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L’art : un lieu commun de partage

Publié le 09 septembre 2014 par Moutassem @HMoutassem

Petit prologue: Dans la rubrique Pour le Plaisir de Partager, j’aimerais vous faire découvrir cet entretien que j’ai fait avec Frédéric Calmès lors du Festival de Fès en 2007. On y parle des bienfaits de l’art, notamment du chant, pour la personne et pour la communauté. Frédéric a continué à vivre sa passion comme vous pourrez le découvrir en fin d’article. Voilà donc l’article, initialement publié dans Vitalité et Bien-être dans son intégralité.  

Entretien avec Frédéric Calmès lors du Festival de Fès

Si l’art thérapie reste un terme moderne, les bienfaits de l’art sont depuis longtemps évidents pour des cultures souvent centenaires. C’est au Maroc que j’ai pu découvrir que le chant comme la musique font du bien à la personne, mais aussi à la communauté.

Dans le cadre du festival de musique sacrée de Fès*, j’ai pu rencontrer Frédéric Calmès suite à une conférence sur le soufisme. C’est autour d’un thé à la menthe que Frédéric a spontanément accepté de répondre à mes questions.

Lorsque je demande à Frédéric qu’elle est sa principale activité, il m’explique que pour lui le chant, les instruments, les contes et les histoires sont indissociables. Ils s’unissent pour former un «lieu commun » de partage. Au-delà du plaisir de jouer, c’est un puissant moyen d’échange. Dans les cultures traditionnelles, comme ici au Maroc, les personnes ont un répertoire de chants traditionnels qui est transmis de génération en génération. Cela permet un échange « inter personnel ». Il ajoute qu’on peut être 6 devant une télé sans réellement êtres ensemble. Alors que chanter, jouer de la musique, taper des mains avec un groupe de personnes permet un échange bien plus profond.

MH: « Qu’en est-il en France, et dans les autres pays occidentaux ? »

Frédéric a déjà fini son thé alors que j’en apprécie la première gorgée.

FC: « En France, le rapport à l’autre est surtout intellectuel, rationnel et cérébral. On échange des idées. Ici lorsqu’un groupe d’amis se rencontre, ils chantent ensemble. C’est l’occasion de faire ce qu’ils aiment. L’échange se fait plus au niveau émotionnel »

MH: « C’est vrai que l’on communique ses émotions à travers la musique »

FC: « Oui, car en plus d’être un efficace moyen de partage, le chant, la musique et même la danse, sont de superbes moyens d’expression. C’est pour moi un exutoire essentiel. Je transmets mes sentiments, qu’ils soient de joies ou teintés de tristesse.»

MH: « Pourquoi a-t-on perdu cela en Occident ? »

FC: « C’est en partie suite à l’exode rural. Les chants traditionnels se sont perdus. Si l’on réfléchit sur le nombre de chansons, et d’histoires que nos grands-parents connaissaient, par rapport à nos parents, puis à notre génération, on se rendrait compte d’un très net déclin. »

Frédéric ajoute avec un sourire

« Il y a une relation inversement proportionnelle entre le degré de stress et de mal-être, et le nombre de chansons connues! À l’appauvrissement d’un répertoire commun, s’ajoute la télévision qui tue de plus en plus la communication».

MH: « Y a-t-il encore un espoir pour notre civilisation ?? »

FC: « En France comme ici, les personnes aiment échanger à travers la musique. Ils ne savent tout simplement plus comment faire. Quelques années en arrière j’ai eu la direction d’une école de musique dans une petite commune en France. Lorsque j’ai pris mes fonctions, les auditions restaient très académiques. Le jeune musicien jouait nerveusement devant un auditoire composé principalement par ses proches. J’ai à cette époque, simplement appliqué ce qui se faisait au Maroc : donner à tous les participants un répertoire commun. Les enfants ont appris à jouer du Brassens, et les paroles furent imprimées et distribuées aux spectateurs. Les personnes ont chanté, ont ri, et ont unanimement trouvé l’expérience incroyable ! »

Un groupe d’enfants âgés de 8 à 12 ans se sont joints à nous. Ils ont reconnu Frédéric dont la photo se trouve sur le programme officiel du festival. Deux d’entre eux étudient l’Oud, cousin arabe de la guitare, et veulent voir jouer le musicien français. Frédéric sans hésiter sort sa guenbri (instrument à trois cordes) et commence au plaisir de tous à faire vibrer les boyaux tendus.

Lorsqu’il entame la première chanson, un des plus jeunes enfants écarquille les yeux de plaisir, car il connaît ce chant. Il se joint à Frédéric. Les autres enfants et moi même tapons à l’unisson dans nos mains. Cet émouvant moment de partage vient illustrer la discussion qui n’aurait pu se terminer aussi parfaitement.

calmes Frederic
Bio

Originaire de Nancy, Frédéric Calmès vit à Fès depuis 11 ans. Initialement venu pour se perfectionner en musique arabe, il a rencontré un maître soufi qui lui a donné envie d’en apprendre davantage sur ce mode de vie qui allie le chant, la musique et le spirituel. Frédéric, musicien jouant du Oud et de la Guenbri, a enseigné l’art de conter à la faculté de lettre de Mekhnès. Pour son master en ethnologie qu’il a complété à l’école des hautes études en science sociale, il a étudié et suivi les confréries soufis du Maroc. 

Lire aussi Comment Développer Sa Créativité

Ci-dessous concert télévisé de Frédéric avec les Hamadcha de Fès

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