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Conte d'hiver

Par Patricia Oudot @adelaidendire
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Conte d'hiver

C'est l'hiver ,celui qui blanchit les toits et les champs
Celui qui rougit le bout du nez et les doigts trop blancs.
l'obscurité est tombée ,rallumant les réverbères le long des routes
Le grenier de la petite maison grelotte de toutes ses poutres.
Faute de bûches ,devenues rares,le froid  mord les extremités
Des milliers de petites  dents givrées,pointues et acérées
Plantent dans la chaussette trouée leur ivoire brillant et glacé .
Au loin les branches du saule se balancent au creux de la nuit d'insomnie
Le vent court sur la lande endormie poussant d'étranges petits cris
Au travers de la fenêtre aux yeux mouillés,une lumière vacille,
Eclairant d'un doux halo le bureau blanc taché d'encre myrtille
Sous une myriade d'ombres chinoises ,l'eau de ses larmes scintille
Quelques feuilles jaunies se prélassent sur le vernis écaillé
Arrachées au cahier d'une enfant trop pressée de vieillir
Passé ,présent tout y est mélangé ,mille pensées dans une tirelire
Espoirs ,déceptions et illusions se glissent dans la fente aux souvenirs
Les mots s'embrasent ,les phrases explosent en fleurs de doux délires
Assise sur la chaise chancelante,sa tête est devenue un peu lourde
Les paroles du silence sont si fortes parfois, elle en devient sourde 
Doucement elle récite les  vers et les poèmes qui charmaient son enfance
Les chansons et les rires bercés aux temps lointains de l'insouciance
C'est la nuit de noël,un petit sapin rose et blanc clignote sur la cheminée
Dans le  panier doré quelques pommes de pin s'entrouvrent ,écailles étonnées
Une vibration légère ,un murmure,un souffle soulève ses cheveux emmélés
Elle ne rêve pas,les murs de la petite maison se sont bien mis à bouger,
Se rapprochant tout près, comme s'ils avaient décidé de l'enlacer
Elle pose doucement sa tête contre la paroi devenue tendre et chaude ,
Une onde de chaleur traverse son corps ,réchauffant le bas de son dos
Mais oui ,la maison respire ,sa poitrine se soulève,elle lève les yeux ,
Les rideaux de la fenêtre ont relevé leurs paupières au dessus du regard bleu
Derrière la pierre qui s'éffrite ,elle entend un g'os coeur qui bat
Il frappe si fort ,si fort à la porte qu'il en a brisé toutes  les serrures
Les grelots du traîneau résonnent dans le ciel,cette fois elle en est sûre
Plus jamais elle ne sera seule les soirs d'hiver ,même loin,il sera toujours ses murs 
La protégeant des coups de la vie ,guérissant ses maux et ses blessures
Elle peux enfin fermer les yeux ,à jamais blottie au creux de ses bras
En serrant contre elle la lettre de Noël
Soulevée par les mains du ciel

Adelaide

Merci  

heart

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