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De toutes nos foces

Publié le 02 septembre 2014 par Emmanuel S. @auxangesetc

(le fils) C’est pas grave si on finit pas..

(le père) Si c’est grave… moi je veux aller au bout avec toi !

Il est des films comme certains jours, difficiles à affronter. Des films qui racontent des épreuves, des souffrances. Des épreuves et des souffrances qu’on a soi-même traversées.

Parce qu’il est peu d’aventures humaines qui n’aient déjà été vécues par d’autres. Et magnifiées par certains, en images, en mots ou en musique. Je redoutais de voir DE TOUTES NOS FORCES, film avec Jacques Gamblin. L’histoire d’un père et de son fils handicapé physique qu’il rejette, finalement unis par un IRON MAN (triathlon), unis par l’effort, la compétition contre soi avec les autres. Le sport comme moyen de dépasser les différences, apprendre à se connaître dans le partage, dans l’atteinte d’un objectif commun.

La relation père-fils handicapé vue comme une construction, une œuvre à accomplir, moins physique, moins charnelle, moins spontanée que celle qui lie la mère à l’enfant. Mais tout aussi puissante.

Je redoutais. J’avais tort.

Le film est bien réalisé, il joue sur le registre de l’émotion et de la vérité, sans sensiblerie ni niaiserie, avec réalisme. Il pose avec subtilité, le jeu de Gamblin, magnifique acteur, y est pour beaucoup, la difficulté d’être le père d’un enfant différent, la fuite comme recours, parfois, les angoisses du quotidien et du lendemain, souvent, les tensions au sein du couple, la force d’un regard, toujours, et cette capacité à communiquer sans mots. Comme une évidence. Le faire parce qu’il faut le faire. Etre pour exister. Pour vivre. Ecarter les remords et la culpabilité. Parce qu’IRON MAN ou pas, être le père d’un enfant handicapé est une épreuve. Car par-delà les grands discours rien n’est fait dans notre belle société pour accueillir le handicap. On lutte. On rejette. On abandonne. Puis finalement on accepte. On aime. On oublie. On se dépasse. On vit. Pas comme les autres, mais on vit. On aime. Passionnément. On rit aussi. On pleure encore. Beaucoup sur soi. Surtout quand tout finit. Quand il part. Quand il s’en va dormir à jamais dans un lit d’étoiles.

Je pleure toujours. Après 4 années à vivre sans lui. A finir des marathons dans la douleur pour adoucir l’absence d’Enzo à l’arrivée. Je pleure. DE TOUTES NOS FORCES n’y changera rien. Il vous aidera seulement, et c’est beaucoup, à voir pourquoi.


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