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Rémi m’a pas tuer

Publié le 16 novembre 2014 par Emmanuel S. @auxangesetc

Je vous ai laissé la bave aux lèvres, le souffle court, le regard rivé sur les jambes mousseuses de ma femme à Venise, le mousseux c’est parce que j’avais plus de sous pour le champagne, Femme amoureuse sur les canaux, Portefeuille à zéro, reprenons donc le récit haletant de ma rencontre avec Rémi Rouillier, ostéopathe à Houilles, là où on en était hier au coin du jour.

Me voici installé dans la salle d’attente d’une jolie bâtisse avec moult professionnels de la santé dedans, je salue poliment la patientèle avant de m’emparer de mon bouquin, VIVA de Patrick Deville, attention chef d’oeuvre. Au bout d’une courte attente, L’Homme apparaît, massif, colossal, tel ou presque qu’en son site Internet au template des années 2000 (clic), foin de théorie du complot, le oueb comme la terre ne ment pas. Poignée de main virile, le match la consultation commence, des questions sur mon nom, mon âge, mon sexe, mon adresse, les rapports avec ma mère, mon père, ma femme, il remonte à tous les traumas de ma petite enfance. Traumas physiques s’entend. Rémi Rouillier s’occupe des corps en friche, pas des têtes en frac. D’où son tarif, 50€ la séance d’1 h maxi. On cause spondylolysthésis sur lyse isthmique (clic) entre spécialistes, enfin surtout lui, je lui narre la douleur fulgurante qui m’a bloqué le dos à l’étirement, nouveau barreau dans l’échelle de ma maladie, il me demande de me mettre en sous-vêtements au pluriel puis de m’allonger, le trac de mon maudit back est à son comble.

Il m’étire l’ischio, jambe tendue, pied dans sa main, putain j’ai mal, l’horreur, je lui lance, vantard et les larmes aux yeux, « c’est jouissif ce que vous me faites là« , Rémi sourit, il s’en fout, il a RDV avec mon corps et ma tête ne sera pas un obstacle. Maintenant c’est le dos, les vertèbres qui craquent, il pèse de toute sa masse sur moi, le cou, puis la tête, pression des doigts sur mon crâne chauve, on y retourne il me retourne, les vertèbres lombaires qui recraquent, « prenez une grande respiration, attention, j’y vais », je voulais souffrir ce corps-carcan, mes espérances sont dépassées, surpassées, outrepassées, je suis mort ce soir.

Ayé c’est fini, « levez-vous, penchez-vous vers l’avant, relevez-vous, comment ça va ?« , moi, « bin, ça va, je respire encore« , en vrai je lui dis que j’ai encore une douleur dans le bas du dos, moins intense, plus diffuse, idem pour les cervicales, « Rhabillez-vous« .

Encore inconscient au moment du débrief je crois me rappeler qu’il me parle de  mes fascias noués ou serait-ce plutôt mon chakra qui m’a abandonné, je suis lessivé, épuisé, vidé.

« Et sinon quand est-ce que je peux reprendre le sport ?« , cinglé je suis, cinglé je mourrai. Rémi Rouillier me répond « pas avant samedi« , j’irai donc dimanche histoire d’assurer le cou (ndlr : jeu de mots), « vous aurez sans doute mal encore 48 ou 72h après ça doit aller mieux, de toute façon on se revoit mardi, vous pouvez mardi ?« , « oui bien sûr, avec plaisir« .

Aujourd’hui c’est dimanche, j’ai fractionné ce matin, enchaîné avec une séance de muscu et une autre d’étirements, 2h15 au total, ma tête n’a pas ressenti de douleur à l’effort, quelques tensions seulement au niveau de la nuque et du bas des lombaires, plutôt côté gauche ami lecteur qui t’inquiète pour moi. Rémi a dû rater son CAP boucherie finalement.

On en est là, mon corps et moi. Accessoirement inguérissable de ma bigorexie. Essentiellement de mon spondylolysthésis sur lyse isthmique. Je crains que Rémi Rouillier et nous on ne se revoit souvent après mardi.

Et sinon, après le kamasutra, ma femme a fini sa glace. C’était son cadeau.


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