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Architecture japonaise

Publié le 07 octobre 2014 par Aelezig

L'architecture japonaise a une histoire aussi ancienne que celle du Japon. Fortement influencée par l'architecture chinoise, elle se distingue cependant par certains aspects et différences importantes qui sont typiquement japonais. La plupart des bâtiments qui subsistent aujourd'hui de l'architecture pré-moderne japonaise sont majoritairement des châteaux, des temples bouddhistes, et des sanctuaires shinto.

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Sanctuaire d'Itsukushima

Comme c'est souvent le cas avec les architectes contemporains et l'architecture mondiale actuelle, l'architecture japonaise d'aujourd'hui reflète une approche globale et moderne, ayant souvent que peu de rapports avec les constructions japonaises traditionnelles. Les architectes et bâtiments contemporains se retrouveront donc dans les catégories correspondantes : écologiste, high tech, etc.

Périodes Asuka et Nara (de 528 à 784)

Les premières constructions bouddhistes encore existantes au Japon, ainsi que les bâtiments en bois les plus anciens se trouvent à Hoyu-ji, dont la construction débuta en 607, au sud-ouest de Nara. Ce temple privé du Prince Shotoku, se compose de 41 bâtiments indépendants. Les plus importants sont le temple principal du culte, ou kondo, et le goju-no-toū-, pagode à cinq étages. Le kondo, construit selon l'ordonnancement des temples du culte chinois, est une structure à deux étages, recouverte par un irimoyaimoya, un toit à pignon incliné élaboré à l'aide de tuiles en céramique.

La construction des temples du VIIIe siècle a été focalisée autour du Todai-jidai-ji, réalisé entre 745 et 752 à Nara. Construit comme le centre d'un réseau de temples provinciaux, le Todai-ji est le complexe religieux le plus ambitieux érigé au début de l'émergence du bouddhisme au Japon. Il représentait le centre du bouddhisme impérial, participant de manière importante à la diffusion du culte dans l'ensemble du Japon. Aujourd'hui, seuls quelques fragments de la statue originelle du Bouddha subsistent encore, le temple actuel et le Bouddha central étant des reconstructions de l'ère Edo.

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Horyu-Ji

Sur les versants d'une colline furent construits plusieurs temples secondaires : Hokke-dookke-dōconstruit en 733 ; Kaidaninanin, avec ses statues magnifiques en argile des quatre Rois célestes, et le grenier, le Shosoin. Cette dernière structure rectangulaire en trois parties, juchée sur 40 piliers en bois (construite aux environs de 760) servait à l'origine à engranger le riz. A partir du VIIIe, on y entrepose près de 3000 objets d'arts.

Ere Heian (794 à 1185)

En réaction à la prospérité et au pouvoir grandissant du bouddhisme organisé à Nara, le prêtre Kukai, plus connu sous son titre posthume : Kobo Daishi,D voyage jusqu'en Chine pour étudier le shingon, une forme de bouddhisme qu'il introduisit au Japon en 806. Au centre du culte shingon, se trouvent divers mandalas, diagrammes, qui influencenta le style des temples.

Les temples sont construits dans les montagnes, loin de la cour et des profanes de la capitale. La topographie irrégulière de ces sites oblige les architectes japonais à repenser les problèmes de construction et à choisir plus d'éléments de décor autochtones. Des toits en écorce de cyprès remplacent ceux en tuiles de céramique, des planches de bois sont utilisées à la place des sols en terre et un lieu de culte séparé est ajouté en face du sanctuaire principal pour les laïcs.

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Kondo du Todai-Ji

Pendant l'ère Fujiwara, le bouddhisme jodo, une nouvelle variante, qui offrait un salut facile grâce à la croyance en Amida (ile « Bouddha du Paradis de l'ouest »), devient populaire. La noblesse de Kyoto développe une société vouée à la recherche de l'élégance esthétique. Leur monde est si beau et rassurant qu'ils ne peuvent pas concevoir que le Paradis en soit bien différent...

Le hoodo (« salle du phénix », achevée en 1052) du Byodo-in, un temple au sud-est de Kyoto, est le type même des salles Amida de l'époque Fujiwara. Il se constitue d'une structure principale rectangulaire flanquée de deux ailes de couloirs et d'un corridor, situé à la lisière d'un large étang artificiel. À l'intérieur, une unique représentation dorée d'Amida est placée sur une haute plateforme. Sur les murs sont gravés les reliefs en bois coloré de 52 effigies des Bosatsu (Bodhisattva) qui accompagnent Amida dans sa descente du Paradis de l'Ouest pour accueillir l'âme des fidèles à leur mort et les ramener dans des pétales de lotus.

Ere Kamakura (1185 à 1333)

La caractéristique de cette période est la mise en place de la cérémonie du thé, engendrant la construction de maisons où se tiennent cette manifestation : les maisons de thé. Cette cérémonie consiste à passer du temps avec des personnes appréciant les arts, avec un bol de thé servi de façon gracieuse. Le modèle rustique des petites maisons rurale est adopté pour la création de ces maisons, mettant en avant des matériaux naturels comme de simples bûches et la paille tissée.

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Byodo-In

Périodes Sengoku et Azuchi Momoyama (1493 à 1603)

Deux nouvelles formes d'architecture sont développées en réponse au climat militaire de cette époque :

  • le château, une structure défensive construite pour loger un seigneur féodal et ses soldats en période de trouble.
  • le shoin, un hall de réception, conçu pour refléter les rapports entre seigneurs et vassaux dans la société féodale émergente.

Le château de Himeji, aussi connu sous le nom de Château du Héron Blanc, avec ses toits courbés et son complexe de trois tours bâties autour du donjon principal, est une des structures les plus belles de l'ère Azuchi Momoyama.

Le château de Nijo, construit au XVIIe siècle à Kyoto est une construction classique, qui différencie clairement les secteurs pour les seigneurs et ceux pour leurs vassaux.

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Château de Himeji

Ere Edo (1603 à 1867)

Le palais de Katsura à Kyoto contient des bâtiments de type shoin combinés avec des éléments d'architecture japonaise classique, mais, aussi des modifications novatrices. Le complexe est entouré par un magnifique jardin parcouru de chemins piétonniers.

La ville d'Edo (aujourd'hui Tokyo) fut, à plusieurs reprises, la proie d'incendies violents, ce qui entraîna l'élaboration d'une architecture simplifiée afin de pouvoir reconstruire facilement la ville. Les stocks de bois étaient entreposés à l'extérieur de la ville, pour ne pas contribuer à la propagation du feu en cas d'incendie. Et s'il survenait, le bois pour reconstruire était rapidement disponible et acheminé vers la ville.

Les seigneurs se font construire de grandes maisons ainsi que des parcs, pour leur propre plaisir et celui leurs invités.

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Diète Nationale

Ere Meiji (1868 à 1912)

Après 1867, lorsque l'empereur Meiji (1852 - 1912) monte sur le trône, le Japon s'ouvre aux cultures étrangères, autres que chinoise.

Au tout début du XXe siècle, les formes d'art européen se marient aux méthodes japonaises et produisent des bâtiments notables comme la gare de Tokyo ou le bâtiment de la Diète Nationale qui existent toujours aujourd'hui. Ce style s'appelle Giyofu (Giyōfūlittéralement « imitation du style occidental »).

Architecture moderne

L'arrivée des technologies modernes apporte une nouvelle impulsion à l'architecture de l'archipel. La nécessité de reconstruire le Japon après la Seconde Guerre mondiale donne une forte impulsion à l'architecture, ouvrant une large place à des constructions novatrices. L'architecte le plus connu est Kenzo Tange ; on lui doit entre autres l'ensemble sportif de Yoyogi (1964) pour les Jeux olympiques de Tokyo, mêlant style moderne et tradition.

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Cathédrale Sainte-Marie

Le Japon joue un rôle moteur dans la conception des gratte-ciel modernes, du fait de sa connaissance parfaite du principe du porte-à-faux qui permet de soutenir de lourdes charges comme les toits lourds des temples. Frank Lloyd Wright fut fortement influencé par l'architecture japonaise et notamment son agencement de l'espaces intérieur, créant des pièces "variables" grâce aux portes coulissantes. À la fin du XXe siècle, seules l'architecture domestique et religieuse continuent de respecter la tradition d'autrefois. Les villes se couvren de gratte-ciel.

Kunio Maekawa, disciple de l'architecte Le Corbusier, produit des constructions fonctionnelles et modernes dans un style international. Kenzo Tange soutient lui aussi le concept de modernité fonctionnelle. Mais tous deux sont enclins à conserver l'esthétique et les concepts spatiaux japonais à l'intérieur, gardant la modernité pour l'extérieur. Ils emploient cependant différents matériaux et textures afin d'égayer le béton et l'acier, intégrant notamment des jardins et des sculptures à leurs constructions.

Fumihiko Maki préconise l'usage d'espaces ouverts se référant à l'esthétique japonaise héritée des idées bouddhistes, notamment par l'importance des grandes ouvertures donnnant sur de délicieux "jardins japonais".

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Mairie de Tokyo

Arata Isozaki, architecte important des années 1970 et des années 1980, à l'origine étudiant et collaborateur de Tange, s'inspire également du travail de Le Corbusier en focalisant son attention sur les motifs géométriques et les formes cubiques. Il privilégie le style cubique, mais aussi les voûtes semi-circulaires ou en berceau.

Tadao Ando incarna le postmodernisme : une approche plus équilibrée et humaniste de l'architecture. Ses bâtiments sont pourvus de sources lumineuses variées, il utilise des briques de verre et multiplie les espaces ouverts sur l'extérieur. Il adapte les cours intérieures des maisons traditionnelles avec la nouvelle architecture urbaine, en utilisant des escaliers et des ponts ajourés afin de diminuer l'atmosphère exiguë des logements citadins.

Les architectes japonais ne sont pas seulement d'habiles praticiens du modernisme, mais aussi comme des enrichisseurs du postmodernisme avec des innovations dans la perception de l'espace, la texturisation des environnements extérieurs, une utilisation originale des matériaux industriels, et une conscience développée des problèmes écologiques et des techniques anti-simisques.

D'après Wikipédia


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