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La souplesse en forçant les salariés et la démocratie

Publié le 23 novembre 2014 par Despasperdus

L'extension du travail dominical est sur les rails. Les membres du gouvernement Valls commencent à la défendre dans les médias, à l'instar de Marysol Touraine :

« Permettre qu'il y ait plus de souplesse pour travailler le dimanche, je trouve que c'est une bonne chose parce qu'il y a des secteurs géographiques où des touristes pourraient acheter, et pas que des touristes »

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Ah, la souplesse ! La souplesse va sauver la France. La consommation des ménages et des touristes va remonter en flèche, les entreprises créer des millions emplois pour satisfaire la demande, la courbe du chômage enfin s'inverser, et la dette publique disparaître !

La souplesse est la solution miraculeuse du gouvernement "socialiste". Les "socialistes" ne cessent de reprendre les éléments de langage du patronat. Quelle révolution, ou plutôt quelle contre-révolution !

Bien entendu, la ministre de la Santé et des Affaires sociales a enrobé son discours patronal avec quelques vagues et légères considérations d'ordre social sur le volontariat et la rémunération :

« On ne doit pas imposer à quelqu'un de travailler le dimanche (...) éviter les pressions (...) quelqu'un puisse dire j'ai une vie de famille, ou j'ai d'autres choses à faire et je ne veux pas travailler le dimanche. On ne peut pas imaginer qu'un salarié travaille le dimanche au même prix qu'en semaine. »

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La vision du monde du travail et de la réforme qu'elle donne sont quelque peu faussées comme l'a justement fait remarquer le leader de FO :

« Le volontariat, c'est quelque part un leurre. Quelqu'un qui veut travailler, si l'employeur lui dit écoutez, il faudrait travailler le dimanche et que la personne dit non, dans les faits, ça ne sera pas écrit mais elle ne sera pas recrutée. »

Dans un contexte extrêmement défavorable aux salariés, il est clair que le travail du dimanche sera un critère de plus au recrutement et à la promotion des salariés. Et probablement pour licencier le salarié qui ne fera pas suffisamment preuve de "volontariat" et de souplesse...

Quant à la rémunération, il s'agit aussi d'un leurre ! A priori, il est prévu que les "partenaires sociaux" négocient des contreparties comme le doublement de la rémunération. Mais, in fine, en cas de désaccord, la décision reviendra au seul patron ! Ce volet négociations ne concernera d'ailleurs que les entreprises de plus de 20 salariés... Le patronat n'aura donc aucune contrainte, hormis parfois une "négociation" bidon !

Le caractère social du projet de loi Macron est une vaste fumisterie.

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Par ailleurs, cette réforme prévoit la création de zones touristiques internationales qui sera de la seule compétence du gouvernement, malgré l'opposition des municipalités. En l'occurrence, le PS fait pire que la droite qui n'avait pas fixé une disposition aussi autoritaire dans la loi Maillé.

En l'espèce, le gouvernement"socialiste" pourra unilatéralement créer de telles zones à Paris notamment où la municipalité et les salariés y sont opposés, en particulier boulevard Haussmann pour satisfaire les vieilles revendications des patrons des Galeries Lafayette et du Printemps !

Ce faisant, le gouvernement "socialiste" ne s'embarrasse pas de la démocratie pour imposer la régression sociale à la carte selon les désirs de tel ou tel patron... Et que croyez qu'il se passe avec un gouvernement aussi clientéliste ? Le patron de la FNAC revendique maintenant le travail dominical... et le ministre Macron semble très à l'écoute !

Avec un tel gouvernement et un tel président de la République plus soumis au patronat que l'UMP et Sarkozy, le pire est à craindre pour les salarié-e-s...

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