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Une christianisation totale au prix d'une déchéance absolue.

Publié le 10 septembre 2014 par Micheltabanou

 

On va voyager aujourd'hui. Sériez-vous tentés par un détour vers la Patagonie? Lointaine contrée partagée entre Argentine et Chili et à la pointe sud du continent sud-américain qui certes est pour certain un exotisme et qui pour d'autres fut le lieu tragique d'une conquête et d'une colonisation c'est un euphémisme sanglante! Colonisation dogmatique. 
 

Prenons la direction de Bariloche. Bariloche, station touristique huppée de la Cordillère des Andes, où le criminel de guerre nazi Erich Priebke a trouvé refuge après la Deuxième Guerre mondiale, continue d'afficher un mutisme absolu sur son lien avec les nazis.Pendant 40 ans, Erich Priebke a pu y vivre paisiblement sans être dénoncé...

Mais ce n'est pas le thème de notre propos du moment.

Notre attention va se porter sur la cathédrale de cette ville distante de 1600 kms au sud de Buenos Aires. Une cathédrale qui exalte les vertus du christianisme. Rien de plus normal. Mais là ou le bât blesse c'est que cette exaltation est sans aucune retenue et entretien des mensonges. La propagande d'un christianisme salvateur pour les populations autochtones. Une manipulation qui trouve son expression dans la magnificence de vitraux créés en 1946. Une manipulation édifiante et grotesque qu'illustre par exemple des vitraux mettant en scène la soumission de " sauvages " ou ceux des " crimes " ( assassinats du jésuite Mascalde en 1676 ou du prêtre Poggio en 1810 ) commis par les autochtones sans s'interroger sur les raisons du déchaînement d'une pareille violence. Violence qui n'est que l'expression d'une révolte face l'extrémisme anéantissant l'essence même de leur identité. Un acte identique par exemple à celui du Colonel Fabien abattant dans le métro parisien un officier allemand. Un acte de résistance face à une oppression, à une dissolution de son existence, à une négation identitaire.

Cette cathédrale masque la réalité du crime dans l'édifiant vitrail qui " sanctifie " le général Roca qui est l'initiateur de la dévastatrice " conquête du désert " en 1879; c'est à vrai dire le massacre suivi de la déportation et la destruction culturelle de la population Mapuche et Tehuelche de Patagonie. Épisode parmi tant d'autres qui du Québec à la Terre de Feu établit la démonstration du colonialisme chrétien qui a détruit des dizaines de peuples en les acculturant, en les éliminant physiquement et en humiliant dans une posture de soumission les survivants. C'est le sens de cette peinture de Saint François Solano évangélisant les peuples premiers. Il faut aujourd'hui que la lumière se fasse sur ce terrible constat d'une destruction des autochtones de 1535 jusqu'au milieu du siècle dernier. Une christianisation totale au prix d'une déchéance absolue.
Je dédie ce post aux Mapuches et Tehuelches. A Fontenay-sous-Bois il existe une Association, un collectif de soutien au peuple Mapuche. Cette association participera à la quinzaine de la Solidarité Internationale au mois de Novembre. Les écouter, les découvrir et les soutenir dans leur ambition de défendre leur culture ancestrale est dans le cadre de nos actions de soutien un acte primordial.

Les évangélistes, le général, le saint et la cathédrale.
Les évangélistes, le général, le saint et la cathédrale.
Les évangélistes, le général, le saint et la cathédrale.
Les évangélistes, le général, le saint et la cathédrale.
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Les évangélistes, le général, le saint et la cathédrale.


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