Magazine

Casino (Frank de Bondt)

Publié le 22 septembre 2014 par Despasperdus

« Tout a commencé le jour où ils ont mis fin à mes fonctions. Ils ne voulaient plus de moi. Mon envie de travailler s’est alors envolée. On ne peut d’ailleurs pas parler d’envie. Personne ne désire vraiment s’astreindre à une tâche et supporter les contraintes d’un emploi, sauf peut-être ceux qui parviennent à se vendre très cher. Comme les dirigeants et les putes de luxe. »

casino.jpg

Archimède a perdu son premier emploi, viré pour cause de mauvais résultats. Il ne fera plus la tournée des magasins pour placer des produits inutiles, à aller de ville en ville, de formule 1 en formule 1, à essayer de bosser et finalement à glander...

« Les gens souhaitent surtout prendre du bon temps, ce qui est incompatible avec le travail. Mais les manitous ont eu l'idée de contraindre les individus à être employés pour avoir droit à quelques moments de loisir par-ci par-là. Malin ! »

Cette décision est un soulagement. Seul dans la vie, sans aucun projet, ni ambition, le narrateur ne voit pas l'intérêt de consacrer une partie de sa vie au travail quand il peut passer ses journées librement comme il l'entend. Sa condition de chômeur lui convient très bien, comme plus tard, celle de Rmiste...

« Ce sont sans doute de belles études, mais il faut savoir les dépasser et mettre sa formation de base au service d’un travail économiquement ou socialement utile. (…) J’aurais pu moi aussi prétendre au chômage toute ma vie dans l’attente d’un hypothétique poste qui me convienne... Eh bien, j’ai fait le choix de m’engager à fond au service de tous ! »

Sa vie prend un nouveau jour quand il répond à une annonce et accepte, en contrepartie d'une petite rétribution officieuse, d'accompagner, plusieurs soirs par semaine, une retraitée au casino. Cette activité lui permet de découvrir un petit monde avec ses us et habitudes, ses employés avec qui il lie quelques contacts, dont une...

« J’ai eu très peur sur le coup. « Police », plastifiée de la poche de son blouson en cuir. N’avoir rien de grave à se reprocher est d’un modeste secours dans ces cas-là. Qu’aurais-je bien pu commettre ? La question me traverse furtivement l’esprit. Rien, bien-sûr, vu que je ne fais quasiment rien d’une manière générale et constante. Va-t-on maintenant arrêter les sans-emploi et jeter en prison les allocataires du RMI, au risque d’avoir de surcroît à les loger et à les nourrir ? Absurde ! Ne rien faire de concret serait-il devenu un crime ? »

Casino se situe dans un espace temps à mille lieux du Casino de Martin Scorsese. Point de tueurs avec des flingues même s'il se produit un meurtre, point de mafieux même si le patron de la principale usine s'est barrée avec la caisse en Suisse. Point de mégapole au milieu d'un désert même si le casino se situe dans une petite ville où l'activité économique et culturelle est exsangue... En arrière-plan, le roman brosse le tableau d'une France qui meurt doucement, sous assistance sociale...

A lire


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Despasperdus 4931 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog