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The affair (2014): ne pas nécessairement croire ce que l’on vous dit

Publié le 18 novembre 2014 par Jfcd @enseriestv

The affair est une nouvelle série de dix épisodes diffusée depuis la mi-octobre sur les ondes de Showtime aux États-Unis et The Movie Network au Canada. L’intrigue démarre alors que Noah (Dominic West), Helen Solloway (Maura Tierney) et leurs quatre enfants partent s’installer à Montauk pour des vacances estivales dans la villa des parents d’Helen. En chemin, ils s’arrêtent dans un restaurant et à la suite d’un incident, Noah fait la connaissance d’Alison (Ruth Wilson), une serveuse de l’endroit. Ce moment déterminant est la prémisse à ce qui semble être une aventure extraconjugale des plus classiques. Là où la série se démarque, est que l’histoire nous est racontée du point de vue à la fois de l’homme et de la femme. À la True detective, on retrouve ces deux protagonistes quelques années plus tard en train de livrer leur témoignage de cette rencontre à un policier, en lien avec un crime récemment commis. The affair est autant fascinante par sa prémisse que par la dualité des points de vue auxquels nous avons droit. Jamais on ne sait qui croire et on brûle de connaître la suite des événements entre ces deux individus. Par contre, on peut se demander si revoir la même intrigue dans le même épisode ne lassera pas à la longue. En tout cas, pas pour les cotes d’écoute jusqu’ici.

The affair (2014): ne pas nécessairement croire ce que l’on vous dit

Ce n’est pas moi c’est l’autre

Donc, à chaque fois, les 30 premières minutes de l’histoire sont consacrées à Noah, tandis qu’Alison hérite du temps équivalent par la suite. En fait, quelques scènes seulement sont consacrées aux moments qu’ils passent ensemble, puisqu’on s’intéresse davantage à leur vie respective. La vie des Solloway n’est pas de tout repos. Noah et Hellen ont beau toujours s’aimer, entre leur fille aînée, Whitney (Julia Goldani Telles), une princesse en pleine crise d’adolescence et leur fils Martin (Jake Richard Siciliano) à l’humour toujours plus morbide (il feint de s’être pendu pour faire « rire » son père…), le couple est installé dans une routine, y compris lors des vacances traditionnelles à Montauk. C’est que Noah vient de publier un premier livre qui connaît un succès très modeste, alors que son beau-père Bruce (John Doman) est un écrivain célèbre dont les livres sont constamment adaptés au cinéma. Celui-ci n’en manque d’ailleurs pas une pour marquer sa supériorité sur son gendre.

C’est dans ce climat étouffant qu’il rencontre Alison. Au restaurant, une de leurs filles s’étouffe avec un aliment et est sauvée in extremis. Cet incident éveille de douloureux souvenirs chez la serveuse puisqu’elle a elle-même perdu son fils il y a quelques mois. Que s’est-il passé? On n’en sait rien pour le moment sinon que son mari Cole (Joshua Jackson) ne s’en est pas remis non plus et fait l’amour aussi souvent qu’il peut à sa femme, espérant qu’une nouvelle naissance puisse effacer les douleurs du passé.

The affair (2014): ne pas nécessairement croire ce que l’on vous dit

Il va sans dire que cette rencontre entre les deux protagonistes est l’exutoire idéal à leur routine, mais leurs points de vue respectifs divergent en plusieurs points. Ainsi, selon Noah, c’est Alison, très aguicheuse, qui l’ensorcelle alors que selon cette dernière, c’est lui qui se fait insistant. La force de The affair se trouve justement dans la subtilité des dialogues et des détails lorsqu’ils ont un souvenir commun, donnant une fois le beau rôle à la femme, une autre fois à l’homme. Comme on sait qu’un drame s’en vient puisque dans les flash-forward tous deux témoignent à la police, on sent aussi qu’ils tentent de paraître banc comme neige dans toute cette histoire, même dans une scène où ils se revoient pour une seconde fois : dans la version de Noah, c’est Alison qui lui offre une cigarette, objet de tentation, et dans la version de celle-ci, c’est le contraire. Comme l’écrit Pierre Sérisier dans sa critique : « On se demande qui dit vrai, qui a raison, sachant que tout le monde ment et tout le monde se protège. »

Est-ce nécessaire?

Passé le premier charme, il est permis de se demander si cette technique des points de vue dans The affair est viable à long terme, puisqu’on sait que l’on reverra la même scène plus tard, mais version Alison. C’est que dans les épisodes #2 et #3, les points de vue ne divergent pas tant que ça et que l’action évolue à pas de tortue, puisque scindée en deux dans un même espace-temps. Il faut aussi garder en tête que les scènes d’interrogatoires se déroulent plusieurs années après un drame qui nous est pour le moment inconnu, c’est donc dire qu’il reste beaucoup de chemin à faire et on a justement l’impression que l’intrigue avance trop lentement.

The affair (2014): ne pas nécessairement croire ce que l’on vous dit

Heureusement, ce sont les multiples mystères qui justifient que l’on suive la série jusqu’à la fin de la saison. Celle-ci a beau s’intituler The affair, on a l’impression qu’ils se feront pincer tôt ou tard et qu’un tsunami entre les deux couples est inévitable, mais après? Donnons ici crédit à la narration et à ses multiples mises en abime. Noah effectue désormais des recherches en vue d’écrire un nouveau roman. Son beau-père, un tantinet condescendant, lui dit à un moment : « Everyone has one book in them. Almost nobody has two. » Ici, on fait bien évidemment référence aux deux points de vue. La première histoire étant celle que l’on voit à l’écran, la seconde n’étant qu’à ses premiers jets et racontée au compte-goutte dans les flash-forward. L’intérêt de poursuivre la série s’accroît davantage lorsque Noah avoue qu’il compte écrire dans son prochain roman l’histoire d’une relation extraconjugale entre un homme et une femme et selon ses plans, cette dernière sera tuée, mais il ne sait pas encore comment, ni pourquoi… de quoi nous tenir en haleine!

The affair (2014): ne pas nécessairement croire ce que l’on vous dit

Malgré de bonnes critiques, The affair a déçu par son lancement avec seulement 507 000 téléspectateurs; des chiffres peu élevés pour Showtime. Mais peut-être est-ce dû au bouche à oreille, l’audience depuis ne cesse d’augmenter, si bien qu’au quatrième épisode, elle se chiffrait à près de 700 000. Ces données encourageantes on convaincues la chaîne de renouveler la série pour une seconde saison, elle aussi de 10 épisodes que l’on pourra voir en 2015.


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