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Les Français, dénigreurs de leur pays ?

Publié le 19 octobre 2014 par Jclauded
Il y a quelques jours, à la télé, le premier ministre français Manuel Valls a accusé ses compatriotes de faire du « France Bashing ». Il a affirmé que ce dénigrement de leur pays l’énervait et l’agaçait et que cela devait cesser.

Je rentre au Canada après un bon moment en France durant lequel j’ai eu l’occasion de rencontrer et de parler avec un grand nombre de Français et Françaises, de tous milieux, de la situation actuelle dans leur pays. J’ai compris qu’ils sont devenus pessimistes et désespérés face à la situation politique et économique dans leur pays. Ils constatent le déclin de la France et la voit comme le pays malade de l’Europe. Ils la trouvent moins compétitive, moins influente sur le plan international. Ils regrettent que les jeunes diplômés s’exilent. Ils en ont marre. Pour eux, la « Douce France… » de Charles Trenet a disparu. Son âme s’est envolée.

Mais ce n’est pas la France qu’ils dénigrent mais les politiciens qui l’ont amenée au bord de ce précipice. Ils sont exaspérés devant leurs inaptitudes et leur incompétence. Ce n’est pas du « French bashing », puisqu’il faut parler anglais, mais du « Hollande bashing » qu’ils pratiquent. Ils n’en peuvent plus de leur président et de ses gouvernements. Rien ne va plus. Jour après jour, ils réalisent l’erreur monumentale qu’ils ont faite en l’élisant avec son parti socialiste. 

Les Français savent bien que leur pays est unique et qu’il est une terre de grands découvreurs, chercheurs, inventeurs, scientifiques, travailleurs, réalisateurs, artistes, écrivains, cuisiniers… dans tous les domaines. Le passé lointain le démontre et le récent le confirme. En effet, il y a quelques jours, deux prix Nobel ont été choisis parmi les leurs, en littérature et en économie. Ils reconnaissent que la France est un des pays les plus intéressants du monde et qu’elle attire un plus grand nombre de visiteurs que tous les pays d’Europe. Ils constatent son prestige dans tous les coins de la planète. À toutes questions sur la politique, ils regardent l’interlocuteur et, d’un air découragé, haussent les épaules. Chacun a sa théorie mais toutes touchent principalement l’incompétence de ses dirigeants actuels, les dérives de ceux du passé et le poids du système social.  Plusieurs socialistes, pour se justifier, vont même jusqu’à prétendre que la France est un pays ingouvernable tellement ils sont mal à l’aise et affaissés devant tous les sondages qui placent Hollande entre 13% à 18% d’appuis favorables et les défaites électorales successives de leur parti.

Pourtant, Hollande n’a cessé de faire des changements, des « réformes» comme il dit. Dès son entrée à l’Élysée, il a voulu respecter ses dénonciations des politiques de son prédécesseur faites en campagne électorale. Il a mis fin à plusieurs projets et lois malgré qu’elles étaient importantes et nécessaires. Particulièrement celles qu’il qualifiait de « cadeaux aux riches » et celles devant corriger la magistrale erreur des « 35 heures » du gouvernement Jospin. Toutes ces « méchantes » lois avaient été supposément inspirées par la méchante « Finance », qu’Hollande qualifiait de « mon pire ennemi ». Pourtant, elles avaient été votées pour relancer l’emploi en diminuant appréciablement le « coût du travail » dans le but d’aider les petits entrepreneurs à engager des apprentis et des ouvriers additionnels pour leur permettre de croître, et les grandes entreprises afin qu’elles deviennent plus concurrentielles sur le marché mondial.

Parallèlement, Hollande a augmenté les taxes, sans bon sens, en ne tenant pas compte des conséquences négatives sur l’emploi et sur la capacité de payer de la classe moyenne et des moins riches. En somme, il a tout fait pour nuire au développement de la France et cela, souventes fois, pour des raisons politiques partisanes. Il refusa de faire la part des choses. Il est clair qu’Hollande n’a jamais été en affaires et ne connaît rien aux vrais défis d’un entrepreneur. Il n’a cru qu’en ses thèses idéologiques qui n’ont rien à voir avec la vraie vie démontrant clairement ainsi qu’il est déconnecté de la réalité. 

Puis, voyant sa cote de popularité s’écraser, il a changé son fusil d’épaule et s’est tourné radicalement vers la droite pour renaître. Il a commencé à détaxer et à revoir ses décisions passées. Il affirme maintenant aimer le monde de « la finance » et justifie sa nouvelle position en affirmant qu’il a compris, laissant entendre qu’il était dans l’erreur dans le passé. Il cherche à reprendre le temps perdu des deux dernières années par des voltefaces spectaculaires. Mais les résultats se feront attendre car normalement, quatre à cinq années sont nécessaires avant que l’État puisse réellement bénéficier de nouvelles politiques économiques. Deux ans ont été perdus et son quinquennat à la tête de la France est à moitié complété. Il est donc probable que ce sera son successeur qui sera, politiquement, le bénéficiaire.

De plus, pressé de redevenir populaire, le président dit « oui » à tous ceux qui critiquent ses politiques et fait des changements afin qu’ils soient satisfaits et arrêtent de chialer. Vous n’aimez pas une politique, alors manifestez, menacez de grève, critiquez et vous verrez, ô combien vite, le président comprend vos doléances et s’adapte à vos demandes. Il renie ce qu’il affirmait il n’y a pas tellement longtemps, aussi vite que Judas. De plus, il va-t’en guerre à la moindre occasion Mali, Centrafrique, Irak, Syrie, Ukraine… et voyage vers des pays étrangers le plus possible pour impressionner les Français avec des qualités de leader mondial. Le malheur est que souvent ces voyages sont inutiles. Par exemple, il ira au Canada et au Québec au début de novembre prochain pour une visite officielle. Pourquoi ? Il n’y a aucun conflit majeur entre nos deux nations. La bonne entente règne. Certes, il y a quelques petits différents, par exemple sur la question des subsides aux jeunes français qui étudient dans nos universités, mais rien qui ne peut être réglé via nos ministres respectifs et nos ambassades. Il s’est invité et nous sortirons le tapis rouge pour bien le recevoir. Alors que la France a des problèmes par-dessus la tête et que la responsabilité première de son président est de rencontrer les Français pour en discuter et les encourager, il part faire le beau au Canada et tenir quelques discours qui seront aussi vite oubliés qu’ils seront débités. Pour couvrir ce déplacement du président français et de sa suite, la France, le Canada et le Québec vont engendrer des frais importants au moment même où chacun coupe radicalement, chez lui, dans les dépenses inutiles pour diminuer ses déficits. En somme, il tasse l’intérêt de la France pour redorer son image et rehausser sa popularité. Au diable les principes, les politiques du parti socialiste, rien ne va plus, la roulette tourne. Pendant ce temps-là, le chômage continue de grimper, la production industrielle stagne, les entreprises tirent le diable par la queue, le chômage augmente, la croissance est aux arrêts, les statistiques sont au mauvais fixe, les plus défavorisés souffrent davantage et les français chialent. Son parti est divisé et les « frondeurs socialistes (députés socialistes non-satisfaits des politiques de droite d’Hollande) le menacent avec, en tête, Martine Aubry, la femme des 35 heures. 

De plus, le physique du président laisse percer son état d’esprit. Son visage est triste, sa démarche plus lente, ses discours moins dynamiques. Il semble perdu, sans amis, seul et incapable de pouvoir jouer son rôle. Il n’est que l’ombre d’un chef de l’État. Triste constat pour un pays aussi extraordinaire que la France. Comment avec une telle attitude de son président, peut-elle reprendre confiance ?

Le récent livre du polémiste Eric Zemmour « le suicide français » a un succès énorme car il est le symptôme des angoisses françaises. Il estime que « la France se meurt, est morte ». « Que ses élites crachent sur sa tombe ». Que l’on vit « les dernières pages de l’Histoire de La France ». Exagéré, sûrement. Mais ce qui arrive en France se situe aussi dans le grand réaménagement du monde où repères, identités et certitudes s’effacent. Malheureusement, le président Hollande n’est pas à la hauteur de ces défis. Pour être utile à son pays, Hollande devrait démissionner. Mais sur çà, les Français me disent « n’y comptez pas ». Il reste à espérer que la Providence soit bonne pour la France.

Claude Dupras 

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