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Pourquoi j'emmerde les jaloux ?

Par Jeuneanecdotique
19 octobre 2014

Pourquoi j'emmerde les jaloux ?

Il y a quelques semaines, j'ai eu le "plaisir" de suivre une formation d'agent commercial dans mon entreprise. Pendant cinq semaines, nous avons dû apprendre tous les produits et tarifs de gamme, tous les services, tous les maillons de l'information voyageur, les cartes régionales et nationales, la compabilité, j'en passe et des plus chiants. Il faut savoir qu'au bout de la formation, nous avions un examen, et en cas d'échec, au revoir, tchao, hasta la vista, tu pouvais retourner crécher chez Pôle Emploi. On y va pas dans la demie mesure.

Nous avons, pour cette formation, été réunis dans un groupe de douze agents, tous venus de gares diverses. Si vous vous dites que c'est un pays tout roudoudou, qu'on s'aimait tous comme des dingues et qu'on s'envoyait des fleurs, détrompez-vous. La solidarité et le respect entre collègues, c'est largement dépassé.

Une formatrice nous a dit que cette formation, nous nous en souviendrons toute notre vie. Elle avait raison. Cette formation est officiellement le déclic qui m'a fait passer de "bonne poire soucieuse des autres" à "je fais mon boulot et si tu m'aimes pas, je t'emmerde profondément". Pourtant, des collègues désagréables, des clients odieux et des aventures aussi bien personnelles ou professionnelles qui auraient pu me rendre aigrie, il y en a eu. Mais l'amour de mon boulot et de mon prochain n'a jamais été en diminuant, au contraire. Mais là... Là !

Je vais vous raconter.

Concrètement, cette formation, c'était du bourrage de crâne. Concrètement, à chaque fin de journée, on était aussi bien lunés que les zombies dans The Walking dead. Concrètement, une seule journée pour apprendre toute la compta ou une seule journée pour apprendre tous les produits tarifs pro après-vente comprise, c'est suicide collectif assuré à 16h30. On a tous tenu bon, bien que mon groupe ne cessait de se plaindre ouvertement des difficultés à tout apprendre, et parvenait à se trouver des excuses pour avoir la note 01/20 à la carte de France au bout de trois semaines de formation.

J'ai bossé. Beaucoup. J'irai même jusqu'à dire que je n'ai fait que ça. Toutes les pauses (déjeûner, matin/aprem' confondus), toutes mes soirées, tous mes week-end étaient consacrés à mes révisions, mes fiches, mes cours. J'ai commencé dès le 1er jour. Je n'ai jamais fait ça de ma vie, même pour le bac. Mais j'étais motivée et surtout, passionnée par mon boulot et mon entreprise. J'ai privé mon mec de sexe, je n'ai presque pas vu ma famille, mes amis ont dû oublier mon prénom, mais cela valait le coup, car je savais répondre à presque tout. Je ne suis pas parfaite, j'ai des trous, des incompréhensions, des choses qui ont du mal à rentrer, mais j'ai bossé et j'ai réussi.

Lorsque les autres ont commencé à se rendre compte de l'ampleur de mes connaissances, ça a commencé à jaser. Leur excuse pour baver sur mon dos, c'est que j'étais timide, et qu'apparemment ça ne se fait pas d'être timide. J'ai eu beau dire que je les appréciais mais que c'était mon caractère, ça a parlé. J'ai donc décidé d'arrêter toute once d'efforts.

Vous comprenez, c'est mal de travailler. J'ai été fortement critiquée car j'étais discrète et que j'avais l'audace de ne pas rester trois heures à parler de séries le midi, et que je ne sortais pas respirer la fumée de leurs cigarettes en pause. Je préférais lire mes cours. Bah oui, mais moi, j'ai réussi. J'ai eu 18 de moyenne, les points que je n'ai pas eu sont dû au manque de confiance en moi, au stress, et les examinatrices ne savaient pas trop quoi me reprocher mis à part mon manque de confiance. Les connaissances sont là, et je reste à présent rarement plantée comme une bûche devant les questions des clients. Je ne les renvoie plus trois gares plus loin pour faire un billet de TGV, je sais les renseigner sur l'après-vente de leurs produits, je connais les subtilités et je deviens un agent plus efficace.

Un jour, à une semaine de la fin, il y a eu un gros clash. J'ai appris que ça parlait sur moi, en mal, et j'ai clairement dit que ça m'emmerdait. Pris dans le sac qu'ils étaient, ça s'est pointé du doigt dans tous les sens pour se dédouaner, et ça a finalement trouvé la parade : trouver un bouc-émissaire à accuser de "trahison" et de "balance" et tous se liguer contre lui. C'est tombé sur une femme du groupe très gentille, qui n'a pas supporté d'être accusée injustement de leurs gamineries, et qui a même reçu des insultes. Elle a fini aussi dégoûtée que moi de ce groupe de faux-culs.

Pour la première fois de ma vie, j'ai dit haut et fort "Parlez, parlez, je m'en fous complètement de vous.". Ca n'a pas plu. Mais bon écoute... S'ils peuvent se permettre de telles choses, je peux bien me permettre de leur dire ce qu'ils représentent pour moi : rien.

Le pire, c'est que ce groupe se targuait d'être super solidaire et amical. Oui, moi aussi ça me fait rire jaune (jaune bien bien fluo).

En bonus, je me suis fait une super copine : une femme, normalement mûre, qui a avoué vouloir être "leader de sa promo" (et sinon c'est qui ton cavalier pour le bal ?), mais qu'à cause de moi elle lâchait l'affaire. Une femme qui m'a atrocement mal parlé devant une formatrice qui a fait les gros yeux. Malheureusement pour elle, elle est tombée sur une journée où ça n'allait pas, et j'ai très mal pris ses mots et son arrogance au point de devoir sortir de calmer hors de la salle. Elle a ensuite dit qu'à cause de "Ellie qui sortait chialer et à qui on ne pouvait rien dire elle payait les pots cassés", juste parce que les formateurs ont bien remarqué son comportement hautain envers les autres. Elle nie, évidémment, être responsable de quoi que ce soit, parce que bien sûr je suis timide donc je suis conne et faible, alors je peux toujours causer tiens. Lorsqu'elle a répété une enième fois devant tout le monde qu'à cause de moi, elle avait eu une mauvaise appréciation, je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire que je n'étais pas la seule fautive de cela. Madame ne laisse personne en placer une, va parler 15 minutes pendant une présentation et laisser sa coéquipière parler trente secondes à tout casser, et c'est ma faute si on lui reproche de ne pas avoir d'esprit d'équipe. Allez chercher... Le pire, c'est que je lui ai expliqué pourquoi je n'avais pas supporter sa manière de me parler, et elle a continué sa merde, à tout me mettre sur le dos. Passons.

Ce que j'ai compris, c'est que moins on fait de vagues, plus on s'en prendra dans la gueule. Y en a bien qui étaient mal coiffés, qui ouvraient trop leurs bouches pour dire des bêtises ou d'autres qui ricanaient comme des bêtasess la moitié du cours ; me serais-je permis, de mon propre chef, d'aller critiquer leur personnalité, leur nature profonde, pour le plaisir de critiquer ? Ils n'ont même pas eu l'intelligence de choisir une bonne excuse pour parler dans mon dos : être timide, ce n'est pas un motif valable pour faire les hypocrites ! Si j'étais raciste, qu'on était plusieurs dans ma tête ou que j'étais une grosse garce, ils auraient des raisons de chercher la petite bête. Mais là franchement, si ce n'est pas juste pour le plaisir de cracher sur quelqu'un, qu'est-ce donc ?

La morale c'est que si j'avais voulu me faire des copains, j'aurais certainement dû rater tous les tests et gémir que je ne comprenais rien à longueur de temps. J'ai osé savoir répondre quand on me parlait, ne pas me laisser influencer par leur laxisme dans les révisions, et j'assume les conséquences. Ce qui est regrettable, c'est qu'il y en ait.

Nous avons passé l'examen sur deux jours. J'ai tout passé la première journée et dans les premiers. Mon 18, je l'ai eu honnêtement. Eux, ont passé la première journée à récolter toutes les questions posées durant les oraux, et comme le jury est super malin, il a reposé les mêmes questions le lendemain. Ceux qui n'en ont pas branlé une se sont retrouvées avec des 19 car ayant appris uniquement les réponses à 5 pauvres questions précises. Ils ont eu de la chance, leurs prévisions ont été bonnes... J'aurais été contente pour eux. Mais ça, c'est dans un monde idéal. Car il a fallu qu'ils se la ramènent. ENCORE, me direz-vous ? Oui. Oui oui oui. Paraît-il qu'ils ont "niqué Ellie".

Vous m'avez niqué à la déloyale. Mais écoutez-moi bien : je vous emmerde, honnêtement, dans les règles de l'art, sans tricherie.

J'ai bossé, et j'ai réussi. Si c'est une tare, c'est malheureux, mais au moins je sais ce que je vaux. A bon entendeur !

Tout ça pour dire que lorsque je suis revenue en gare après ma formation, je n'ai jamais été aussi heureuse de retrouver les clients. Trois semaines plus tard, cette joie ne s'est toujours pas tarie. Clients, spontanés aussi bien dans la colère que dans la joie, je vous aime. Vraiment !

Excusez cette haine, ce déballage, mais franchement, autant de bassesse m'a vraiment traumatisée. Je suis revenue plus remontée que jamais et ça fait du bien de me décharger enfin un peu :)


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