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Energie. La Vendée veut mettre les gaz sur la méthanisation

Publié le 13 décembre 2014 par Blanchemanche
#méthanisation #Transitionénergétique
Transition énergétique oblige, la préfecture incite les maires de Vendée à regarder du côté de la méthanisation afin d'accompagner exploitants agricoles et industriels et rassurer la population.* *Pourquoi, comment ?
Energie. La Vendée veut mettre les gaz sur la méthanisation

Source Ademe

La méthanisation, c'est quoi ?

C'est un processus de dégradation biologique de la matière organique dans un milieu sans oxygène, grâce à l'action des bactéries. Le phénomène se produit spontanément dans le milieu naturel. Mais il peut être contrôlé grâce à un méthaniseur. Ce digesteur, cuve en béton ou inox truffée d'électronique, avale et transforme les déchets (substrats) en biogaz, (méthane) et en digestat (résidu de la fermentation).

Comment ça marche ?

Le biogaz est utilisé pour produire de l'électricité ou de la chaleur, être injecté directement dans le réseau de gaz naturel, ou être utilisé sous forme de carburant. Le digestat, résidu solide, pourra servir de fertilisant, destiné à l'épandage sur les terres agricoles. L'exploitant peut être un industriel, mais l'installation est aussi adaptée aux exploitations agricoles, puisqu'elle avale les effluents d'élevage (fumiers, lisiers...), les déchets de la restauration de collectivités, des industries agro-alimentaires, des boues d'épuration.

Pourquoi l'État encourage ce procédé ?

Les déchets agricoles constituent une ressource d'environ 21 millions de tonnes de fumiers, lisiers et résidus de culture au niveau régional. En 2011, moins de 0,5 % de ce gisement brut était utilisé.« La politique nationale actuelle encourage les énergies renouvelables. Le procédé de méthanisation en est un », explique le préfet de Vendée, Jean-Benoît Albertini. Le plan national Énergie méthanisation autonomie azote vise à développer la méthanisation de taille intermédiaire dans les exploitations agricoles. « Cette piste permet de traiter les déchets et de les utiliser pour favoriser notre indépendance énergétique, tout en réduisant les gaz à effet de serre. Au même titre que l'éolien, la méthanisation est une technologie importante dans la transition énergétique. »

Où en est-on en Vendée ?

Sept unités de méthanisation sont en fonctionnement dans le département (La Verrie, Benet, Les Herbiers, Maché, Sigournais, Boufféré, Mortagne). Trois installations de type industriel, et quatre à la ferme. Cinq autres projets sont en cours à Saint-Hilaire-de-Loulay, au Poiré-sur-Vie, à L'Oie, Saint-Martin-des-Tilleuls et Menomblet. À l'échelle régionale, 35 unités sont en place. Mais la route est encore longue : l'État a fixé l'objectif de 222 unités à l'horizon 2020 dans la région. La France compte aujourd'hui 160 installations.

Pourquoi le système peut-il inquiéter ?

Le procédé, encore méconnu, fait naître des questionnements dans l'opinion. Une récente réunion organisée par la préfecture destinée aux élus a joué son rôle d'information sur le système de la méthanisation, les incidences sur les initiateurs des projets et les riverains. « Cela pose des questions techniques, juridiques et sur l'acceptabilité sociale », explique le préfet.On parle notamment de nuisance olfactive. « Sur la partie épandage, le digestat n'est pas totalement inodore », note un responsable de l'Ademe. Le zéro odeur serait en revanche effectif au niveau du méthaniseur, et à surveiller aux abords du poste de réception des déchets. Les autorités se veulent rassurantes quant au risque d'explosion. « Le méthane est stocké quasiment à pression atmosphérique dans les méthaniseurs, donc pas d'explosion possible. »

Une vraie usine à gaz qui donne des résultats


Ça marche, explique Patrick Perraudeau, exploitant au Gaec de la Vallée de la Vie. À Chauché, ses méthaniseurs tournent à plein régime depuis un an. « La démarche a été engagée en 2008, au regard du doublement du prix du pétrole. » Guidé par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), « il a fallu six ans pour monter le projet. » Son Gaec gère 310 ha de production végétale, 12 000 porcs. Autant de déchets qui servent à chauffer ses 2 000 m2 de serre. « Avant, on utilisait du fuel. On économise 280 tonnes de carburant par an. »Plus d'engrais chimiquesBilan : 1,4 million de m3 de gaz produits en 2013, générant 3 200 mégawatts électriques et autant en énergie thermique. 14 000 m3 de digestats vont engraisser ses 650 ha de terres, « il est directement assimilable par les plantes. Nous n'utilisons plus d'engrais chimiques. » La réduction des gaz à effet de serre serait égale à la consommation de 1 000 voitures roulant 30 000 km par an.Coût de l'installation : 2,8 millions d'euros, subventionnée à hauteur de 33 % par le conseil général, régional, l'Ademe, le ministère de l'écologie, le Feder.
http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/energie-vendee-veut-mettre-gaz-sur-methanisation-08-12-2014-176464?utm_content=buffer8d40e&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer10 décembre 2014


Patrick GUYOMARD

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