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Technuls, les jeunes?

Publié le 23 décembre 2014 par _nicolas @BranchezVous
Technuls, les jeunes? Québec Exclusif

Avec son tout nouveau site web interactif et des formations gratuites offertes par des étudiants, le collectif Numérique Universitaire, le NU pour les intimes, veut devenir un point d’ancrage montréalais de l’univers techno. À la rescousse des jeunes technuls, le NU veut pallier les lacunes de la génération selfie.

«Les jeunes, en tout cas notre génération, on sait comment utiliser la technologie, ce n’est pas ça le problème. C’est plutôt de critiquer comment elle fonctionne.» D’entrée de jeu, Charles Rivest écorche le cliché qui dépeint ses camarades comme des pros de la techno. Conscient du chemin à parcourir, le rédacteur en chef du Numérique Universitaire veut surtout faire réfléchir. Une préoccupation partagée par ses consœurs et confrères du NU, néophytes comme technophiles.

Devant un baccalauréat trop théorique, des étudiants ont eu envie de compléter leur formation et d’outiller les jeunes pour maîtriser et comprendre les nouvelles technologies. Après plusieurs mois de gestation, le NU est né.

«À mon avis, on subit la technologie complètement. On ne sait pas d’où ça vient, on ne sait pas comment c’est construit, on ne sait pas ce qu’on peut faire avec elle. On est vraiment en position de victimes.» Étudiante en stratégies de production, Mathilde Lessard s’avoue amateur en la matière. C’est pour cette raison qu’elle s’est lancée dans l’aventure du NU : améliorer ses connaissances et créer un site original, authentique et truffé de réflexions critiques.

Devant un baccalauréat trop théorique à leur goût, des étudiants en médias numériques de l’UQAM ont eu envie de compléter leur formation et d’outiller les jeunes pour maîtriser et comprendre les nouvelles technologies. Après plusieurs mois de gestation, le NU est né.

Les sujets qui enflamment les débats au sein du collectif sont nombreux : tableaux interactifs, encyclopédie universitaire en ligne, transhumanisme et digital love. Des méfaits du multitâche à l’avant-gardisme numérique de l’industrie de la pornographie, aucun sujet n’est tabou.

Universalité

L’université étant le parfait lieu de convergence des cerveaux, il ne fallait que lever les yeux pour recruter des têtes pensantes issues d’autres branches. Quoi de mieux qu’une étudiante en éducation pour poser un regard critique l’utilisation pédagogique des tablettes comme le iPad?

Malgré sa signature uqamienne, le Numérique Universitaire se veut ouvert à tous. «Le but du NU, c’est d’aborder ces technologies qui nous touchent tous les jours de la vie, qui deviennent de plus en plus omniprésentes. Et ce n’est pas juste dans la vie des étudiants de l’UQAM, mais dans celle de tout le monde», justifie Mathilde Lessard.

L'atelier d'introduction au codage logiciel organisé par le NU en octobre dernier (Photo : NU et Sophie Courchesne).

L’atelier d’introduction au codage logiciel organisé par le NU en octobre dernier (Photo : NU et Sophie Courchesne).

Pour outiller les intéressés, des formations sont offertes, à l’image de l’introduction au codage logiciel donné au mois d’octobre par l’étudiant en médias interactifs, Jérémy Ferland. «On est outillés une fois qu’on a une interface graphique usager, mais pour développer les technologies, on n’est pas prêts à ça», avoue-t-il.

«J’aime beaucoup le fait que ce soit des étudiants qui viennent montrer ces compétences à d’autres étudiants. Je trouve qu’il y a quelque chose de super démocratique, d’un peu communautaire. Ça permet aux étudiants de montrer ce qu’ils sont capables de faire et de partager avec leurs collègues», se réjouit Sophie Courchesne, l’une des instigatrices du projet.

Décollage imminent

Modestes pour l’instant, les membres du NU veulent avant tout se faire une place dans l’offre médiatique montréalaise. «Le blogue reste festif, mais ne tombe pas dans les listes. On veut quelque chose qui a du contenu, qui a de la chair. Les 12 GIF qui représentent le plus Facebook, c’est n’est pas nous, ça», explique Maxim Potvin, bénévole au NU. Au contraire, Mathilde Lessard dépeint le collectif à contre-courant. «C’est un ricochet au mouvement de blogues en ce moment. C’est juste des buzz. Le NU, c’est comme le mouvement du slow food, mais un slow Internet», illustre-t-elle en riant.

Jérémy Ferland veut quant à lui faire connaître les nouveautés technologiques aux internautes avant même leur commercialisation. Le Myo Gesture Control Armband, bracelet qui calcule les mouvements des muscles, est le dernier gadget qui a attiré son attention. Une découverte faite via le Numérique Universitaire et qu’il veut partager à toute la communauté. «On voudrait faire une veille technologique, littéralement. Toujours être à l’avant-garde et promouvoir la nouveauté, pour que tout le monde le sache.»

Plutôt que de voir leur génération devenir des automates dont le cellulaire est une extension, les membres du Numérique Universitaire veulent former des jeunes intelligents, branchés et surtout, conscientisés.


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