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Sur Facebook et Twitter, la chasse aux mauvais locataires est ouverte

Publié le 15 décembre 2014 par _nicolas @BranchezVous
Sur Facebook et Twitter, la chasse aux mauvais locataires est ouverte Québec

Insatisfaite par les moyens déjà en place pour traquer les locataires en défaut de paiement, l’Association des propriétaires du Québec les traquera désormais les réseaux sociaux.

En partenariat avec le Regroupement des propriétaires d’habitations locatives, l’Association des Propriétaires du Québec a annoncé vendredi dernier qu’elle offre un nouveau service pour ses membres : la diffusion d’avis de recherche sur les réseaux sociaux.

Les noms des locataires qui font l’objet d’une décision de la Régie du logement et les décisions à leur sujet seront désormais diffusés sur les réseaux sociaux

À l’heure où les gens abandonnent progressivement leurs lignes fixes au profit de téléphones mobiles (dont l’adresse n’est pas listée publiquement), les propriétaires ont de plus en plus de difficulté à entrer en contact avec leurs anciens locataires.

«C’est extrêmement difficile de retrouver le numéro de téléphone de quelqu’un», explique Martin Messier, président de l’Association des propriétaires du Québec. «On a aujourd’hui plus de constance dans nos présences web que dans nos comptes de téléphone.»

Devant ce constat, des avis de recherche seront diffusé sur les pages Facebook et Twitter de l’APQ et du RPHL. Essentiellement, on pourra y voir les noms des locataires qui font l’objet d’une décision de la Régie du logement, leur ville, et les décisions à leur sujet.

«Les locataires qui sont en situation de non-paiement de loyer, on veut qu’ils prennent les devants, qu’ils appellent leurs propriétaires et disent : “Je dois de l’argent, j’aimerais ça prendre une entente”, au lieu de se défile et de se cacher.»

Un terrain glissant?

Si cette nouvelle initiative de l’APQ ne fait que mettre l’accent sur des décisions de la Régie du logement déjà disponibles publiquement, elle peut ouvrir la porte à des propriétaires qui pourraient être tentés de se faire justice eux-mêmes.

C’est d’ailleurs la crainte que partage Antoine Aylwin, avocat associé au cabinet Fasken Martineau.

«Avoir un jugement qui vous condamne à payer 1 000$ est une des décisions de la Régie du logement», explique-t-il à Canoë. «Ce n’est pas mis à l’attention de votre réseau de contacts et vos amis.»

«Ce que je crains, c’est que l’on perde le contrôle sur la communication de l’information et que l’Association soit la source originale qui se fera taper sur les doigts», affirme le juriste.

«C’est de la dénonciation. Ça donnera une liste noire de locataires. Si ces gens-là veulent se reloger, une partie des propriétaires refusera de leur louer un logement.»

Cette opinion est également partagée par François Saillant, coordonnateur au Front d’action populaire en réaménagement urbain, qui considère que l’initiative tient pour acquis que les locataires avec de mauvaises créances sont automatiquement des fraudeurs.

«On est en train d’instaurer une justice populaire», déclare le porte-parole du FRAPRU. «C’est de la dénonciation. Ça donnera une liste noire de locataires. Si ces gens-là veulent se reloger, une partie des propriétaires refusera de leur louer un logement.»

L’APQ reconnaît également que sa nouvelle stratégie n’est pas sans risque. «Il faut effectivement porter une attention particulière à cela», concède le président de l’Association.


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