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Ce qu’il faut savoir sur Netflix

Publié le 16 septembre 2014 par Eavsgroupe @eavsgroupe

Comme prévu, c’est depuis cette nuit que Netflix est disponible chez nous. Les serveurs ont ouvert leurs portes à minuit, permettant aux clients de s’abonner dès 7,99 euros par mois. Avant de la décortiquer de manière détaillée, nous avons décidé de faire un premier point sur la fameuse offre de SVOD qui fait trembler ses concurrents français.

Alors qu’une conférence de presse sera organisée ce soir à 20h, l’offre de Netflix, le géant du streaming est dès à présent accessible en France. Pour rappel, la concurrence n’a pas attendu et s’est organisée ces derniers mois  puisque Canal Play a récemment revu son offre, tandis qu’OCS s’est enfin décidé à arriver sur Freebox, bien que la question de la connexion au service OCS Go n’est toujours pas réglée. De son côté,Vidéofutur passe à la HD pour son offre La Box et Numéricable vient de se lancer dans l’arène avec avec LaBox Séries.

Netflix : combien ça coûte, et comment on s’inscrit ?

Quoi qu’il en soit, Netflix est là et il est possible de s’inscrire à partir de 7,99 euros par mois. Pour ce, prix, il faudra se contenter d’une « définition standard » (SD) sur un seul écran à la fois. Le second palier à 8,99 euros par mois vous ouvre les portes de la HD sur deux écrans en simultanée, tandis que pour profiter de quatre écrans qui peuvent aller jusqu’à la 4K Ultra HD il faudra débourser 11,99 euros par mois.

Ce sera donc plus cher qu’ailleurs, CanalPlay proposant par exemple une offre multi-écrans avec HD dès 7,99 euros, le montant passant à 9,99 euros uniquement si cela passe par la box d’un FAI (qu’il faut rémunérer). Dans tous les cas, le premier mois est gratuit, mais il faudra saisir votre numéro de carte bleue ou bien votre compte PayPal pour en profiter, un point que regretteront surement certains. Notez d’ailleurs que Netflix a décidé de cacher son catalogue aux non-inscrits, contrairement à ses concurrents français, il faudra donc être abonné pour y faire un tour. Un choix stratégique, mais regrettable.

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Il faudra donc être prudent et bien penser à résilier votre offre durant le premier mois si vous ne souhaitez pas la conserver. Bien évidemment, l’offre est sans engagement et vous pouvez donc le faire à tout moment ou même passer sur une offre inférieure ou supérieure à tout moment. Du côté des clients proposés, ils sont plutôt nombreux comme nous l’avions récemment évoqué et la reprise de lecture d’une plateforme à l’autre est proposé. Netflix enfonce ici clairement la concurrence qui va sans doute devoir un peu activer et renforcer ses équipes. Pour les adeptes de Linux, sachez qu’il est possible d’utiliser Pipelight afin d’afficher le contenu Silverlight.

Quels débits sont proposés et est-ce que le HTML5 est supporté ?

Dans ses conditions d’utilisation, Netflix précise que « la disponibilité de la Haute Définition (HD) et de la Ultra Haute Définition (Ultra HD) dépend de votre FAI et des capacités de l’appareil. Les contenus ne sont pas tous disponibles en HD et Ultra HD ». Le service définit les paliers de qualité suivant : Faible (0,3 Go / heure), Moyen (0,7 Go / heure) et Élevé (3 Go / heure en HD et 7 Go / heure en Ultra HD).

Cela nous donne les débits suivants :

  • Faible : 0,67 Mb/s
  • Moyen : 1,56 Mb/s
  • HD : 6,67 Mb/s
  • Ultra HD : 15,56 Mb/s

Netflix monte donc beaucoup plus haut que Vidéofutur par exemple dont le dernier palier est à 4,5 Mb/s pour du 1080p. Ce dernier a par contre l’avantage de proposer de la HD à tous ses clients, sans supplément. Netflix ajoute que pour l’Ultra HD 4K, « une vitesse de connexion Internet stable d’au moins 25 Mbit/s », probablement afin de laisser une marge confortable. De plus, certains téléviseurs seulement peuvent en profiter. Si le votre est éligible, alors les contenus 4K Ultra HD seront indiqués comme tels.

Alors que le passage au HTML5 avait été annoncé l’année dernière, et est activé par défaut dans les options, force est de constater que ce n’est pas encore le cas pour tous les contenus, loin de là d’ailleurs. Pour les autres, cela passera par Silverlight de Microsoft qui permet de gérer les droits (DRM). C’est d’ailleurs la solution retenue par quasiment toutes les offres concurrentes.

Le lecteur aura aussi quelques spécificités appréciables comme l’accès direct aux autres épisodes, aux paramètres de langue et il sera aussi possible de personnaliser le look des sous-titres via différentes polices et couleurs. Notez que ce paramètre, comme les autres, sera différent pour chaque profil de votre compte. En effet, vous pouvez définir plusieurs utilisateurs et indiquer leur tranche d’âge afin de limiter les contenus visibles, une bonne idée qui devrait être reprise bientôt par CanalPlay.

Terminons par un regret : l’impossibilité d’accéder au contenu hors-ligne. Une fonctionnalité demandée depuis longtemps par les clients de Netflix qui n’est pas encore proposée alors que c’est le cas de plusieurs de ses concurrents français, mais pas de CanalPlay qui a néanmoins promis que c’était pour bientôt.

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Quelle qualité pour quels contenus ? Un déficit d’information

Pour visionner un programme rien de plus simple : il suffit de cliquer dessus. Attention néanmoins, pour accéder aux informations détaillées et à la fiche d’un programme, il faudra passer sur sa vignette avec votre souris et cliquer sur son nom ou l’un des liens proposés. Les différentes saisons d’une série sont toutes regroupées au même endroit, ce qui est plutôt pratique, surtout que la lecture continue est proposée.

On regrette par contre qu’aucune indication ne soit donnée en ce qui concerne la qualité des contenus. Vous n’avez donc pas vraiment la main sur ce paramètre hors de l’option évoquée précédemment. Néanmoins, on aimerait savoir quels sont les contenus proposés en 4K, en HD ou uniquement en SD directement depuis la fiche. Dans le lecteur, vous pourrez autoriser la HD mais pas la forcer. Un paramètre qui ne sera bien entendu pas proposé pour les contenus SD.

Notez que, lors de nos essais, nous avons remarqué qu’une partie de la vidéo (généralement un peu plus de trois minutes) se mettait en cache très rapidement. En cas de coupure d’Internet, le programme en cours peut ainsi continuer durant ce laps de temps. Même sans coupure d’internet, la vidéo ne garde que cette petite avance.

La recherche et le partage social, nerf de la guerre ?

La différence majeure entre Netflix et ses concurrents vient de la personnalisation et de son fameux algorithme. En effet, une fois inscrit et le choix de votre offre confirmé, on vous posera quelques questions avant de vous demander d’indiquer au moins trois contenus que vous aimez parmi une liste. Bien entendu, vous pourrez en choisir plus. Cela permet au service de se faire une idée de vos goûts dès le départ afin de mettre en avant d’autres contenus que vous pourriez aimer dès la page d’accueil.

Une pratique que l’on ne retrouve encore nulle part ailleurs, les solutions de recommandations des services français étant pour le moment assez basiques. Ici, ce sera presque omniprésent. Vous pourrez aussi lier votre compte à votre profil Facebook afin d’afficher les contenus appréciés par vos amis. Une section qui sera constamment affichée, et que vous ne pourrez pas faire disparaître si vous n’en avez rien à faire. Dommage.

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Tout reste néanmoins limité à Netflix au niveau de l’affichage de vos goûts. Cela signifie que rien ne sera publié sur journal. Netflix indique que « si vous choisissez de partager sur Netflix, vous acceptez de partager automatiquement avec vos amis Facebook ce que vous regardez, ainsi que d’autres activités ».

Vous pourrez renforcer l’indication de vos goûts de différentes manières, notamment via l’onglet « Personnaliser ». Vous pourrez ainsi indiquer vos préférences de catégories de contenus, noter des films que vous avez déjà vus. Cela permettra de créer une note potentielle pour chacun des contenus du catalogue afin de vous afficher en premier ceux que vous pourriez vouloir découvrir. Et force est de constater que c’est assez précis. Une note moyenne des autres utilisateurs sera aussi affichée si vous n’avez pas indiqué la vôtre. Si un élément n’est pas à votre goût, vous pouvez aussi le préciser afin de le faire disparaître et faire entrer ce critère en ligne de compte.

Bien entendu, on retrouve aussi des fonctionnalités plus basiques, mais pas forcément proposées ailleurs. Ainsi, en plus du système de notation par étoiles, vous pourrez donner votre avis sur chaque contenu, ou indiquer si un avis vous semble utile, inutile ou inapproprié. Vous pouvez le recommander sur Facebook ou l’ajouter à une liste de lecture pour le retrouver facilement plus tard, sur un appareil ou un autre.

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Notez que  Netflix se réserve le droit d’utiliser ces informations : « Netflix est libre d’utiliser les commentaires, les informations, les idées, les concepts, les évaluations ou les techniques, ou tout autre contenu inclus dans les communications que vous nous envoyez (« commentaires »), y compris vos réponses à des questionnaires ou vos publications sur le service Netflix, y compris le site Web et les interfaces utilisateurs de Netflix, dans le monde entier, sans limitation de durée, sans autres contrepartie, reconnaissance ou rémunération supplémentaires à votre égard pour quelque fin que ce soit ». Une situation qui n’a finalement rien d’exceptionnel et que l’on retrouve sur la plupart des sites/des offres permettant de noter des films et des séries.

Du côté du moteur de recherche, il sera plutôt réactif puisqu’il affichera des réponses et des suggestions au fur et à mesure que vous tapez du texte. Vous ne pourrez par contre pas changer l’ordre des résultats via un tri défini.

Un catalogue plutôt bien fourni, les enfants ne sont pas oubliés

Concernant le catalogue, contrairement à ce que l’on a pu lire sur Twitter hier soir et à ce que certains craignaient, cela nous semble pour le moment assez complet pour une offre de SVOD respectant la chronologie des médias. Ce matin, le Directeur Général de Canal+ précisait néanmoins que son offre était plus vaste avec 3 800 heures de contenus contre 2 850 heures pour son concurrent. Un point difficile à vérifier pour le moment.

Quoi qu’il en soit, l’appréciation d’un catalogue est une notion tout à fait personnelle, il est donc difficile de donner un avis tranché sur la question. Pour autant, les choix sont nombreux et variés. On retrouve aussi bien des films français qu’étrangers, de petites productions que de gros blockbusters. Par rapport à CanalPlay, il nous semble tout de même que l’on retrouve plus facilement certains titres mythiques à notre goût qui ne sont ni trop vieux ni vraiment récents comme le fameux H2G2, Robocop, la saga Batman « Dark Knight », Matrix, etc. On regrettera néanmoins l’absence de grands classiques du cinéma et de voir parfois certains films qui sont des suites apparaître de manière isolée comme pour Sex and the city 2.

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Avec la recommandation il est bien plus facile de retrouver des éléments qui nous plaisent plutôt que de devoir fouiller des heures dans des nanars qui n’ont pas d’intérêt, pourtant bien présents sur le service.  De nombreux filtres et systèmes de tri sont d’ailleurs proposés : note, date de sortie, catégorie d’âge, ordre alphabétique normal ou inversé, etc. Là aussi cela semble assez basique alors que c’est assez peu proposé ailleurs.

Bien entendu les séries ont une place de choix et l’on retrouvera aussi bien l’intégrale de Heroes ou Dexter que les sept premières saisons de Doctor Who ou les huit premières de How I Met Your Mother. On notera par contre l’absence de House of Cards, une série emblématique de l’offre de Netflix mais qui est proposée chez nous en exclusivité sur Canal+.

Les adeptes de mangas ne seront pas oubliés avec une offre d’animation japonaise assez complète, qui reprendra même les mythiques Dragon Ball Z (mais pas la série) et autres Saint Seiya que l’on ne retrouve même pas sur Jook Vidéo du groupe AB. Cela se limitera par contre à seulement 28 licences, il sera bien entendu possible de les regarder en japonais sous-titré en français. Il y a aussi des documentaires dont certains plutôt récents tels qu’Apocalypse qui est passé sur France 2 récemment, mais aucune offre de concert ou de spectacle, ce que certains regretteront sans doute.

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Les enfants ne sont pas oubliés avec un univers Kids qui leur est dédié, et la possibilité de n’accéder qu’à celui-ci via leur profil, même si la solution d’une application spécifique de CanalPlay semble plus intéressante. Là encore les contenus sont triés par genre, mais aussi par personnage, ce qui est relativement pratique pour les plus jeunes qui pourront lancer un dessin animé de leur héros favori sans forcément savoir lire. Du côté des contenus disponibles, là aussi le principal semble présent, dont le catalogue de Disney. Notons par exemple Peter et Eliot le dragon, Toy Story,Cars 1 et 2, Les Daltons, Volt, Alice au Pays des merveilles, etc.

Netflix est lancé, mais ce n’est que le début d’une longue bataille

Reste maintenant à voir si les internautes français sont convaincus, les différents protagonistes proposant des essais gratuits, il est facile pour chacun de se faire une idée à moindres frais. Netflix a semble-t-il réussi son entrée en France puisqu’aucun souci majeur n’a été noté hier. Après les interventions sur France Inter et la couverture des médias dans la journée, notamment suite à l’annonce du partenariat avec Bouygues et l’arrivée de nouveaux concurrents comme LaBox Séries, c’est sans doute tout le petit monde de la SVOD qui va profiter de cette arrivée en fanfares.

CanalPlay arrivera-t-il à tirer son épingle du jeu ? Netflix arrivera-t-il à fidéliser ses clients au-delà du mois gratuit avec l’arrivée de nouveaux contenus ? Est-ce que tout cela va enfin inciter le gouvernement à pousser à un réel changement au niveau de la gestion de la chronologie des médias en France ? Tant de questions qui sont pour le moment sans réponse, mais qui vont sans doute animer le secteur pour encore quelques mois.

source : nextinpact

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