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Stephen Harper aime-t-il le Québec ?

Publié le 08 novembre 2014 par Jclauded
Le passage du président de la France, François Hollande, en nos murs, a suscité beaucoup d’intérêt. Après avoir visité l’ouest Canadien avec le PM canadien Stephen Harper, pour parler de pétrole en faveur de la pétrolière française Total, il se présenta à la Chambre des Communes, pour livrer un discours à la nation où un parterre impressionnant de leaders de notre pays l’attendait. Le président exprima ses bons sentiments envers le Canada et n’a pas tari d’éloges sur sa splendeur, sa grandeur et sa richesse. Quant au peuple canadien, il déclara ouvertement son amour pour les Québécois et son amitié profonde pour tous les autres Canadiens. 
Son discours fut important et toucha particulièrement les sujets de l’énergie et du climat. Deux sujets délicats pour notre premier ministre Stephen Harper, grand défenseur de l’exploitation pétrolière des sables bitumineux albertains et incrédule de la véracité des changements climatiques qu’il a qualifié d’« invention socialiste ». Hollande son allocution avec vigueur et conviction et ce fut le plus important et le meilleur discours de sa visite. Il s’était bien préparé et il impressionna la majorité des Canadiens qui l’écoutaient de tous les coins du pays. Malheureusement, son discours au Québec ne fut pas de la même nature. Il semblait non structuré et improvisé. Hollande cherchait dans ses feuilles des points de discours et voltigeait d’un à l’autre sans suite vraiment logique. Et, tout comme il fait en France où il accepte, à cause de son impopularité personnelle extrême, toutes les idées qui lui sont soumises pour chercher à regagner de la sympathie et l’appui de tous ceux qui l’ont lâché politiquement, il a dit « OUI » au Québec. Il a affirmé que la France participerait activement aux deux nouveaux projets du PM Couillard : Le « Plan Nord » au nord du 49e parallèle et le « Maritime » sur les berges du Saint-Laurent.Si j’avais un conseil à donner au PM québécois, ce serait d’attendre le premier engagement officiel de la part d’une entreprise française dans un de ces projets pour se réjouir. Personnellement, j’y croirai lorsque de tels gestes seront posés car je n’ai aucune confiance dans les dires et les capacités de réalisation de ce président français qui est venu parler à Québec… pour parler.Aujourd’hui, Hollande ne récolte que seulement 12% d’appuis du peuple français. Harper est dans la même situation au Québec, puisqu’il ne recueille que 14%. Mais, contrairement à Hollande, Harper ne fléchit pas. Il croit à sa vision du Canada, à ses politiques et est convaincu que le Québec s’en sortira mieux malgré son indifférence envers lui. Il est convaincu du résultat futur et continue à foncer en avant vers la destination que, pour lui, le Canada doit atteindre. Pourtant, s’il tenait compte plus souvent de l’opinion des Québécois, il pourrait probablement faire élire, à la prochaine élection, une dizaine de députés conservateurs de plus au Québec, ce qui lui assurera son retour au pouvoir car son bilan économique est très fort. Dans les jours qui ont suivi la visite du président français, je discutais de tout cela avec un ami, autour de tasses de café. Lorsque notre conversation porta sur la politique fédérale, mon compagnon m’affirma soudainement que les agissements d’Harper envers le Québec venaient du fait qu’ « Harper n’aime pas le Québec ». Je fus surpris de cette affirmation claire et nette. Depuis, j’y réfléchis. En fait, si on juge l’attitude d’Harper envers le Québec, son approche politique, ses décisions, ses lois, on peut être porté à penser qu’Harper a un problème personnel avec le Québec et que peut-être il ne l’aime pas. En effet, il n’accepte que rarement une position politique qui correspond aux désirs des québécois. Entre autres, il a détruit le registre canadien des armes à feu qui fut réclamé fort majoritairement par les Québécois suite au massacre de Polytechnique. Il a engagé le Canada dans la guerre en Afghanistan malgré l’opposition des Québécois. Il a coupé injustement dans les budgets des arts et de la culture si chers aux québécois. Il a modifié les transferts pour le système de santé, accablant ainsi le budget québécois. Il a coupé de moitié le budget de la condition féminine éliminant la recherche et la défense des droits des femmes, malgré les nombreuses oppositions de Québécoises. Il a mis de côté l’Accord de Kelowna destiné à améliorer, entre autres, la vie des autochtones québécois malgré les pressions de ces derniers et du gouvernement québécois. Il a favorisé une justice impitoyable et répressive à la GWBush qui va à l’inverse de l’approche pénale des québécois. Il a renié la signature du Canada sur l’accord de Kyoto, malgré l’appui quasi unanime des Québécois pour cette entente. Dans le conflit palestinien, il est à 100% avec Israël alors que les Québécois font la part des choses. Harper a perdu, à cause de ce qui précède, le siège au conseil de sécurité de l’ONU pour le Canada, au grand regret des Québécois. Il fait la promotion du pétrole brut des sables bitumineux malgré la farouche opposition des Québécois. Durant le pouvoir péquiste récent au Québec, Harper a tout fait pour ne pas aider ce gouvernement péquiste qui, pour lui, était un ennemi du Canada, même si les Québécois l’avait élu. Et ça continue… en fait, je pourrais noircir toute cette page d’exemples similaires. Pour un Québécois, c’est à n’y rien comprendre surtout qu’il oublie vite les bons coups d’Harper, telle : l’augmentation des transferts fédéraux en 2005 pour solidifier le budget du Québec mais qui a été transformée, pour des fins électorales, en baisse d’impôts par le PM québécois Jean Charest, au grand dam d’Harper. Harper parle relativement bien le français qu’il a appris dans les écoles albertaines où rares sont ses compatriotes qui ont réussi à maitriser cette langue comme il l’a fait. Il refuse tout débat constitutionnel pour régulariser l’accord de 1982 que le Québec n’a pas signé, car il craint la confusion et les divisions nationales qu’un tel débat crée. Pour se montrer ouvert, il a fait voter à l’unanimité à la Chambre des communes une résolution reconnaissant le Québec comme une nation. C’est peu, mais cela représente sa pensée. Il commence toujours ses discours en langue française où qu’il soit. Même s’il vient rarement au Québec, on ne peut pas dire qu’il ne respecte pas les Québécois.Harper est un homme de droite et il a des convictions profondes. Tout comme Pierre Elliot Trudeau, l’ex-premier ministre libéral, qui était plus à gauche. Mal-aimé en Alberta, où le parti libéral ne remportait aucun comté à cause de ses politiques sur l’énergie, personne n’accusait Trudeau d’agir ainsi parce qu’il n’aimait pas les albertains. C’était une question politique et non personnelle. Harper a réussi à réunir les forces de l’opposition de droite, à créer le nouveau Parti Conservateur du Canada et à prendre le pouvoir. On peut être en désaccord avec ses politiques, voter contre lui, mais l’accuser de ne pas aimer les Québécois, la preuve n’est pas faite. Par contre, il a démontré de l’amitié !La responsabilité d’un premier ministre canadien est de maintenir et de bâtir un Canada fort. Durant les longues années des libéraux et même du parti progressiste-conservateur du Canada de Joe Clark et de Brian Mulroney, les politiques s’orientaient, en bonne partie, vers le centre-gauche. Depuis le début du règne d’Harper, ce dernier croit que le temps est venu de redresser les politiques canadiennes en dirigeant le pays vers la droite afin de stabiliser notre orientation future. Il n’a pas tort de vouloir protéger la santé financière future du Canada, si on en juge par le piteux état financier de la France créé par un amoncellement de politiques de gauche, depuis la 2ièmeguerre mondiale..  Pour Harper, la pouvoir politique est un balancier régulateur de la santé du pays.Claude Dupras

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