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Pour une relance budgétaire européenne

Publié le 15 décembre 2014 par Pslys

Six années se sont écoulées depuis l’éclatement de la crise économique et financière en 2008. Les pays développés stagnent, les marchés financiers sont bord du précipice et les sanctions entrainées par les tensions géopolitiques freinent le commerce international. Des économies surendettées et des comportements complètement irrationnels nous signalent une totale perdition sur des chemins qui nous conduisent on se sait où. Pour preuve, la majorité des actifs circulants sont de la dette, donc plutôt du passif, cherchez la logique.

Dans la vision keynésienne, la consommation est au centre de tout. Plus vous consommez, plus l’activité économique augmente, plus vous êtes riches. Tout recul de la consommation est un drame et les politiques de l’offre permettent de lisser des cycles. Dans la vision monétariste, c’est la monnaie qui est au centre de tout. C’est-à-dire qu’une économie a besoin d’une certaine quantité pour bien fonctionner. Le banquier central utilise le « taux d’intérêt » qu’il tourne dans un sens ou dans l’autre. Mario Draghi hésite à le tourner à la baisse pour gonfler la masse de crédit et nous faire croire que nous sommes riches.

Les innombrables programmes de relances, financées par le crédit ont fait explosé la dette publique et n’ont pas été en mesure de produire une amélioration économique autonome. Les dettes augmentent plus rapidement que le PIB. La dette publique dans la Zone euro est de 92% du PIB, aux Etats-Unis elle atteint les 110% et au Japon elle est de 250%. Au-delà d’un seuil d’environ 90%, les dettes publiques deviennent contre-productives. De l’autre côté, pour les monétaristes, ceux qui pensent que tout peut s’arranger avec de l’argent, leur grand échec est celui de la politique de taux d’intérêt zéro et de l’assouplissement quantitatif. L’exemple le plus parlant est celui de la banque du Japon qui pratique le taux zéro depuis 24 ans sans aucun succès. La Fed réduit son quantitative easing, mais peine à normaliser la structure des taux d’intérêt  elle promet aux marchés financiers de poursuivre la phase des faibles taux d’intérêt encore pour un moment. Une hausse de deux points de pourcentage des taux d’intérêts augmenterait le service de la dette de 200 milliards d’euros dans la Zone euro.

Le président de la BCE, Mario Draghi, continue d’insister sur le fait que la BCE fera tout, et aussi vite que possible, pour rehausser l’inflation dans la zone euro vers un niveau proche de 2%, et donc laisse penser que la BCE pourrait assouplir sa politique monétaire. Néanmoins, ceux qui sont pour le recours au déficit demandent constamment de nouveaux programmes de relance financés par le crédit et reçoivent le soutien d’institutions internationales comme le FMI et l’OCDE. Pourquoi appeler à de nouveaux programmes de relance et pour des investissements publics dans les infrastructures ? La politique de taux d’intérêt zéro et les QE ont pu démontrer l’aveuglement des acteurs du marché et une sorte d’impuissance des banques centrales. On voit maintenant que « plus d’argent » n’est en aucun cas un remède efficace sans réformes budgétaires et sociales.


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