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Faut-il baisser le niveau de recrutement des profs ?

Publié le 07 octobre 2014 par Soseducation

C’est devenu une litanie à chaque rentrée scolaire depuis quelques années : au collège, on manque terriblement des profs. En 2013 et en 2014, un petit millier de lauréats ont ainsi fait défaut aux Capes (Concours d’aptitude au professorat dans l’enseignement secondaire), le principal concours du second degré. Les maths sont les premières touchées par ce que le ministère de l’Education nationale n’hésite pas à qualifier de « crise de recrutement ».

Pourtant, un fait n’a pas été relevé par les observateurs : le taux d’admission au Capes est passé de 35% en 2013 à 24% en 2014. 11 points de réussite en moins, et 75% des candidats écartés, alors que les besoins sur le terrain sont plus criants que jamais… Et si, en réalité, les candidats n’étaient pas mauvais, mais les jurés du Capes juste un peu trop sévères ?

« Exigences inutiles »

C’est le cri d’alarme que pousse le SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale), premier syndicat des directeurs du secondaire. « Le rôle des jurys est de classer les candidats sur les compétences par rapport au nombre de postes, pas de s’arroger le droit d’éliminer les candidats jugés pas ‘au niveau’ », martèle Michel Richard,  secrétaire général adjoint du SNPDEN

Pour lui, cette histoire de ‘niveau’ des aspirants profs est une chimère : « Voilà des jeunes gens qui ont tous en poche un master 1 ou 2 dans leur discipline et qui seraient incapables d’enseigner à des collégiens ? En ce cas, soit l’université est nulle et il faut le dire, soit les jurés ont des exigences disciplinaires inutiles ».

Lui penche évidemment pour la seconde solution : « En réalité, ils ne recrutent pas des professeurs de maths, mais des mathématiciens, pas des professeurs d’histoire, mais des historiens. Cela n’a pas de sens ! On ne demande pas à un ingénieur en aéronautique d’être un brillant pilote d’avion ! »

Trop pointilleux

Alors, trop élitistes, ces jurys composés de membres du corps de l’inspection de l’Education nationale, d’universitaires et d’enseignants ? Et surtout, trop pointilleux sur l’excellence disciplinaire (la qualité du prof en maths, en anglais, en histoire…), plutôt que sur les aptitudes pédagogiques (la capacité à transmettre à un auditoire d’élèves) ? « Il y a dix ans, j’aurais approuvé cette affirmation à 100%. Honnêtement, c’est moins vrai aujourd’hui », nuance Chantal Demonque, secrétaire nationale chargée de formation des enseignants au Sgen-CFDT, syndicat connu pour ses positions plutôt anti-élitistes.

Elle rappelle que l’ambition des directeurs d’établissement de participer au recrutement des enseignants – ce qui n’est pas le cas actuellement – n’est probablement pas étrangère au cri d’alarme du SNPDEN. Surtout, « les mentalités ont vraiment évolué et la majorité des jurys agissent raisonnablement, on ne peut plus leur faire ce mauvais procès ».

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