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La criminalité impunie des élites

Publié le 26 janvier 2015 par Christophefaurie

Quant à moi, j'ai une explication de ce phénomène un tantinet différente de la leur. Il me semble que ce qui fait la différence entre la délinquance du riche et celle du pauvre, c'est que la première se caractérise par une agression indirecte contre la société, la seconde par la violence directe faite à l'homme :

  • Plutôt que de dominant et de dominé, il faut parler de puissant et d'impuissant. Le puissant est au sommet de la société, il ordonne. L'impuissant est au bas de la pyramide, il exécute les ordres du puissant. Au passage, on notera que ce "rapport de force" est une fiction résultant d'un lavage de cerveau. Logiquement, le seul qui ait du pouvoir, qui est la capacité de faire, c'est celui du bas. C'est l'opérateur de la centrale nucléaire, qui peut déclencher un Fukushima, pas le PDG d'EDF.
  • Le "puissant" a entre les mains les lois de la société. S'il les utilise bien il peut l'amener à se vider de sa substance à son profit. Alors, le "faible", réduit à la misère, va se révolter. Et s'en prendre à d'autres pauvres, violemment. Ce sont eux qui vont demander réparation à la justice.
  • Le crime du puissant a des conséquences qui ne suscitent pas l'indignation. Il s'en prend à la société, et non à l'homme. Son crime est compliqué à comprendre, "abstrait". En outre, il est très facile à masquer sous un épouvantail (les "Juifs", "l'Islam", "l'Europe").

(Ce que je décris ici a correspond à un exemple caricatural. La violence peut venir de l'indignation de celui dont l'identité est insultée, alors qu'il a été réduit à l'impuissance "sociale".)

Pour punir le crime du puissant, la société doit faire évoluer son mécanisme d'indignation. Elle doit apprendre à modéliser finement les phénomènes sociaux. A en comprendre les causes, et les conséquences.

Une citation troublante, venant de Luc Boltanski :

Ce que partagent implicitement les membres d'une classe dominante, sous la forme d'un savoir commun qu'ils ne peuvent pas avouer aux autres - qu'ils peuvent à peine s'avouer à eux-mêmes - est que, d'un côté, il est indispensable qu'il y ait des règles, c'est-à-dire du droit, des procédures, des normes, des standards, des règlements, etc., et, de l'autre, que l'on ne peut rien faire de vraiment profitable [...], que l'on ne peut pas simplement agir, dans un monde incertain, si on suit ces règles

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