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Et si on arrêtait (juste un peu) de (se) juger ?

Par Asna

Je ne pense pas que le jugement soit un truc exclusivement féminin. Mais un petit tour sur les forums et les réseaux sociaux suffit à constater des rivalités souvent très vives entre les femmes et encore plus entre les mères. L’instinct maternel de protection ferait ressortir les manucures de certaines ! ☺
Et on retrouve les mêmes clans avec pour chacun leur lot de jugement : les allaitantes contre les biberonnantes, les mères actives à la maison contre celles-qui travaillent-vraiment-elles, les désorganisées contre les perfectionnistes, les lavables contre les jetables, les proximales contre les minimales ou les péridurales contre les vaginales ?

Bon allez, avouons-le, quand on a le moral en berne, un après-midi thé chaud à faire du gossip et du bitching avec et contre les copines ça réchauffe tout de suite l’ambiance non ?

Juger utile de juger

Je ne dirais pas qu’il ne faut pas juger, je pense même que ça serait impossible. Parce que juger c’est aussi faire la différence entre moi et la copine justement, entre ce en quoi je lui ressemble et ce en quoi nous sommes différentes. Bon OK, juger c’est aussi pratique pour choisir son clan/camp (Ok je sors!).

Juger est utile pour se distinguer et accepter justement sa nature différente. Juger pour faire la part des choses, entre ce qu’on est et ce qu’on n’est pas, entre ce qui nous correspond ou pas. J’aurai beau vous partager un peu de ma vie et mes astuces d’organisation dans ce blog, vous êtes à même de juger de ce qui vous convient ou pas.

Le jugement utile est celui qui ose la remise en question. Etre capable de reconnaître en l’autre ses qualités et ses défauts, parce que j’accepte aussi d’affronter mes propres imperfections.

Pourquoi on juge ?

L’acte de jugement permet donc de se définir et de se positionner. Il me permet aussi de décoder les situations et les personnes pour pouvoir m’y adapter (ou pas et de choisir de passer mon chemin !).

Là ou le jugement devient nuisible c’est quand intervient la comparaison de valeur et le dénigrement :

  • je juge parce que je cherche à me valoriser au détriment de la copine/voisine/collègue
  • je juge parce que je me sens supérieure (ou inférieure!)
  • je juge parce que je manque de confiance en moi
  •  je juge parce que c’est plus facile que de me remettre en question
  • je juge parce que je rencontre des choix qui ne sont pas les miens

On aimerait bien que le monde tourne à notre propre sauce, selon nos attentes et notre point de vue. Ca serait tellement plus simple non ? Alors on se rassure avec des étiquettes, à classer les personnes dans les bonnes cases (nos bonnes cases !), jauger, évaluer, cadrer. Et on a peur de ce qui sort du cadre puisque on a peur soi-même de sortir du cadre.

Arrêter de juger les autres

Bien souvent, quand on juge, on renferme l’autre dans ses propres convictions. J’ai l’impression que la copine s’en sort mieux que moi alors je vais la juger. Facile, je me protège de mes propres peurs, doutes, frustrations ou manquements inavoués.

Arrêter de juger les autres c’est accepter que les autres fassent différemment. Ce n’est pas forcément mieux ou moins bien, juste différent. Votre conjoint a certainement sa manière à lui très personnelle de faire le ménage ? De son point de vue, c’est votre manière à vous qui ne convient pas. Alors essayez de partager vos tâches en cherchant un compromis plutôt que d’imposer votre manière de faire et se retrouver à finir tout toute seule.

Arrêter de juger les autres c’est aussi accepter soi-même de faire différemment et faire taire ce besoin de toujours se comparer aux autres pour exister soi-même. Laissez les autres être eux-même pour vous laisser la place d’être vous-même.

Arrêter de se juger soi-même

Pas facile de le reconnaître hein, mais quand on juge les autres c’est bien soi-même qu’on juge. Bien souvent, on critique les défauts des autres parce qu’on n’ose pas s’avouer à soi-même ses propres défauts.

Je ne sais pas vous mais cette auto-flagellation permanente doit être terriblement angoissante au bout d’un moment. Et si on essayait d’être un peu plus indulgente avec nous-même. Mettre la barre un peu moins haute. Un peu moins de comparaison. Un peu moins de « il faut que … ». Un peu plus d’auto-bienveillance. S’alléger du poids de la culpabilité, faire à sa manière et s’accepter dans ses choix. Pas parce qu’on a fait les meilleurs choix, seulement parce que ce sont nos choix actuels et qu’on les assume.

En affirmant ses choix et ses valeurs, on se sent plus forte et certainement moins sensible aux critiques et aux jugements des autres. C’est un cercle vertueux. Vous me suivez toujours?

:-)

Au final, pourquoi je vous écris tout ça? Je crois qu’il est important de s’écouter simplement telle qu’on est. ETRE avec ses qualités et ses défauts, ses doutes, ses peurs, ses incertitudes. Je ne cherche pas à être une mère parfaite, je cherche simplement à être la mère qu’il faut pour mes enfants. Je ne cherche pas à une organisation parfaite, juste à trouver un certain équilibre avec moi-même.

Bon, sur ce, je crois que je vais aller me faire un bon thé chaud

:-)


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