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Santé : la pollution à Paris comparée au tabagisme passif

Publié le 24 novembre 2014 par Bioaddict @bioaddict
Les scientifiques ont mesuré les nanoparticules dans l'air de Paris ces 18 derniers mois. Il en ressort que les derniers pics de pollution survenus dans la capitale peuvent être comparés, en terme de nocivité pour la santé, à du tabagisme passif.

Ce lundi 24 novembre à 10h00 a eu lieu la conférence de presse du ballon de Paris, au Parc André Citroën (15e). Le ballon de Paris est un " laboratoire volant " qui mesure la pollution de l'air qui est calculée toutes les heures à partir des stations parisiennes d'Airparif et retransmis par un système lumineux éclairant son enveloppe.

Le ballon est équipé depuis dix-huit mois d'un appareil laser, le LOAC (Light Optimal Aerosol Counter), mis au point par le CNRS, capable de mesurer pour la première fois en continu les nanoparticules présentes dans l'air du sol jusqu'à 300 mètres de hauteur au dessus du parc. Ces particules ultra-fines, dont le diamètre est inférieur à 0,1 micromètre (µm), sont extrêmement nocives pour la santé humaine, car elles pénètrent profondément dans les poumons, entrent dans la circulation sanguine et peuvent atteindre les vaisseaux du coeur.

Les résultats de cette expérimentation et du laboratoire LPC2E (Laboratoire de physique et chimie de l'environnement et de l'espace) du CNRS font peur : le ballon de Paris a ausculté deux pics, en décembre 2013 et en mars 2014. Lors du pic de pollution du 13 décembre 2013, les rues de Paris étaient aussi polluées qu'une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs. L'atmosphère pour un Parisien était assimilable à du tabagisme passif. A 18 heures, le ciel était en effet chargé de 6 millions de particules très fines par litre d'air, 30 fois plus que la normale." Les Parisiens ont vécu sous un véritable matelas de poussières ", a commenté Jérôme Giacomoni, gestionnaire du ballon de Paris.

Il était urgent de mesurer les nanoparticules dans l'air de Paris, car elles sont massivement présentes dans l'air. " Il y a deux cents fois plus de particules comprises entre 0,2 et 1 µm qu'entre 1 et 10 µm. Et il ne s'agit là que de la partie immergée de l'iceberg, car les particules en dessous de 0,2 µm sont encore plus nombreuses ", a souligné Jean-Baptiste Renard, directeur du laboratoire de physique et de chimie de l'environnement et de l'espace du CNRS qui a précisé que chaque jour, les Parisiens inhalent 100 000 particules à chaque respiration.

Il faut savoir que malgré la dangerosité de ces nanoparticules, aucun seuil réglementaire d'émissions n'a été encore fixé. Seules les particules plus grosses, les PM10, sont encadrées par la directive européenne sur la qualité de l'air.

Les données recueillies par le ballon de Paris viennent ainsi confirmer la gravité de la pollution à Paris qui est ainsi largement sous-estimée. La Mairie de Paris doit tirer les conclusions de ces résultats et mettre en place des actions en urgence pour protéger la santé et la vie de ses habitants.

Mathilde Emery

Pour connaître la qualité de l'air chaque jour à Paris, rendez-vous sur le site www.airparif.asso.fr


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