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Raccrochage scolaire: Alain Lapointe intervenant

Publié le 01 décembre 2014 par Raymond Viger

Alain Lapointe groupe B.B intervenant jeunes centres jeunesse

Alain Lapointe œuvre depuis une dizaine d’années auprès des jeunes en raccrochage scolaire et intervient depuis un peu plus d’un an au centre de détention de Rivières-des-Prairies. Avec lui, la musique n’adoucit pas seulement les mœurs, elle permet de remettre de nombreux jeunes sur les rails.

Raccrochage scolaire

Chaque année au Québec, près de 25% des 16 à 25 ans quittent le cursus scolaire sans en être diplômés. Les centres d’éducation des adultes (C.E.A.) et les formations générales aux adultes (F.G.A.) dans lesquels officie Alain, sont une des réponses apportées au problème.

Pendant 10 ans, Alain a accompagné des jeunes en raccrochage scolaire en leur donnant des cours de musique. Il s’est d’abord rendu au centre La Croisée de Repentigny durant 5 ans et a par la suite rejoint le centre L’Envol de Joliette. C’est plus de 600 adolescents qu’il a vu défiler dans sa classe. 600 adolescents et autant de chemins de vie différents, d’embûches qui leur sont propres, mais pourtant un même constat, «ces jeunes manquent de repères.»

Intérêt et expression

Comment aider ces jeunes, là où leur famille et l’école ont échoué? «En les intéressant, en suscitant chez eux une passion», croit Alain. «Ces jeunes ont souvent quitté l’école, car le rythme demandé était trop lourd à supporter, qu’ils n’arrivaient plus à dealer entre ça et leurs problèmes.»

Aux centres La Croisée et L’Envol, les journées se divisent en 2 temps: 3 heures sont consacrées à l’apprentissage académique classique et 3 autres sont destinées à des ateliers pédagogiques, comme celui de musique tenu par Alain. L’un ne va pas sans l’autre: la réussite du tronc académique permet aux jeunes de continuer à suivre l’atelier qu’ils ont choisi.

Et c’est là toute la différence. Les élèves de son cours ne sont pas obligés de le prendre. «Ils se sentent libres, sont beaucoup plus intéressés parce que justement, ils ne sont pas obligés», confie Alain. «Avec eux, je me mets à leur service. J’écoute leurs envies et les aide à les réaliser. S’ils ont envie de faire du métal, on fait du métal. Du rap? On fait du rap. J’essaie de composer des pièces musicales sur mesure pour chacun de leur type de personnalité.»

Le cours de musique d’Alain est un endroit d’expression pour ces jeunes qui ont tant à dire. C’est un moyen pour eux «de se défouler», d’évacuer ce trop-plein qu’ils ont à l’intérieur en grattant les cordes de guitares, en tapant les touches du piano ou les tambours de la batterie. Une manière de se vider l’esprit, qui leur permet d’arriver à tête reposée aux cours conventionnels.

Figure du mentor

L’autre rôle d’Alain est d’instaurer un climat de confiance, où le jeune se sente à l’aise, en rompant notamment avec la didactique prof/élève.

«Je ne suis pas un professeur classique, autoritaire que l’élève craint. Au contraire, ils me voient plus comme un mentor, un tuteur, quelqu’un qui est là pour eux.»

Mais sans oublier de leur offrir un cadre, avec des normes à respecter. «Cet atelier, ce n’est pas juste du fun. À travers la musique, je leur offre une structure, des codes auxquels ils doivent se conformer.»

L’atelier de musique d’Alain a fait ses preuves dans les 2 centres. Intéressés et motivés, les jeunes ont évolué plus rapidement quand on se penche sur leurs résultats scolaires. Grâce à la musique.

Réceptivité des jeunes

La même conclusion s’impose au centre de détention de Rivière-des-Prairies dans lequel Alain intervient depuis bientôt 2 ans. Son atelier est plébiscité par les jeunes détenus, à tel point qu’une liste d’attente a dû être créée.

À raison de 10h par semaine, Alain vient donner des cours privés de guitare, de piano, de basse et de batterie à ces jeunes contrevenants. Une façon pour eux de découvrir autre chose. Et notamment cet homme qu’ils ont en face d’eux, lui qui a fait danser les foules, taper dans leurs mains des milliers de gens. Alain leur offre une autre image de l’adulte, celle de quelqu’un de cool, et leur prouve que l’on peut avoir 50 ans et être toujours fun.

Musique comme évasion

Là encore, les résultats ne se font pas attendre. De nombreux jeunes qui ont suivi son atelier en parallèle des cours académiques dispensés au centre ont vu leur peine réduite due à leur comportement irréprochable.

Ils ont également prouvé qu’on pouvait leur faire confiance en dépit des impairs commis. Grâce aux efforts conjoints d’Alain et de l’éducateur, ces jeunes ont désormais accès librement aux instruments de musique dans une salle qui leur est dédiée. Fruit de cette collaboration, un gala a d’ailleurs été organisé le 29 mai 2014 au centre de détention Rivière-des-Prairies.

Que ressent-on d’avoir aidé autant de jeunes quand on a rempli des salles entières de spectacle? «Beaucoup d’émotions et une grande fierté» confie Alain, «c’est encore plus gratifiant.»

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