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A Paris, Katsushika et Niki

Publié le 20 octobre 2014 par Doudonleblog

Une journée à Paris et carrément deux expositions au Grand Palais! Sans saturation, avec une pause casse-croûte entre les deux! Et tellement à l’opposé l’une de l’autre!

Katsushika Hokusai

Jusqu’au 18 janvier (avec un arrêt entre le 20 novembre et le 1er décembre, je crois)

Hokusai2

Un peu mal à la tête en sortant de cette visite au Japonais Hokusai! Mais éblouie! Les yeux rivés sur les détails de ses oeuvres. Le nez collé aux vitrines. J’ai regardé ces milliers de dessins, estampes, peintures (en en sautant certains! j’avoue!) avec une impression de foisonnement incroyable, d’ivresse, d’insatiabilité, de boulimie… C’est une encyclopédie! C’est une bibliothèque! C’est un film qui tournerait en boucle sur le Japon à la fin du XVIIIème siècle, début XIXème. De l’Histoire, de la Géographie, des contes fantastiques, des scènes quotidiennes, des paysages, de la flore, de la faune, des portraits…(et il manque la porno, malheureusement!)

Hokusai

Le dessin, très réaliste bien évidemment, est d’une incroyable modernité par moment. Les lignes parfaites, mais souvent stylisées. Regardez sa série de cascades par exemple (l’une d’elles, photo ci-dessus). Et Hokusai manie l’humour, le raffinement, la précision, l’observation, l’imagination… Tout cela à la fois! Père du manga (en japonais, « croquis divers ») , Hokusai a vécu très vieux(ce qui était assez exceptionnel à l’époque)  et a changé je ne sais combien de fois de nom! Des existences plurielles!!  Ah! Au fait! Hokusai, c’est l’auteur de la célébrissime Vague!!

Niki de Saint Phalle

Jusqu’au 2 février 2015. Une scénographie éblouissante.

NanaNiki

Bon! Je change de registre! De pays! D’époque! Cette artiste énergique et tourmentée, Niki de Saint Phalle, a quelque chose d’éminemment séduisant. Sa force, sa sincérité… Avec elle, la femme est en grand! La femme s’impose, domine, prend sa place! L’oeuvre crie le féminisme…Oui! L’oeuvre crie!

Et il y a une certaine ambiguïté: ici une souffrance d’être femme, et là une célébration de la féminité. Les salles du pessimisme et de la désespérance existent. On retrouve un peu la pensée de Louise Bourgeois sur l’idée du père, de la mère. Ses bas-reliefs et sculptures grand format des premières salles ont une moquerie méchante, un dénigrement sans concession des valeurs bourgeoises traditionnelles (famille, éducation, religion…cf ses « mariées », exemple ci-dessous), un regard noir sur la société. Et puis, la salle du « tir »! Violente et joyeuse à la fois. Niki tirait à la carabine sur des tableaux (ou autres choses) et faisait éclater des sacs de peinture qui dégoulinaient ensuite! La salle résonne de ces coups de feu (sortis des vidéos) et c’est impressionnant. Sinon elle serait devenue terroriste, dit-elle!

mariéeNiki
Arrivent les Nanas. Puissantes femmes colorées, victorieuses, sexy… La mise en scène des salles les met magnifiquement en valeur: lumières et ombres bien calculées, plateaux tournants…Les sourires sont sur les visages des visiteurs (euh! plutôt des visiteuses!) . Et les grands projets architecturaux, ne sont pas oubliés. Le Jardin des Tarots en particulier est évoqué par une vidéo et une maquette. A donner envie d’aller se promener dans ce jardin tout fou!


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