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Une question de perspective… illustrée par NHL 15

Publié le 23 septembre 2014 par Be-Games @be_games

Publié le septembre 23rd, 2014 | par spacecowboy

Une question de perspective… illustrée par NHL 15

Dire que tout est question de perspective dans un jeu vidéo serait excessif. Mais avouez que la perspective a une importance fondamentale dans notre perception d’un jeu. Ainsi ventile-t-on les jeux de tir en deux catégories fondées sur la perspective : les FPS et les TPS (pour First et Third Person Shooter). Preuve en est que la vue à la première personne, dite subjective, ou à la troisième influence radicalement notre représentation et notre implication dans le jeu. Soit nous incarnons un héros à notre image, soit nous dirigeons un personnage.

La perspective a un rôle tout aussi capital dans les jeux de sport, où la place de la caméra signifie davantage qu’une simple fenêtre visuelle. Poser sa caméra à tel ou tel endroit a des répercussions énormes sur la fonction même du joueur. Illustrons ce principe avec un jeu de football célèbre : Fifa.

Dans le tout premier Fifa, l’angle de vue était situé verticalement avec un décalage vers la droite. L’axe vertical avait déjà été choisi auparavant, dans Kick Off et Sensible Soccer par exemple ; son déplacement d’un quart de tour vers la droite était plus cosmétique qu’autre chose dans Fifa et servait surtout à donner un effet 3D aux graphismes. Fondamentalement, le premier Fifa plaçait donc le joueur derrière ses footballeurs. La représentation du terrain était ainsi similaire à celle que voient de vrais footballeurs sur le terrain : le but adverse est face à leur mèche de cheveux gominée, et leur cage derrière l’arrière de leur short.

Final International Soccer
Final International Soccer match

Pourtant, cette vue particulièrement immersive a été remplacée par une autre : l’axe totalement horizontal. Fifa a vite adopté, par défaut, une caméra placée dans les tribunes latérales d’un stade. Du point de vue des footballeurs, on est ainsi passés à celui des spectateurs. Mais quels spectateurs ? Ceux qui chantent au stade et boivent des bières à la mi-temps ou ceux qui gueulent dans leur divan et boivent des bières pendant tout le match ?

La question ne se pose pas. Les commentaires enregistrés vous extirpent du stade pour vous asseoir devant votre téléviseur, celui-là même qui se tient devant vous lorsque vous jouez. Immersion zéro. Vous n’êtes plus une équipe de football, mais un supporter de cette équipe. Votre objectif est alors plutôt d’assister à la victoire de votre équipe favorite. Dans mon cas personnel, mon plaisir dans Fifa a longtemps été de mener mon équipe au sommet du football européen. Le club belge médiocre dont j’étais supporter dans la réalité (je vous laisse deviner lequel) pouvait alors prétendre à la victoire finale en Ligue des champions. Et ça me rendait heureux, bêtement.

Autrefois très courtisée par les développeurs, la catégorie des jeux de sport a nettement réduit le nombre des concurrents : deux sur la pelouse, deux sur le parquet… et carrément un seul sur la glace. Cette surface glissante que les sportifs utilisent soit pour patiner dans la plus grande élégance, soit pour se cogner brutalement les uns les autres. Le patinage artistique n’étant pas très prisé par les joueurs, c’est bien sûr du hockey sur glace que nous parlons. Une discipline sportive dont la dernière adaptation vidéoludique vient de sortir : NHL 15 made in EA Sports, comme Fifa d’ailleurs.

NHL 15 but

Contrairement aux Mario Lemieux et Wayne Gretsky, la série NHL a adopté dès le départ une perspective verticale. Ce sens de la marche apparaît d’ailleurs bien adapté à la pratique de ce sport, dont l’objectif consiste non seulement à éviter les côtes fêlées, mais aussi et surtout à placer un palet dans une petite cage bouchée par un gros gardien. Face au but, le joueur a une meilleure vision pour décocher des frappes plus précises dans les rares zones libres du filet. Logique. Si plusieurs caméras sont désormais disponibles dans les NHL en 3D, la vue « classique » reste verticale, et c’est très bien comme ça.

Depuis toujours, NHL vous donne donc l’illusion de diriger une équipe de hockey. Avec votre patinage efficace, vous vous frayez un chemin entre les coudes et les crosses pour passer le palet à votre coéquipier démarqué que vous contrôlez dès qu’il reçoit le puck. One timer et c’est goal ! « Let’s go Islanders » crie le public de New York, qui vous adore légitimement. Gloire à votre équipe !

Depuis plusieurs saisons, la série NHL propose même de descendre d’un niveau de perception : d’une équipe à un joueur en particulier. Tel est le principe du mode « Deviens pro », qui vous fait enfiler un seul chandail (le « maillot » au Québec). Si cette option existe déjà dans les Fifa, le terrain de hockey se prête bien mieux à ce mode. Sur une patinoire aux dimensions plus modestes qu’un terrain de football, un hockeyeur n’est jamais très loin de l’action – sauf s’il s’est pris un méchant coup d’épaule contre la rambarde, ouch. Puisque votre « pro » est toujours proche de la rondelle (le magnifique équivalent du « palet » au Québec), la caméra ne doit pas faire de grands écarts.

NHL 15 goal

Comme le basket, le hockey sur glace a une autre particularité que ne connaît pas le football : ça vous use un homme en quelques minutes. Régulièrement lessivés, les hockeyeurs viennent se reposer sur le banc pour observer leurs coéquipiers se crever à leur place. Dans le mode « Deviens pro » de NHL 15, le retour sur le banc est saisissant de… statisme. Quand il n’a plus de jus, votre « pro » se dirige peinard vers son banc et y pose son derrière musclé. Et là, il glande en regardant ses partenaires ! Tout au plus bouge-t-il la tête pour suivre la progression du palet.

L’immobilisme tue dans le jeu vidéo ; faut toujours que ça bouge. Pourtant ici, bizarrement, on prend plaisir à regarder le match se dérouler devant nos yeux. Sans rien faire ! un comble dans un loisir interactif. Par cette caméra subjective dans les yeux de notre hockeyeur au repos, on entre clairement dans sa peau. Et quand notre pro remonte sur la patinoire, on a l’impression de se lever avec lui. Là c’est sûr, on ne dirige plus une équipe, mais un seul joueur : le sien, celui qu’on a créé à son image – avec quelques kilos de muscles en plus, avouons-le.

Enfin, NHL a gardé un dernier atout dans sa manche de chandail. Et involontairement encore bien ! Au démarrage du jeu, vous devez sélectionner votre langue. Si vous optez pour le français (ou n’importe quelle autre langue que l’anglais en réalité), les commentaires sont désactivés par défaut. Sans ces voix anglaises qui accompagnent chacun de vos mouvements, vous n’aurez jamais l’impression de regarder un match de hockey à la télé. Vous êtes sur la glace ou sur le banc et, en extrapolant, vous regardez les ralentis sur le grand écran du stade. Relancez le jeu en anglais et vous serez projeté sur votre canapé, écoutant les présentateurs américains commenter votre match. Certes, ils font bien leur boulot…

NHL 15 stades
NHL 15

La place du joueur est un débat que ne sauront jamais trancher les développeurs. Les jeux de sport hésitent encore entre telle ou telle perspective. Celle de NHL 15 est clairement celle d’une équipe, voire d’un joueur en particulier. C’est quand même plus chouette d’incarner un joueur qu’un spectateur dans les tribunes ou dans un fauteuil, non ?

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