié le 31 août 2014 par Podcastjournal @Podcast_Journal
Il me paraît incontournable de revenir sur ce qui aura été le feuilleton picaresque de la semaine d'actualité écoulée, les derniers remous de politique que vous avez voulu fuir pendant quelques semaines de vacances les pieds dans le sable: la chute du gouvernement Valls et le remaniement qui a suivi. L'élément déclencheur et perturbateur, ce fut Arnaud Montebourg, le trublion ex-ministre de l'Économie et du redressement productif, qui proposait dimanche dernier à Frangy-en-Bresse, dans une ambiance festive où "on fait péter les bouchons", une "inflexion majeure de la politique économique" française. Plus que les bouchons, il fera ainsi sauter son siège éjectable de Bercy le lendemain, débarqué avec Benoît Hamon et Aurélie Filippetti par un Premier ministre particulièrement remonté, Manuel Valls, le tout dans la consternation médiatique la plus totale. Derrière cet apparent vaudeville se dissimule une croisée des chemins stratégique sur un contexte économique dont il convient de rappeler la noirceur: un record de 3,5 millions de chômeurs en France, barre qui a bondi d'un demi-million depuis l'élection de François Hollande en mai 2012; une croissance nulle et la menace de la récession; et par voie de conséquence l'impopularité record de l'exécutif. La presse allemande l'a froidement souligné: "Hollande c'est fini". Dans la tempête qui le fera aller par le fond, certains ont donc intérêt à sauter du pédalo et à se la jouer perso pour les futures échéances électorales. La rentrée sonnerait donc comme l'opportunité de choisir son cap, mais est-ce bien là tout l'enjeu? Car en effet, il y a un clivage éclairant que pourra noter tout observateur de l'actualité politique dans ce pays, c'est celui entre le choix du cap et celui du personnel. La tenue extrêmement mouvementée ce week-end de l'Université d'été du parti socialiste à la Rochelle dessine une focalisation des esprits sur le cap à suivre, barre à gauche pour les frondeurs, barre sinon à "droite" au moins d'un côté plus social-libéral pour le gouvernement. Mais le peuple français lui n'est pas plus préoccupé du sens de la barre que de qui tient cette barre. Les indices de popularité calamiteux de l'exécutif sont loquaces, il ne fait plus confiance à qui le gouverne et entend bien le faire savoir: la perspective des élections régionales en 2015 entrevoit une nouvelle débandade, difficile à éviter, le Conseil constitutionnel s'étant opposé à un report d'un an de ces élections. Et pendant ce temps, la majorité parlementaire se fragilise de plus en plus et l'étau se resserre sur Manuel Valls. L'hypothèse d'une dissolution de l'Assemblée nationale, exclue par François Hollande, n'est plus du domaine de l'onirique dans les médias. Le grand paradoxe, c'est qu'elle ne fait pas les affaires de l'UMP, parti d'opposition encore convalescent de ses guerres intestines, dont plusieurs barons ont déclaré qu'il ne serait pas prêt à un retour au pouvoir dans les plus brefs délais. Seul le Front National se frotte les mains, et son leader Marine Le Pen se présente même comme "capitaine" prête à prendre la barre, y compris en cohabitation avec l'actuel chef de l'État. On imagine la cacophonie. Bref, vous l'aurez compris, cette rentrée des classes tonitruante sonne la fin de deux ans de récréation pour le pouvoir, et le début de bras de fer vigoureux dans la classe politique. L'édito estival tire sa révérence pour cette saison. Merci de votre fidélité, bonne rentrée à tous, et à dimanche prochain, à 10 heures, pour de nouveaux horizons sur le Podcast Journal!

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