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Pourquoi les ressortissants non européens n’ont que peu de chances de travailler en Suisse

Publié le 01 septembre 2014 par David Talerman

Je crois qu’à un moment donné, il faut savoir dire les choses : les chances qu’ont les ressortissants non européens de travailler et de trouver un emploi en Suisse sont aujourd’hui très faibles, voire nulles selon les profils. J’avais rédigé un 1er billet il y a quelques temps qui avait suscité plus de 230 commentaires, alors il m’a semblé utile de rédiger un article encore plus centré sur les candidats extra-communautaires. Voici donc quelques raisons qui vont vous expliquer les raisons pour lesquelles il est a priori très difficile de travailler en Suisse quand on n’est pas européen.

Les extra-communautaires sont soumis à la loi sur les étrangers

Tout d’abord, il y a la loi : jusqu’à la mise en oeuvre de la nouvelle loi sur les étrangers d’ici 2017, et qui fait suite à la votation du 9 février visant à limiter l’immigration, ce sont les accords bilatéraux qui s’appliquent. Et pour être concret, ces accords disent que les ressortissants suisses et de l’Union européenne et de l’AELE sont « prioritaires » sur le marché du travail suisse. Pour les autres, la loi qui s’applique est claire : pour obtenir un permis de travail, un tel ressortissant devra posséder une formation supérieure (ingénieur, Master II, doctorat…) ET il doit y avoir une pénurie pour ce métier. Et sans permis de travail, aucune entreprise ne recrutera un extra-communautaire, ou ne prendra le risque d’entreprendre des démarches pour ce permis car elles sont longues (de 4 à 6 mois pour avoir une réponse à date de dépôt du dossier, avec un gros risque de refus).

Des formations peu connues et donc peu reconnues

Ensuite il y a la formation : même si elles sont objectivement (ou non) de qualité équivalente à celles reçues en Suisse pour un même métier, les formations issues des pays extra-communautaires sont peu connues et génèrent des a priori importants quant à leur contenu et leur qualité. C’est donc un handicap supplémentaire pour ces candidats. Pour être concret, le problème peut déjà se poser pour certains métiers avec des formations venant de pays proches tels que la France, l’Italie ou l’Espagne, alors imaginez pour les pays qui ne sont pas en Europe (à l’exception, bien sûr, des prestigieuses universités ou écoles de renommée internationale, mais là nous parlons d’autre chose).

En clair, et pour dire les choses de manière encore plus limpide :

  • Si vous êtes ressortissant non européen et que vous n’avez pas de diplôme supérieur tels que ceux mentionnés un peu plus haut, vos chances de décrocher un emploi en Suisse sont nulles.
  • Si vous avez ces diplômes mais que le métier n’est pas forcément recherché (parce qu’il y a déjà des candidats sur place), vos chances sont très faibles.
  • Si vous avez ces diplômes et que le métier est recherché, vos chances sont réelles.

Le graphique ci-dessous vous donnera une idée très claire de la proportion de ressortissants qui se sont installés en Suisse en 2012 (hors frontaliers), selon la nationalité :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir
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Source : Office fédéral de la Statistique – chiffres 2012

Un aperçu de ce qui va se passer pour les européens en 2017

Tout ceci donne un aperçu de ce qui se passera en 2017 pour les ressortissants européens et de l’AELE, la votation du 9 février dernier ayant pour objectif de limiter l’immigration en provenance de l’Union européenne. Selon la manière dont le texte de loi sera rédigé, les ressortissants non européens pourraient être considérés comme les ressortissants de l’UE/AELE, ce qui pourraient compliquer encore plus à ces derniers l’accès au marché du travail suisse.

Tout ceci, vous le comprendrez, répond à une logique très simple : ce sont les besoins des entreprises et de l’économie suisse qui donnent le tempo… Et c’est donc peut-être pour ces mêmes raisons que la mise en oeuvre de la loi du 9 février ne sera pas aussi simple. Mais ça, c’est un autre sujet.

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