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CV en Suisse : les 5 « détails » qui trahissent les candidats français

Publié le 20 octobre 2014 par David Talerman

La Suisse est un pays très ouvert sur l’international, et les recruteurs sont également potentiellement de toutes les nationalités. Toutefois, il existe ici des habitudes de recrutement et une manière d’aborder le marché du travail qu’il faut savoir respecter si vous êtes étranger. Si vous vous voulez augmenter l’efficacité de votre candidature, c’est une posture indispensable à adopter.

Pour vous assurer d’avoir un CV efficace et aux « normes » suisses, nous ne pouvons d’ailleurs que vous conseiller de passer par notre service de rédaction de CV en Suisse.

Récemment, un candidat français me confiait qu’il n’avait pas compris tout de suite qu’il existait une manière particulière de faire un CV en Suisse, et que cela lui avait fait perdre un temps précieux (plusieurs mois). Dès lors qu’il avait adapté son CV, il a obtenu très rapidement beaucoup plus d’entretiens, jusqu’à se trouver dans une situation où il avait le choix entre plusieurs propositions.

Si la plupart des recruteurs n’ont pas de réticence à recruter des étrangers, il existe toutefois une frange de candidats étrangers et notamment français qui ne font franchement aucun effort (et envoient un bon CV bien franco-français), et ça, les recruteurs ne peuvent que le constater…. et parfois le sanctionner. A ce titre, plus la compétition est rude, plus l’entreprise a le choix et plus elle sera sensible à cet effort d’adaptation culturelle.

Alors pourquoi les candidats français font-ils de telles erreurs ? Parce qu’en Suisse romande notamment on pense que beaucoup de choses sont comme en France. Grossière erreur…

Je propose de vous présenter les 5 détails les plus fréquents qui trahissent les candidats français. A éviter donc pour la suite.

#1 – La mention « Permis B » dans le CV

En France, le permis voiture est appelé permis B. En Suisse, c’est un permis de travail. Aussi, un candidat qui n’a jamais travaillé en Suisse et qui indique « permis B » montrera aux recruteurs 2 choses :

  • qu’il n’a pas fait beaucoup d’effort pour se renseigner sur la Suisse car il aurait immédiatement vu ce « détail » (notamment s’il avait consulté notre page « CV suisse« )
  • qu’il n’est pas très pragmatique, car ici on suppose qu’un candidat qui postule pour un poste nécessitant éventuellement d’utiliser un véhicule aura bien évidemment le permis de conduire : c’est un détail qu’on ne fait jamais apparaître dans un CV (alors qu’en France on le mentionne systématiquement, allez savoir pourquoi).

#2 – La mise en avant des diplômes dans le CV

La France est un pays qui porte très haut la valeur des diplômes, ce qui n’est pas le cas de la Suisse. Ici, on accorde beaucoup plus d’importance au savoir-faire, à l’apprentissage et à l’expérience qu’aux diplômes. Un diplômé, même d’une grande école, ne vaut pas grand chose tant qu’il n’a pas fait ses preuves en entreprise. En France, la seule mention d’un diplôme « prestigieux » dans un CV ouvre naturellement des portes et rend crédible des candidats alors même qu’ils n’ont rien prouvé de concret. Du coup, beaucoup de candidats français mettent naturellement en avant dans leur CV leur formation ou leurs diplômes. Certes, ces formations sont en général reconnues et de valeur (ils n’ont pas à en rougir), mais vu du côté Suisse, c’est quelque chose d’assez étonnant. Du moins, le recruteur se dit : « Tiens, un Français qui postule« …

#3 – Le CV qui tient sur une seule page, quelle que soit l’expérience

En France, la manière de faire un CV est dogmatique : on répète à l’envi qu’un CV en France doit faire une page maximum. Du coup, nous voyons parfois des CV de candidats français qui postulent en Suisse avec 10 à 15 ans d’expérience, parfois plus, tenir sur une seule page. Je vous laisse imaginer la lisibilité…

En Suisse, on a au contraire besoin d’un peu plus d’informations, et tout particulièrement pour les CV techniques. Un CV en Suisse, peut tenir entre 1 et 4 pages. Selon nous, il est préférable de faire un CV plutôt court (2 pages maximum), mais certains recruteurs voudront davantage. En fait, il est indispensable d’adapter le nombre de pages d’un CV à l’expérience et au profil (technique ou non).

#4 – Les diplômes et formations incompréhensibles

Beaucoup de candidats étrangers pensent que tout le monde connaît leurs diplômes. En France, peut-être (et encore, on pourrait discuter cette affirmation). En Suisse, parfois. Et si le recruteur ne comprend pas le contenu de votre formation, votre candidature perdra de son efficacité, et ce d’autant que les écoles françaises sont particulièrement efficaces pour attribuer des acronymes totalement incompréhensibles aux diplômes et autres formations. A vous donc de faire l’effort d’expliquer le contenu de votre formation.

#5 – L’absence de contexte culturel

Un certain nombre d’informations sont nécessaires au recruteur en Suisse s’il veut se faire une idée de votre profil professionnel : type d’entreprise dans laquelle vous avez travaillé, lieu, nationalité, références… Je ne rentrerai pas dans le détail ici mais il existe plusieurs informations qui, si elles ne sont pas explicitement indiquées dans votre CV, vont rendre la lecture de votre profil très difficile, et particulièrement parce que votre contexte culturel n’est pas le contexte culturel suisse. Pour ne citer qu’un seul exemple – le plus simple – , si tout le monde connaît Nestlé (et particulièrement en Suisse d’ailleurs), peu de recruteurs connaîtront la petite PME bretonne, peu connue internationalement : si vous n’expliquez pas a minima ce que fait cette entreprise, le recruteur ne comprendra pas. Et un recruteur suisse qui ne comprend pas est un recruteur qui n’appelle pas pour un entretien. Les CV des candidats français sont truffés de ces « oublis » et décalages culturels qui handicapent les candidatures parfois de manière significative.

En conclusion

Vous l’aurez compris, un CV suisse est très différent d’un CV français (ou britannique…). Et il est important de connaître les règles du jeu locales. Certains candidats se vantent parfois d’avoir fait un bon CV bien français et qu’ils ont eu quand même le job. Cela arrive, notamment pour les cas où on recherche un candidat depuis longtemps. La Suisse étant très attractive pour les candidats, ce type de situation est de moins en fréquent…

Si vous vous retrouvez dans l’une de ces situations, et si vous voulez vous assurer que votre dossier de candidature est adapté et efficace, jetez un oeil sur ce que disent les personnes que nous avon accompagnées sur notre page services de rédaction de CV (voir la rubrique « Avis »).

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