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MANDALAY (Birmanie)

Publié le 22 décembre 2014 par Aelezig

Située sur les bords de l'Irrawaddy, Mandalay est la deuxième plus grande ville de la Birmanie, avec environ un million d'habitants (2,5 millions pour l'agglomération). Elle fut sa dernière capitale royale, entre 1860 et 1885, sous la dynastie Konbaung. On la surnommait alors la « cité des joyaux », pour son jade réputé. Elle a été détruite par des incendies successifs dans les années 1980. Partout en ville, on entend parler mandarin. En 2011, la ville compte 30, voire 40 % de Chinois. Pour la plupart, il s'agit d'immigrants qui, dans les années 1990, ont commencé à déferler depuis le Yunnan voisin. Ils viennent consolider la minorité locale sino-birmane, installée là depuis le XVIIe siècle.

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Comme la plupart des capitales birmanes, Mandalay est créée sur ordre du maître de l'époque. Le 13 février 1857, le roi Mindon fonde sa nouvelle capitale royale au pied de Mandalay Hill, afin d'accomplir une prophétie concernant la fondation d'une métropole du bouddhisme en cet endroit pour le 2400e anniversaire de cette religion.

Le plan prévoit 144 blocs carrés, centrés sur les 16 blocs du palais royal, lequel est entouré par 4 remparts de 2032 m de long et des douves de 64 m de large. Tous les 169 m se dressent des tours de garde surmontées de toitures dorées. Chaque rempart avait trois portes et cinq ponts au-dessus des douves.

Le roi fait aussi construire la pagode Kuthodaw, le Pahtan-haw Shwe Thein, les Thudhamma Zayats (salles destinées au repos et à l'enseignement) et une bibliothèque pour le canon bouddhique.

En juin 1857, le palais royal d'Amarapura est démonté et transporté à dos d'éléphants au pied de Mandalay Hill. La construction de l'ensemble palatial n'est officiellement terminée que deux ans plus tard, en 1859.

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Palais royal

Après sa chute devant les Britanniques et le départ en exil de ses derniers souverains (Thibaw Min et Supayalat) le 25 novembre 1885, la ville perd beaucoup de son importance au profit de Rangoon, bien qu'elle reste la capitale de la Haute-Birmanie. Les Britanniques la développent, comme le reste de la Birmanie, essentiellement dans l'optique de leur commerce : les chemins de fer y arrivent dès 1889, mais le premier établissement d'enseignement supérieur, Mandalay College, n'est pas établi avant 1925. Les Britanniques pillent le palais royal, dont certains objets se trouvent encore exposés aujourd'hui au Victoria and Albert Museum, le renomment Fort Dufferin et y cantonnent des troupes.

Durant cette période, Mandalay reste le centre de la culture birmane et de l'enseignement bouddhiste birman, et est considérée par les Birmans comme un symbole de leur identité. Dans l'entre-deux-guerres, elle est le point focal en Haute-Birmanie d'une série de mouvements de protestation nationaux contre la domination britannique.

Elle est occupée par les Japonais du 1er mai 1942 à mars 1945. Le palais royal, transformé en base logistique, est bombardé par les Alliés et brûle (une réplique est construite dans les années 1990.)

Après l'indépendance du pays en 1948, Mandalay reste le point d'attraction principal de la Haute-Birmanie. Jusque dans les années 1990, elle en est le centre universitaire : avant 1991, l'Université de Mandalay et l'Université de médecine de Mandalay étaient les seules de la Haute-Birmanie. Seules quelques autres villes avaient des établissements associés à l'Université de Mandalay, et qui ne couvraient qu'un nombre limité de matières. Aujourd'hui, le régime exige que les étudiants fréquentent leurs universités locales et Mandalay n'en attire plus qu'une fraction.

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Stupas du Kuthodaw

Durant le « règne » isolationniste du général Ne Win (1962-1988), les infrastructures de la ville, déjà faibles sous la domination britannique, se dégradent encore plus. Elle subit deux incendies majeurs : en mai 1981, plus de 6000 maisons et bâtiments publics sont rasés, laissant plus de 36 000 sans-abri ; le 24 mars 1984, un second incendie détruit 2700 bâtiments de plus et fait 23 000 sans-abri. (En février 2008, un incendie détruit le marché de Yadanabon, et en février 2009 un autre détruit 320 maisons...

Ces incendies entraînent des changements significatifs de l'aspect architectural et ethnique de la ville. Les terrains dévastés sont surtout achetés par les sino-birmans, refoulant les Birmans vers les banlieues. Cet afflux chinois s'accélère après la prise du pouvoir du SLORC en 1988. Les Chinois sont largement responsables de la revitalisation du centre-ville, maintenant composé d'immeubles résidentiels, d'hôtels et de galeries marchandes, et de la nouvelle importance de Mandalay comme centre de commerce entre Haute et Basse-Birmanie, Inde et Chine.

Le birman est encore la langue principale de Mandalay, mais le mandarin y est de plus en plus parlé, notamment dans les zones commerciales.

Les industries traditionnelles les plus importantes sont le tissage de la soie, la fabrication de nattes, la taille du jade (celui de Birmanie est considéré comme le meilleur du monde), de la pierre et du bois, la fabrication de statues du Bouddha en marbre ou en bois, ainsi que d'autres objets religieux comme des feuilles d'or et d'argent, l'horlogerie, le brassage de la bière et la distillation d'alcool.

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Le gouvernement birman n'autorisant l'importation que de quelques milliers de véhicules chaque année, les déplacements automobiles sont hors de prix pour la plupart de ses citoyens. La plupart se déplacent à bicyclette, en moto ou en autobus publics ou privés.

Bien que le nombre d'automobiles soit faible pour une ville d'un million d'habitants, la circulation est anarchique, à cause de la multitude de bicyclettes et de motos roulant dans tous les sens. Contrairement à Rangoon, où les motos, les trishaws et les vélos sont interdits en centre-ville, à Mandalay ils sont autorisés partout. Beaucoup de feux de signalisation sont aussi en panne, ce qui n'arrange pas les choses...

A voir un jour ?

D'après Wikipédia


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