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Pickpocket, j'te couperais bien la main

Publié le 29 novembre 2014 par Antoine Dubuquoy

Hier, je me suis fait dépouiller. Oh, pas le braquage avec violence. Quelque chose de plus subtil. Etre assis dans une brasserie, dans un quartier chic et sécurisant. Poser sa veste sur le dossier de la chaise, car le tweed, c'est chaud. Se mettre à l"aise. Discuter avec son interlocuteur. Parler de sujets professionnels. Et voir soudain la patronne de la brasserie venir vers vous et vous demander si on ne vous a rien volé, car les deux consommateurs assis à la table juste derrière vous, et que vous n'avez pas vus s'éclipser, se sont avéré être des pickpockets. Les serveurs du café se sont lancé à leur poursuite. Vous vérifiez les poches, vous constatez l'inconcevable, portefeuille disparu... Vous faites un rapide inventaire mental, papiers d'identité, cartes de crédit, carte vitale, permis de conduire, cash... Vous blêmissez, rien qu'à l'idée de la somme d'emmerdements qui va en découler. Opposition, déclaration... Vous tournez comme un poulet sans tête, les pensées se bousculent. Votre interlocuteur est ennuyé. Vos voisins de tables - honnêtes - compatissent, cherchent les numéros de téléphone ad hoc pour annuler votre CB. Une petite chaîne de solidarité s'installe. Les minutes s'écoulent.
Le serveur réapparait, vous le voyez au travers de la vitrine, il a le regard lumineux, il brandit votre portefeuille comme un trophée. Vous vous précipitez sur lui, plein de gratitude, soulagé, désireux de savoir. Oui, il est allé au contact, oui, il a fit une balayette, dit-il, qui a précipité à terre celui qu'il poursuivait. Oui, il a récupéré votre bien. Vous lui serrez la main, vous avez envie de le serrer dans vos bras. Il fait le modeste. Un type bien. Vous respirez, enfin, à nouveau. Plus de cash dans le portefeuille. Quelques pensées meurtrières traversent votre esprit. Des envies de cassage de gueule, de tortures ignobles, de coupage de main. Je l'avoue.
Tout est bien qui finit bien. Je veux remercier celui qui m'a évité bien des tracasseries administratives. J'offre ce que j'ai sous la main, un exemplaire de mon bouquin, avec une simple dédicace, Merci! Oui, merci, Hassan d'y être allé, d'avoir fait preuve de solidarité, sans calcul. Un geste qui rassure sur le genre humain. Carrément.


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