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L'Etat est condamné !

Publié le 30 novembre 2014 par Delanopolis
Notre ami Xavier Laverdant médite sur les affres de notre politique pénale. L'Etat est condamné ! Retour sur une histoire tragique qui eût pu être évitée si les forces de l'ordre étaient intervenues. Cela mérite qu'on y réfléchisse un peu.

Voici quelques mois l'État a été condamné, parce qu'en 2007, une jeune femme fut assassinée bien qu'elle avait tenté de porter plainte contre son futur meurtrier auprès de la gendarmerie.

En passant on remarque qu'au-delà de l'Etat, c'est la Gendarmerie qui est mise en cause. Pratique. Les gendarmes sont des militaires et ils n'ont qu'un droit : celui de se taire. Sans exonérer les pandores de leurs manquements, ne pourrait-on pas élargir le débat en soulignant qu'un tel événement n'a rien d'épiphénoménal ?

Ainsi, tous les jours, il est fait appel à l'assistance des forces de l'ordre qui, d'un ton plus ou moins navré ou bien plus ou moins rogue, répondent "qu'elles ne peuvent rien faire tant qu'il ne s'est rien passé", ou bien "qu'elles ne disposent que deux véhicules pour tout l'arrondissement".

Au mieux et avec réticence, on propose au requérant-plaignant de déposer une main-courante. Mais une plainte, certainement pas.

On vous affirme sans rire qu'une plainte ne peut pas être enregistrée si la police n'a pas constatée elle-même les nuisances. Pas de délit hors le flagrant. Le fonctionnaire de police dont vous avez dû attendre, debout, pendant un temps certain qu'il vous adresse la parole, est catégorique. A défaut d'être aimable. Pas forcément facile pour lui le pauvre. Masquer son ignorance et les ordres reçus par l'aigreur, voilà ce qu'il lui reste. Pas de plaintes, pas de statistiques. Allons ! Pas de mauvais-esprit, désormais, on peut prendre rendez-vous pour une main-courante. Quel progrès !

Il n'y a pas si longtemps, les parkings de mon immeuble furent "visités" par des individus - pour certains encapuchonnés, en avril il peut faire frais en sous-sol - pourvus de lampes torches, une démarche éco-responsable, à l'évidence. Ma caméra de surveillance m'en procura d'assez bons clichés, surtout de celui qui déambulait sans sourire avec une pelle sur l'épaule : on ne sait jamais, les risque d'avalanches sont accrus au printemps, c'est bien connu, surtout à quatre heures du matin.

Ému par cette situation, je me déplaçai à l'autre bout de l'arrondissement pour exprimer mon émoi au commissariat. Las, j'eusse mieux fait de m'en abstenir et rester au chaud. Une violation de domicile effectuée nuitamment par des types armés ? "On ne peut rien faire"...

Pas davantage, quand tous les soirs que le bon Dieu fait (on ne peut quand même pas tout mettre sur le dos du président Hollande), des bandes successives d'énergumènes - parfois commandités par la mairie - démarrent leurs soirées vers minuit-une heure pour les achever passées cinq heures. Avez-vous jamais réussi à obtenir la police - et surtout à la faire venir - ces soirs-là ? Oui, peut-être une fois. Par hasard. Pour les trouver, je recommande plutôt les embuscades à quatre, cinq, sept ou plus, destinées à interpeler les braves quidams à vélos qui auront brûlés un feu rouge par mégarde, ou bien les automobilistes interdits, pris au piège du plaisir des sens, si bien raconté naguère par Raymond Devos.

Voici quelques années, un monsieur, pour son malheur, vivait au cœur d'une riante citée livrée aux inactivités bruyantes des "jeunes" (manière politiquement correcte et aseptisée d'écrire "voyous", c'est-à-dire pas encore délinquants mais pas loin, quoique...) juchés sur leurs scooters en échappement libre. Ce monsieur donc, s'était rapproché de la police pour exprimer son épuisement et son exaspération. Abandonné par ceux dont le devoir était de lui prêter main-forte, à bout de nerfs, il en vint à commettre l'irréparable en abattant l'un des fâcheux d'un coup de fusil. Pour le malheur de tous.

Tout est appréciation de la notion d'ordre public, n'est-ce pas ? Comme le dit si bien Philippe Meyer, "je vous souhaite le bonjour, nous vivons une époque moderne !".

Xavier Laverdant

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