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Après le délibéré du procès Xynthia, des élus du littoral s'inquiètent

Publié le 13 décembre 2014 par Blanchemanche
#gestiondesrisques #Xynthia

Des élus du littoral aquitain et charentais-maritime interpellent l'Etat au lendemain du jugement dans le procès Xynthia. Ils ont le sentiment d'être livrés à eux-mêmes

Après le délibéré du procès Xynthia, des élus du littoral s'inquiètent29 personnes avaient perdu la vie à La Faute-sur-Mer suite à la tempête Xynthia.
© PHOTO AFP BERTRAND GUAY
Publié le 13/12/2014 à 07h10 , par  http://www.sudouest.fr/2014/12/13/apres-le-verdict-du-proces-xynthia-des-elus-du-littoral-s-inquietent-1767397-2780.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20141213-[zone_info]Après la prison ferme infligée à l'ex-maire de la Faute-sur-mer (Vendée) et à son adjointe pour la mort de 29 personnes lors du passage de la tempête Xynthia en 2010, certains élus locaux ont la désagréable impression d'être livrés à eux-mêmes dans la gestion de risques "bien trop lourds" à leurs yeux.A l'image de plusieurs élus du littoral interrogés par l'AFP, l'Association des maires ruraux de France (AMRF) s'est émuedu jugement "extrêmement sévère" du tribunal correctionnel des Sables-d'Olonne condamnant pour homicide involontaire René Marratier et Françoise Babin, respectivement à quatre et deux ans de prison ferme. La justice leur reprochait notamment d'avoir approuvé la construction de maisons de plain-pied, sans un premier étage, malgré le risque important de submersion d'une digue censée protéger les habitations.L'AMRF s'est étonnée que "toute la chaîne de responsabilité -- du demandeur de permis de construire aux différents acteurs du dossier -- ne soit pas concernée par ce jugement"."Les services de l'Etat ont tout laissé faire, au lieu d'arrêter ces constructions""Ecoeuré et outré!", le maire UMP de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), Jean-Pierre Romero, résume le sentiment d'un grand nombre d'élus de petites communes, parfois victimes des situations héritées de leurs prédécesseurs. A Port-Vendres, par exemple, "des maisons ont été construites en zones inondables", explique Jean-Pierre Roméro tout en soulignant qu'il n'est pas "celui qui a délivré ces permis de construire".Dans ce dossier, "l'Etat n'a pas fait son boulot!", tranche Albert Larrousset, maire UMP de Guéthary (Pyrénées-Atlantiques). Le président des élus du littoral de la Côte Basque dénonce à son tour la condamnation "tout à fait injuste", selon lui, de ses collègues vendéens. "Les services de l'Etat ont laissé passer le contrôle de légalité, ils ont tout laissé faire, au lieu d'arrêter ces constructions".L'élu basque poursuit : Si nous prenions en compte toutes les responsabilités qui nous incombent, nous ne serions jamais maires. Nous sommes toujours confrontés au même dilemme : respecter le principe de précaution tout en développant l'économie du village"

"18 millions de Français en zones inondables"

La "jurisprudence" des Sables-d'Olonne "ne résout rien", renchérit Lionel Quillet, maire de Loix (Charente-Maritime), petite commune de 690 âmes, etprésident de la communauté de communes de l'Ile de Ré dont les digues ont considérablement souffert lors du passage de Xynthia en 2010.  "Le vrai problème, selon cet élu, c'est qu'entre le littoral fluvial et maritime, il y a aujourd'hui 18 millions de Français logés en zones inondables".Or, à l'inverse de beaucoup d'autres pays confrontés aux mêmes caprices climatiques, la France "décentralise la prise en charge d'un risque bien souvent beaucoup trop lourde pour la seule commune", juge Lionel Quillet. "On peut dans ces conditions tout à fait imaginer une commune de 300 habitants se voir contrainte d'assumer l'entretien d'une digue estimé à 1 million d'euros", explique-t-il."Un élu seul, fut-il très connecté ou passionné sur ces questions, a besoin d'un certain nombre d'informations, et besoin aussi d'avoir la solidarité départementale, régionale et nationale qui s'applique", insiste Renaud Lagrave, conseiller municipal PS à Mont-de-Marsan mais surtout président du groupement d'intérêt public (GIP) Littoral Aquitaine."Je pense qu'on est aujourd'hui en train de montrer par A + B les limites de l'engagement d'un certain nombre de collectivités et d'élus face à des problématiques administratives, législatives et financières", estime Renaud Lagrave, qui demande un "choc de simplification administratif sur ces questions de littoral".
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