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Via Lusitania, étape 2, la poussière du chemin.

Publié le 03 octobre 2014 par Sylvainbazin

C'est dans une vaste salle de restaurant,  à Santarem,  que je débute l'écriture de mon récit ce soir. Je suis arrivé dans cette ville perchée sur un promontoire qui domine la vallée du Tage en fin d'après midi, après une longue étape de plus de 55 kilomètres, sous un ardent soleil qui m'a bien brûlé le cou. Le temps de me reposer un peu dans la chambre d'hôtel douillette que j'ai trouvé en arrivant là,  tenter de me rafraîchir un peu après cette journée de cuisson, et me voilà donc dans ce restaurant local, bien rempli de familles et de clients locaux. Ça doit être bon.
Enfin, pour l'instant, je n'en suis qu'aux olives, que je grignote avec un peu de pain et du vin rouge.  Dans cette salle entièrement décorée d'affiches et de peintures de corrida, comme celle de mon restaurant d'hier soir d'ailleurs,  où trône une télévision où c'est bien sûr le football qui est au programme, je tente donc, de mon esprit un peu fatigué, un peu cuit par cette journée au soleil,  d'entreprendre le résumé de ma marché du jour.
C'est une journée marquée , c'est sûr, par la chaleur, le soleil, la poussière du chemin soulevée par les véhicules que j'ai croisé.  Pas toujours agréable semble très il, et pourtant je n'en garderai sans doute pas un mauvais souvenir. 

Une journée de longues lignes droites aussi, de ces rectilignes allées que l'on parcourt pour traverser les vastes plaines. Pourtant, là encore, elles ne seront pas la cause d'un mauvais souvenir. J'ai presque eu du plaisir à les parcourir, les avaler mètres après mètres à coup de foulées et de pas, le regard fixé au loin, ou au moins au bout de mes chaussures quand j'étais fatigué par l'horizon. J'ai certes de très loin préféré celles de l'après midi,  le long d'une digue du Tage ombragée de grand ajoncs ou le long des champs et des vignes, que celles, vraiment pénibles quand même,  de la matinée, le long de la nationale 3.
Je me plaît à imaginer ces lignes droites comme des cols à plats, arriver au bout étant comme atteindre le sommet.  C'est certes moins difficile, peut être plus ennuyeux parfois,  mais le défi demeure quand même.
C'est aussi une journée marquée par la soif. J'avais cette fois rempli ma gourde avant de partir,  mais le soleil a vite eu raison de ces quelques decilitres d'eau.
Heureusement une fontaine s'est d'abord trouvé sur mon chemin pour me rafraîchir un peu. Et puis,  après une grande zone vide de toute habitations, j'ai trouvé des villages au bord de la digue. Et ici,  qui dit village dit petits cafés.  Je me suis arrêté dans trois d'entre eux.  La canette d'icelle Tea y est vendu un euro, le reste dans les mêmes prix. Mon alimentation aujourd'hui fut essentiellement liquide.  jusqu'à ce soir. On vient de me servir un plat de calamars grillés avec quelques gambas et des brocolis.
Ce fut aussi une journée solitaire.  Mes seuls contacts humains furent dans les cafés. l'accueil y est bon d'ailleurs,  plus doux que dans lextremadura espagnole, je trouve. Mais en dehors de ça,  j'ai surtout observé les autres clients, travailleurs marqués par le soleil ou retraités tranquilles. J'exagère,  j'ai tout de même rencontré trois marcheurs: mon premier pèlerin,  un leton, puis sur la fin deux belges, des jeunes flamands de Louvain qui ne marchaient qu aujourd'hui.  Nos échanges furent très courtois, mais assez brefs. Ainsi va le chemin.
Une journée solitaire remplie de pensées
Qui ont cependant eu du mal à se fixer sur un sujet bien précis.  Les longues lignes droites, la chaleur, m'ont souvent plongé dans une sorte de méditation où le geste compte presque plus que le reste. Je marche donc je suis.
C'est assez fatigué quand même que je suis arrivé à Santarem, et ce n'est que ce matin, après une grande nuit de repos, que je termine ce petit résumé, longtemps après avoir quitté le restaurant à la décoration de corrida.


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