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La jeunesse. Sonnet LXIII.

Par Vertuchou

Qui voudra voir dedans une jeunesse
La beauté jointe avec la chasteté,
L'humble douceur, la grave majesté,
Toutes vertus, et toute gentillesse :

Qui voudra voir les yeux d'une Déesse,
Et de nos ans la seule nouveauté,
Et cette Dame oeillade la beauté,
Que le vulgaire appelle ma maîtresse.

Il apprendra comme Amour rit et mord,
Comme il guérit, comme il donne la mort,
Puis il dira, quelle étrange nouvelle !

Du ciel la terre empruntait sa beauté,
La terre au ciel a maintenant ôtée,
La beauté même, ayant chose si belle.

Pierre de Ronsard


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