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« À Montreuil nous devons faire face tous ensemble »

Publié le 21 décembre 2014 par Blanchemanche
#Austérité
GÉRALD ROSSIJEUDI, 18 DÉCEMBRE, 2014 L'HUMANITÉ
http://www.humanite.fr/montreuil-nous-devons-faire-face-tous-ensemble-560660Des centaines d’habitants ont répondu mardi soir à l’invitation du maire communiste, Patrice Bessac, qui dénonce la baisse des dotations d’État. La contestation prend de l’ampleur dans les communes d’Île-de-France et dans les régions. EELV a apporté son soutien « aux plumés ».Photo : Gilles Delbos/Ville de MontreuilPlus de trois cents personnes étaient présentes à la mairie de Montreuil.Photo : Gilles Delbos/Ville de Montreuil«Votre présence est un acte citoyen fort. Nous tenons ce soir cette réunion pas ordinaire sur le budget, dans une situation réellement exceptionnelle ; nous devons tous ensemble faire face… » Il est un peu plus de dix-neuf heures, mardi soir, dans la vaste salle des fêtes de la mairie de Montreuil. Plus de trois cents personnes sont présentes. Patrice Bessac, le maire communiste de cette localité de plus de 100 000 habitants au sud-est de Paris, « ne veut pas raconter d’histoires car les communes sont toutes face à de grandes difficultés ». Il évoque alors la purge infligée ici « par la baisse de 12,5 millions d’euros de dotations d’État, soit 24 millions cumulés sur trois ans ». Puis il précise qu’il a « apporté son soutien total à la manifestation des plumés de l’austérité », qui a regroupé élus et citoyens de Seine-Saint-Denis, le samedi précédent, sur le pavé parisien. « L’amputation pour notre ville est égale au budget nécessaire pour la rénovation de nos écoles dans les six prochaines années, ce qui aura aussi des incidences lourdes sur les métiers de la construction. » Ce même jour, la fédération patronale (FFB) a pointé « une activité du bâtiment en recul de 4,3 % et 30 000 postes détruits en 2014 » ; l’organisation déplora aussi « qu’aucune reprise ne se profile pour 2015 ».

« Certaines villes ont divisé 
par cinq leur budget culture »

Devant un auditoire particulièrement attentif, Patrice Bessac explique ensuite que si des économies ont déjà été décidées, comme « la réduction de moitié des indemnités du maire, ou encore un seul feu d’artifice dans l’année au lieu de deux, nous devrons aller au-delà. Il nous manque à ce jour encore 3,5 millions pour boucler, au plus serré, le budget qui sera soumis au conseil municipal en février. Certaines villes ont divisé par cinq leur budget culture. D’autres annoncent la fermeture d’un centre de santé, d’autres encore ont choisi de réduire les amplitudes horaires des centres de loisirs. Ici, c’est avec le plus grand nombre de citoyens que nous devrons trouver des solutions et faire des choix concrets ».Ce même soir, des militants du PCF proposent devant l’hôtel de ville de signer la pétition qu’ils viennent de lancer, intitulée « Montreuil debout contre l’austérité ». « Nous sommes la ville de France qui a la plus voté en faveur de François Hollande, mais aujourd’hui le gouvernement ajoute de la misère à la misère, alors que les actionnaires empochent les dividendes les plus élevés d’Europe après le Royaume-Uni, soit près de 41 milliards au 2e trimestre 2014 », s’emporte Marie-Françoise Sanchez. Tout en prenant acte de l’obligation d’un budget serré, elle appelle « maintenant la population à réagir. Et pour cela, nous irons dans chaque quartier pour débattre et montrer que d’autres choix peuvent être obtenus, à l’image de cette récente victoire d’une zone unique dans les transports franciliens ». Car pour la responsable locale, « avec une lutte efficace et populaire contre l’austérité nous ne laisserons pas la droite et l’extrême droite tirer profit d’un mécontentement populaire, alors que se profilent les élections départementales de mars… ».Toujours mardi, mais cette fois dans les Hauts-de-Seine, Marie-Hélène Amiable, maire communiste de Bagneux, avait convié « un conseil municipal public ». 
La dotation d’État serait dans sa commune rognée de 500 000 euros cette année et de 1 million l’an prochain, « une diminution alarmante », a écrit la maire à ses concitoyens, en rappelant qu’en 2008 « la lutte a permis de récupérer les deux millions que le gouvernement Fillon voulait supprimer ». Dans le Val-de-Marne, la mairie Front de gauche d’Ivry-sur-Seine, qui organise une nouvelle rencontre publique aujourd’hui 18 à 18 heures, a lancé un appel au personnel communal, cosigné avec la CGT et la FSU, pour « se mobiliser contre la casse programmée du service public ».

Le mouvement des Plumés 
de l’austérité s’envole

Hier matin, c’est à Grenoble que le maire Europe Écologie-les Verts, Éric Piolle, a lancé un appel contre « l’austérité imposée ». Il a souligné que pour la ville la baisse des dotations d’État s’élève à 38 millions d’euros sur quatre ans. « C’est au moins quatre écoles neuves, une fois et demie le budget annuel de l’action sociale, ou encore c’est 40 kilomètres de pistes cyclables. » Au même moment, Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux d’EELV, apportaient leur soutien au collectif Les Plumés de l’austérité. Comme quoi le mouvement se développe. Au-delà du Front de gauche et de la Seine-Saint-Denis.

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