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Petite bavarde

Publié le 13 janvier 2015 par Christophefaurie
On me transmet le discours d'un général. Comme plusieurs autres généraux dont on m'a parlé, il donne son avis sur l'état du pays. Hier, l'armée était "la grande muette", il ne semble plus que ce soit le cas. Le ton : "un jour ou l'autre nous devrons combattre pour notre vie". 
Le discours est présenté comme "libre de tout dogme". "Il nous faut chasser l'idéologie" dit-il. Il insiste sur la précision du vocabulaire, "ne confondons pas les mots les uns avec les autres". Mais son discours n'est pas totalement clair. En particulier, il parle de "démographie". Si je comprends bien, la population européenne (blanche), dont le taux de natalité est bas, serait menacée par l'accroissement de la population musulmane dont le credo serait l'Islam du Moyen-Age. "On sait que l'Islam confond la sphère publique et la sphère privée". 
Est-ce aussi évident que cela ? La France est un pays d'immigration, comme les USA. Elle possède un mécanisme d'assimilation extrêmement puissant. (Gérard Noiriel, sur le sujet.) C'est lui qui fournit un credo commun à la population. Du moins quand il fonctionne. C'est ce mécanisme que j'ai vu à l'oeuvre dans ma jeunesse à Argenteuil, ville de forte immigration. Quant au phénomène islamique, il est récent. La première fois que j'ai rencontré une burqa, c'était dans une boulangerie du 15ème arrondissement. Ni en Tunisie, ni au Maroc, ni à Argenteuil, je n'en avais vu. L'Islam n'est pas une religion figée, elle est ce qu'en on fait. Idem pour toutes les religions. Fort longtemps, la religion catholique a confondu privé et publique. Elle a évolué. 
Mercredi dernier, France Culture rediffusait une interview de Stéphane Charbonnier. Il désespérait de l'efficacité de ses dessins. Ils insultaient les électeurs du FN, mais ne provoquaient aucun changement de société. L'interview s'est arrêtée au moment où il disait envisager d'autres moyens d'action. Un instant je me suis demandé si, par là, il n'entendait pas l'attentat. 
Tout cela me fait penser que nous sommes au bord d'une guerre civile. Sa cause n'est pas telle ou telle idéologie, mais la souffrance de la population, chômage, conditions de vie difficiles, mais aussi manque de respect. (Le mot favori de France Culture c'est "barbarie". Mais qui sont les barbares, sinon l'immense majorité de la population ?) Surtout elle n'a plus de perspectives. Elle ne croit plus en rien. En réaction, chacun essaie de reconstituer un sens à son existence, de retrouver une identité. Parmi les solutions évidentes, il y a, selon ses origines, le nationalisme et l'Islamisme. Et ces mouvements, parce qu'ils sont menaçants, renforcent leurs opposés, qui à leur tour les encouragent. C'est comme cela qu'Hitler est arrivé au pouvoir. 
Que faut-il faire ? Je crois que le temps du débat d'idées est passé. Quand on souffre trop, on cherche des solutions radicales, on ne veut plus penser. Et il n'y a rien de plus motivant que de se sacrifier pour une cause perdue. Bref, il faut remettre la société en fonctionnement. 

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