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Pourquoi Valls n'était pas au musée de l'immigration

Publié le 16 décembre 2014 par Juan

Pourquoi Valls n'était pas au musée de l'immigration

Une fois n'est pas coutume, il fallait applaudir à ces quelques mots, sans doute sans effet, prononcés par François Hollande lors de l'inauguration du musée de l'immigration. Lundi 15 décembre 2014, l'actuel président de la République a pris tout le monde de court, à gauche comme à droite.

Il manquait la réaction de Manuel Valls.


"La contre-offensive" (Le Monde), "Le jour où Hollande s’est souvenu des immigrés" (Libération), ou "Hollande flatte sa gauche" (Le Figaro).
La presse nationale ne s'y pas trompé.
RTL, la station qui emploie Eric Zemmour, lança rapidement un débat radiophonique au thème outrancier: "la gauche est-elle en train de capituler sur le droit de vote des étrangers ?"
Pourquoi Valls n'était pas au musée de l'immigration
Hollande a rappelé ce qu'il fallait dire sur l'immigration, taire les fantasmes, arrêter d'agiter les peurs.
« C’est un grand moment que cette inauguration officielle. La peur s’est installée en France sur la question de l’immigration, il faut inverser le courant », Benjamin Stora.
Ce discours de mi-mandat est l'exact opposé d'un autre discours de mi-mandat, celui de Grenoble le 30 juillet 2010. A l'époque, Nicolas Sarkozy avait lâché un discours marquant, un marqueur de son quinquennat. Une salve contre l'immigration, mêlant étrangers et délinquants, où il promettait même la déchéance de nationalité aux Français d'origine étrangère coupables de certains délits.
Ce lundi 15 décembre, Hollande a choisi le chemin inverse, mais sans changer d'équipe, de posture, d'actes.
"Nous devons lutter contre ces thèses au nom de la France (...), pour une France à la hauteur de son histoire et capable de porter un grand projet, un destin."
Hollande a rappelé la mauvaise trouille de l'ancien monarque, Nicolas Sarkozy: 7 ans pour inaugurer un musée, "c'est long pour une inauguration officielle. Comme si l'immigration avait toujours été un sujet difficile dont il vaudrait mieux ne pas parler." L'actuel locataire de l'Elysée a même rappelé qu'il était favorable au droit de vote des immigrés aux élections locales.
"Trop de nos concitoyens se considèrent encore comme des étrangers. Trop de nos compatriotes ont le sentiment de ne plus être chez eux. Voila la tension principale qui existe dans notre pays. Dans les deux cas, c'est une atteinte au pacte républicain."

Hollande a taclé Le Pen et Sarkozy qui réclament la fin de Schenghen: "Faire éclater Schengen? Ce serait reculer, rétablir les frontières pays par pays".
"Il faut reprendre le combat et ne rien laisser passer" François Hollande
Il est peut-être trop tard. Hollande a laissé entrer le loup dans sa bergerie. Trop attentif à son image, il a peut-être fait exprès de procéder ainsi. Nous écrivons "peut-être" puisque la France est un pays qui préfère la présomption d'innocence en toutes choses, un concept que d'aucuns oublie trop facilement. En matière migratoire, l'immobilisme hollandais est étouffant de continuité avec l'ère sarkozyste. Un discours, sans acte, ne changera rien.
Ce lundi, Manuel Valls était à Dijon. Sur le site de Matignon, nul mention de cette inauguration. La schizophrénie gouvernementale est là, visible.
Sans surprise, l'UMP dépêcha Brice Hortefeux pour fustiger le laxisme de Hollande. Rachida Dati n'échappa pas au ridicule: "nos frontières sont devenues des passoires."
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