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« A midi j’ai mangé du couscous #BrefJeMeSuisRadicalisEe », le Hashtag en réponse à l’Education Nationale

Publié le 24 novembre 2014 par Leforik
« A midi j’ai mangé du couscous #BrefJeMeSuisRadicalisEe », le Hashtag en réponse à l’Education Nationale

L’islamophobie commence dès l’école… On en a désormais la certitude.
Mediapart s’est procuré un document qui a été transmis aux chefs d’établissement de l’Académie de Poitiers. L’Académie souhaite « prévenir la radicalisation » des jeunes vers le jihadisme actif. Le titre de cette trouvaille éducative « Prévention de la radicalisation en milieu scolaire ». Le guide qu’il vous faut. Chaque prof doit en avoir un dans la poche.
Sauf que le seul fait d’être un musulman pratiquant suffit à avoir les atomes du jihadisme. Amalgame grossier. On peut donc dire que la discrimination, ici l’islamophobie en l’occurrence, se vit dès la scolarisation en France. Ce qui est dramatique et très inquiétant…
Le document est un Powerpoint de 14 pages indigestes multipliant les clichés sur le musulman qui nous rappellent ceux des juifs avant la seconde guerre mondiale.

juif

Le guide doit être envoyé à toutes les académies. Le Ministère de l’Éducation National semblait bien embarrassé devant cette découverte de Mediapart.

Prévention ou stigmatisation ?
Selon cet outil, destiné aux directeurs d’établissements scolaires français, peut être au corps enseignant aussi, et pourquoi pas au concierge à l’entrée, la radicalisation toucherait « tout le monde » et ce, précise le rapport, « sans exception ». C’est donc un ennemi invisible, la psychose s’installe… « Toutes classes sociales confondues », les « majeurs » comme les « mineurs ». Cela peut être vos « collègues de bureau », vos « amis » ou un membre de votre « famille ». Il y a donc de quoi être parano !
Plus loin, nous trouvons un bref historique des évènements liés à la radicalisation du « jeune ». Le pamphlet parle de la révolution islamique en Iran, la création d’Al Qaida et le conflit du Proche-Orient.
Mais le plus triste est à venir. Ça ferait presque rire si ce n’était pas islamophobe. La page « signes extérieurs individuels » est provocante. En gros, vous pouvez être un musulman pratiquant et donc être discriminé, assimilé, à un jeune qui se radicalise. On vous brosse ici le portrait du parfait petit jihadiste en herbe :
Il a une « barbe longue non taillée », nous dit-on, et la « moustache » doit être rasée, tout comme les « cheveux ». En gros, il ressemble à un skin barbu… Pourtant de nos jours la barbe est très tendance, on voit des stars l’utiliser comme attrait. Sauf que sur une personne musulmane, la barbe devient le mal. Un amalgame insultant. La barbe fait partie de l’homme. C’est un élément primaire qui le distingue de la femme.

Ensuite, s’il s’habille « musulman », c’est mieux pour détecter la radicalisation… « Habillement musulman » ? Dommage, pas de précision, ni de photos. Bon, bizarre tout de même. Les habits religieux sont interdits à l’école du fait de la loi du 15 mars 2004. Alors que viendrait faire un élève avec une djellaba? Ah pardon, commettre un attentat bien sûr.
Aussi, les « jambes » doivent être « couvertes jusqu’à la cheville » ??? On ne sait pas si ça concerne les femmes, les hommes… Les directeurs risquent d’interpréter ces signes d’une façon peut être…pas très académique. On va jouer aux centimètres… Cela rappelle les jeunes filles excluent pour port de «robe ostentatoire», comprenez « des robes longues portées par des élèves dont on sait que dés qu’elles arrivent devant l’établissement, elles enlèvent leur voile pour rentrer et lorsqu’elles sortent, elles le remettent donc c’est des musulmanes donc il faut tout voir en elles d’ostentatoires ». Les responsables scolaires seraient prêts à retirer le cerveau des élèves, s’ils avaient la possibilité de le faire. Ils ont déjà commencé avec les programmes…

radicalisation2

Le jeune qui se radicalise, c’est bien connu, est dans le « refus du tatouage ». S’il y a « refus », cela veut dire aussi qu’il y ait eu au préalable « proposition », non? Depuis quand on tatoue les enfants à l’école? Et Malabar ne compte pas… Bref, on nage en plein délire islamophobe… Ce n’est pas fini.

L’arme imparable, c’est le signe du « cal sur le front » lié à la prosternation. Choisissez donc à l’avenir un tapis moelleux pour tromper l’Éducation Nationale et éviter la formation de la trace sur le front…
Ahurissant.

Le plus hilarant reste toutefois le signe de la « perte de poids liée à des jeûnes fréquents ». C’est l’apothéose. Il paraît même que certains jeûnent durant un mois entier ! On appellerait cela le Ramadan…

La réponse des réseaux sociaux avec le hashtag #BrefJeMeSuisRadicalisEe
Cette découverte a fait polémique et a aussi été moquée sur les réseaux sociaux. L’hashtag #BrefJeMeSuisRadicalisEe a fait boom sur Twitter. Les tweets tournant en dérision ce rapport ont fait leur apparition :

« Je pense que tout est bon dans le mouton #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« Je pars chez le coiffeur #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« Le musc est mon parfum préféré #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« Je compte aller le 13 décembre à la journée internationale contre l’islamophobie #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« J’ai l’impression que la Palestine est occupée #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« J’ai appris à mes enfants à faire la prière, dois-je les retirer de l’école ? #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« Je mange du couscous tous les vendredis #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« Ma voisine a perdu du poids, dois-je alerter les médias ou c’est juste un régime Dukan #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« Je me suis convertie à l’islam #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« Salam alaykoum ! Oups j’ai pas dit bonsoir. #BrefJeMeSuisRadicalisEe »
« J’ai des babouches dans mon placard #BrefJeMeSuisRadicalisEe »

Même des tweets ont été envoyés à l’Education Nationale :
« Je jeûne tout le mois de Ramadhan #BrefJeMeSuisRadicalisEe » @EducationFrance
« Bonjour @EducationFrance, je présente des signes de radicalisation. Comment puis-je me soigner ? Tatouage ou port du short en hiver ? Merci»
« Par précaution, l’Education nationale devrait supprimer le couscous des menus à la cantine. Ça pourrait radicaliser les jeunes.»

Ou comment répondre à l’absurde par l’absurde…

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