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Pourquoi Google est indétronable

Publié le 05 mai 2008 par Guewen
Malgré la baisse de l'action et après l'abandon du rachat de Yahoo! par Microsoft qui aurait pu laisser présager un vrai numéro 2 sur la toile et avec l'annonce de l'arrivée d'un challenger (Cuill pour ne pas le nommer), peut-on s'inquiéter pour le statut de numéro 1 de Google sur la toile ?

On aurait pu s'inquiéter pour Google en ce début d'année : une action qui passe de 750$ à 420$ en 5 mois, un Microsoft essayant de se rapprocher de Yahoo, des têtes pensantes qui s'en vont, de jeunes pousses qui s'annoncent (Cuill, dont on attend beaucoup).
Même si on peut se demander si un jour l'empire finira par tomber, j'ai d'affreux doutes quant à la mise en doute du statut de leader de Google sur le marché sur Search.
Si on prend MSN Search, pardon Live, d'une part la part de marché est ridiculeusement faible comparée à celle de Google, et d'autre part, malgrés le lifting opéré (pour s'approcher de plus en plus de... Google), la nouvelle plateforme souffre d'un handicap majeur : on ne va pas sur Live, c'est Live qui est là.
Live est le moteur de recherche voire la page par défaut sous Internet Explorer, On pousse à l'utilisation de Live via Live Messenger et sa popup d'accueil ou Live Mail, bref, Live est là, et le quidam s'en contente trés bien, merci, il y trouve son compte et des résultats à peu près pertinents.
Mais on ne va pas chercher sur Live, ce n'est pas un reflexe comme l'utilisation de Google peut l'être, et malgrè les efforts de Microsoft pour pousser encore et toujours sa solution par défaut, force est de constater que globalement, Live est imposé plus qu'utilisé.
Pourquoi ? Sans doute parce que comme moi, les utilisateurs les plus actifs sur le web ne supportent pas ce côté "imposé" et que des recherches plus poussées s'avèrent décevantes, il y a aussi je pense une sombre histoire de branding.
Quant aux outils connexes (mail, spaces, le portail MSN, Messenger...) ils restent communautaires, là où Google présente des outils à usage personnel et de manière plus pratique (dans tous les sens du terme, de l'ergonomie à l'usage en lui même).
On échange et partage certes trés peu via Google, du moins beaucoup moins que via Live, mais Google présente des services globalement plus utiles que Live.
Si on regarde d'un point de vue strictement cible, là encore, le côté imposé induit qu'on aura une cible beaucoup plus captive (oserai je mouton ?), ce qui se traduit par des résultats en référencement payant beaucoup plus probants en terme de taux de conversion.
En plus de cette cible relativement peu éclairée sur le web, il y a son quasi contraire : une cible d'ados / jeunes très au courant de l'ensemble des outils mis à disposition sur le web qui vont passer sur Live pour l'email et le messenger, mais pas le search.
En gros, Live doit ses parts de marché à la force de frappe de Microsoft quand il s'agit de pousser les gens à utilser un de ses outils.

Le rachat de Yahoo! n'aurait entrainé qu'une concentration des parts de marché sur le secteur, mais n'aurait pas eu je pense d'impact sur une éventuelle augmentation significative de part.
Car Yahoo!, ça reste un portail à la base, avec un ensemble de services connexes (mail, flickr,...) mais d'ABORD un portail.
Le seul mérite de ce dernier est d'avoir fait son trou relativement seul (et sans la force d'imposition de Microsoft), le moteur de recherche est là mais sans plus (contrairement à Live qui en a fait un service à part entière) et là encore, si les résultats sont relativement pertinents, la non spécialisation rend le service globalement moins bon.
Sur la cible, même constats au niveau du ROI et des taux de conversions, une cible relativement captive qui quoique relativement petite en volume est intéressante à travailler (et un jour on parlera Trusted Feed, c'est promis).
En gros, le problème de Yahoo! c'est qu'il construit son "audience" search à partir de son portail.
Si on regarde les outsiders, on doit attendre de voir ce que Cuill va vraiment donner à tous les niveaux et si le teasing sera à la hauteur du reveal (oh mon dieu).
Les Free, Ask, Voilà et autres Orange restent et resteront avec les miettes (vous vous souvenez sans doute pourtant de la campagne media d'Orange pour LeMoteur ?), mêmes causes, mêmes effets, le search est un service au sein d'un portail.
Et Google dans tout ça ?
Google, à la base, c'est un moteur de recherche, juste ça.
Je me souviens ne pas avoir compris tout de suite l'intéret et la pertinence en 2001, je voyais mes copains geek utiliser l'engin un peu étonné devant le phénomène, puis comme tout le monde, j'ai pris le réflexe, c'était super simple, rapide, pertinent, et on n'était pas pollué par le reste.
Les services sont ensuite arrivés, petit à petit, et là pareil, on ne comprend pas tout de suite l'intérêt de Gmail, Google Actu, Reader, Maps... par rapport à ce qui se faisait avant, et puis au final, on s'incline devant la simplicité et la pertinence des outils, on les adopte et n'allez plus jamais me parler de Mappy ou autre Hotmail....
La force de Google, c'est d'avoir construit ses services connexes autour du search, par le search
Si les autres moteurs des débuts se sont inclinés, c'est parce qu'ils ont essayé de se rebatir en portail (je pense à Excite, notamment), de rendre leur public captif, d'élargir d'un coup la palette d'outils proposés pour essayer de faire du tout en un.
Google a compris que lorsqu'on navigue sur le web, on cherche quelque chose qu'on lit ensuite, pas l'inverse, et que la force du web, c'est que justement il existe une inifinité de sites plus ou moins spécialistes, et que tout l'intérêt est de passer de l'un à l'autre, de lire des points de vue différents...
Le paradoxe est aujourd'hui atteind : Google génère plus de pages vues et de visiteurs que n'importe quel site de contenu, le mono-service a ridiculisé le multi-service.

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