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Attentats mais espoir

Publié le 14 janvier 2015 par Malesherbes

Les frères Kouachi ont massacré tous ceux qu’ils ont trouvés dans les locaux de Charlie Hebdo parce qu’ils les tenaient pour coupables de blasphème Ils ont également assassiné un policier, tandis que Ahmédy Coulibaly tuait une jeune femme policier municipal, parce que, pour eux  trois, les membres des forces de l’ordre étaient des obstacles à leurs crimes. Coulibaly, lui, a attaqué une supérette cacher parce que, parmi d’autres, les clients de ce magasin étaient des Juifs respectant les prescriptions alimentaires de leur religion. La plupart d’entre eux venaient effectuer des courses pour préparer le chabat qui commencerait au coucher du soleil.

L’ignominie de cette action est que les victimes de l’Hyper Cacher étaient anonymes, choisies non pas, comme les autres malheureux assassinés, pour avoir déplu aux terroristes, ou pour avoir été jugées susceptibles de leur faire obstacle, mais tout simplement parce qu’elles étaient de confession juive. C’est très exactement ce qui fut la motivation d’Allemands pendant la deuxième guerre mondiale, exterminant des millions de Juifs pour le seul crime d’être nés.

Ce qui, au milieu d’une telle horreur, suscite un peu d’espoir, c’est la réaction des autorités et du gouvernement français. Rappelons-nous ce qui s’est passé le vendredi 3 octobre 1980. Ce jour-là, un attentat terroriste visait la synagogue parisienne de la rue Copernic, faisant quatre morts et 46 blessés. Des années de recherches et d’enquête ont enfin abouti à l’extradition, le 15 novembre 2014 (vous avez bien lu, 2014), de l’organisateur présumé de cet attentat, Hassan Diab.

Lors de cet attentat de 1980, le président Giscard d'Estaing, parti à la chasse, tel Louis XVI, était resté invisible et muet. Le lendemain, lors d’une cérémonie à la synagogue Copernic, cérémonie à laquelle assistaient François Mitterrand et Simone Veil, le chef de l’État brillait toujours par son absence. De son côté, le Premier ministre, Raymond Barre, avait déclaré devant les caméras : « Cet attentat odieux a voulu frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ». Certains avaient pu croire à l’époque à un lapsus malencontreux. En fait, en mars 2007 sur France Culture, interrogé sur cette expression Français innocents, Raymond Barre engage l’échange suivant : « - parce que c’étaient des Français qui circulaient dans la rue et qui se trouvent fauchés parce que on veut faire sauter une synagogue, alors ceux qui voulaient s’en prendre aux Juifs, y z’auraient (sic) pu faire sauter la synagogue et les Juifs, mais pas du tout, ils font un attentat aveugle et y a trois Français, non juifs, c’est une réalité, non juifs, mais ça ne veut pas dire que les Juifs, eux, ne sont pas français.
– Monsieur, c’est le mot d’innocents, en l’occurrence, sur lequel je revenais. Vous dites, non juifs, c’est incontestable, pourquoi aviez-vous parlé d’innocents à ce moment-là ?
- parce que, ce qui était la caractéristique de ceux qui faisait l’attentat, c’était de châtier des juifs coupables 
». L’hypothèse d’un lapsus initial semble ici difficile à défendre.

On ne peut donc que se féliciter de l’attitude du gouvernement de notre pays laïque et saluer la déclaration du ministre Ségolène Royal lors des obsèques des victimes juives : « Chaque coup porté à un Juif français est un coup porté à la France ».


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