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Soleil

Par Gentlemanw

J'ai toujours cru en cette lumière, cette énergie forte qui me chauffait les épaules lorsque j'étais plus jeune dans mon sud natal. Une intense rimbabelle de baisers chauds, parfois trop, quand il mordait ma peau devenue rouge, les premiers jours du printemps. J'aimais me donner à lui, intégralement plus tard. 

Aujourd'hui le vent souffle les feuilles jaunes et rousses sur ma terrasse, je ne prends que la lumière plus rare depuis mon appartement. Je savoure mes souvenirs, et toujours les bises plus légères, ponctuées par les nuages qui passent devant lui. Mon livre attend sur la table, mon ordinateur et mes copines virtuelles aussi. Je suis en manque, car cet été, je n'ai pu partir en vacances, j'ai refusé de venir m'incruster avec mes enfants et mes petits-enfants, ce sont leurs moments à eux. Je me sens vieillir avec cette lassitude qui rend mes gestes mous, avec ce corps qui se cristallise de petites douleurs. Et pourtant je bouge, je continue mes balades avec des amies de tous âges, des voisines, des anciennes élèves de mes cours, des mamans maintenant, certaines bientôt grands-mères.

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De ma fenêtre, je vois le cours de cette vie qui coule avec la pluie, quelques gouttes ce matin, une fraîcheur qui m'ennuie plus qu'elle ne me glace. J'en profite pour ressortir mes intemporels tartans, mes jupes, mon manteau ou mes chapeaux, je suis bien ainsi, mais je me sens trop seule. Sans lui.

Il n'est pas parti pour quelques heures, il est juste parti pour ne jamais revenir. Près de lui j'ai été, lors de ses séances, de ses traitements, lors de ses sommeils médicamenteux. Et toujours il me souriait entre deux douleurs. Lui aussi était un soleil, son amour indéfectible depuis des décennies, de lui à moi, mais aussi de moi à lui. Nous nous aimions, fort, très fort. Souvenir d'un dernier voyage à la mer, de quelques pas, de sourires et de cette lumière ensemble.

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Je sors finalement, le parapluie pas trop loin, je vais marcher, le retrouver derrière ce coin fleuri du parc. Nous y allions sans jamais nous lasser de ce paysage, de ces arbres, des saisons qui amplifiaient la magie des lieux. Nous étions libres, heureux et amoureux. 

Nous parlions de féminité, de douceur, de jeunesse, de mode en regardant les autres, les jeunes filles, les jeunes femmes, les femmes, les modèles d'un jour, celles de nos souvenirs. Nos vacances ensemble, nos amours, notre amour, nos origines, et cette lumière toujours pour nous relier dans nos discussions sans fin. Je marche, je guette des signes, le soleil ou lui.

Nylonement

Octobre rose 2014

www.cancerdusein.org

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