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Quelques questions après l'accident du Virgin Galactic

Publié le 18 novembre 2014 par Toulouseweb

Si vous aviez déboursé 220 000 dollars comme l'ont fait plus de 700 candidats au voyage dans l'espace, vous pourrez vous faire rembourser
votre billet. Ou bien, deuxičme solution, attendre un an le temps de remettre ŕ niveau le vaisseau SpaceShipTwo qui s'est désintégré il y a deux semaines au-dessus du désert de Mojave en Californie.
Ceux qui pariaient juste aprčs l'accident sur l'arręt du tourisme spatial en sont pour leurs frais. Richard Branson est intervenu ŕ la
télévision pour indiquer qu'il ne renonçait pas ŕ son projet. Sur la page d'accueil de Virgin Galactic on pouvait lire dčs dimanche : Ť Tout ce que nous faisons est de poursuivre la vision d'un espace accessible et démocratisé et le
faire en toute sécurité ť. Décision logique d'un homme passionné d'aviation et d'espace. On n'imagine pas l'arręt de la Postale aprčs un crash dans le désert.
La sécurité, parlons-en : il y a plusieurs pistes pour expliquer l'accident. D'abord c'est un nouveau carburant qui était testé pour la premičre fois en vol. Ensuite, les responsables de Virgin Galactic affirment que le nouveau carburant avait passé tous les tests et qu'il était bon pour le vol.
Deuxičme interrogation, elle vient du moteur lui-męme. Il a fallu agrandir le moteur initialement prévu pour le SpaceShipOne pour faire voler son successeur le SpaceShipTwo. Et ce moteur beaucoup plus puissant dont l'architecture
avait été modifiée était considéré comme dangereux par certains ingénieurs maison dont plusieurs d'ailleurs ont quitté la société.
Enfin, troisičme hypothčse, Christopher Hart, président du national transportation safety board (NTSB), l'équivalent américain du bureau enquętes accidents analyses français, n'a-t-il pas déclaré que 9 minutes aprčs l'allumage des moteurs, la queue de l'engin se serait soulevée, une opération qui intervient d'habitude ŕ une vitesse supérieure. Ce systčme qui est conçu pour freiner
la descente aurait été ŕ l'origine de la désintégration de l'appareil.
Le NTSB a indiqué qu'il rendrait ses conclusions d'ici un an et qu' il ferait des recommandations pour rendre totalement sűr le vol dans l'espace.
A ce propos, il faut se demander si l'administration américaine qui fait confiance aux opérateurs aéronautiques et spatiaux ne devrait pas mieux contrôler les acteurs. Il y a sans doute un moyen terme ŕ trouver entre la liberté totale d'entreprendre comme on la trouve de l'autre côté de l'Atlantique et le systčme français et européen qui ouvre sans cesse le parapluie de crainte qu'un jour on puisse accuser de négligence les autorités de certification. La question est posée également aprčs l'explosion quelques secondes aprčs son décollage de la fusée Antares. Bien heureusement il n'y avait personne ŕ bord. Du matériel ŕ destination de l'ISS, la station spatiale internationale, a été détruit. Antares est un lanceur fabriqué par une société privée comme le veut la nouvelle politique de la NASA. Il faut ŕ tout prix baisser les coűts mais
cette politique ne va-t-elle pas ŕ l'encontre de la sécurité ?
La question reste posée actuellement.
Laissons maintenant les États-Unis avec leurs difficultés et faisons l'état des lieux chez nous en Europe oů la situation est globalement
satisfaisante. Soyouz tout d'abord va pouvoir reprendre ses tirs depuis Kourou et cela ŕ la date prévue c'est ŕ dire fin décembre.
On se souvient du lancement raté du 22 aoűt dernier quand les 2 satellites parties intégrantes du programme Galileo ont été perdus
dans l'espace ŕ quelque 6 000 km de l'orbite idéale. La commission indépendante n'a pas mis de temps ŕ trouver la cause de l'incident : un circuit qui passait tout prčs du Ť cerveau ť
de l'étage Frégat a tout simplement gelé et ce froid a perturbé l'informatique embarquée. Coűt de l'aventure : 140 millions d'euros soit le coűt des 2 satellites qui n'étaient pas assurés !
Apparemment tout irait bien aujourd'hui entre Français et Russes męme si la confiance reste entachée entre les 2 parties. En effet si Soyouz est bien lancée de Kourou le mois prochain, elle ne portera pas dans sa coiffe les 2 satellites dédiés au programme Galileo. Ceux-ci seront lancés par une fusée Ariane 5.
Quant ŕ notre lanceur russe, il travaillera également ŕ la mise en place d'une constellation, O3b, un spécialiste de niche qui apporte le haut débit ŕ des pays émergents.
A notre humble avis, les Russes qui n’aiment pas avaler des couleuvres, ne goűtent pas du tout d'avoir ŕ avaler ce reptile guyanais. Le tout intervient fans une période oů nos relations avec
le sieur Poutine sont calamiteuses. Je ne serais pas étonné que l'on aille vers une vraie fâcherie ŕ Kourou.
Gérard JOUANY - AeroMorning

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