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Grèce : télescopage des interprétations

Publié le 26 janvier 2015 par Laurentarturduplessis

Torts partagés

Le peuple grec a voté contre l’austérité en donnant une majorité de 149 voix sur 300 au parti Syriza d’Aléxis Tsipras. On le comprend. L’austérité l’a plongé dans la misère. Pour autant, elle n’a pas entraîné une diminution du niveau de l’endettement public grec, au contraire : il culmine à 178% du PIB. La récession entraînée par l’austérité réduit les recettes fiscales.
La mise en place de cette austérité a été est une réaction au laxisme antérieur : dépenses publiques incontrôlées, système fiscal inefficace, corruption, surendettement…
Mais elle est intervenue beaucoup top tard. L’endettement était devenu trop important. Le remède allait tuer le malade.
Les interprétations du vote grec se télescopent.
Certains disent que c’est la révolte du peuple grec contre l’oligarchie européenne et mondialiste incarnée par la Troïka – UE, BCE et Fonds monétaire international (FMI) – qui lui a imposé cette inhumaine politique d’austérité. C’est vrai.
D’autres disent que le vote du peuple grec est irresponsable parce que la Grèce, ayant fait la cigale, ne veut pas en assumer les conséquences. C’est vrai aussi.
Les analyses se télescopent. Les situations sont paradoxales.
L’Union européenne (UE) n’aurait jamais dû absorber et intégrer dans la zone euro une Grèce dont les dysfonctionnements s’apparentaient à ceux d’un pays du Tiers-Monde. Pour les besoins de la cause, l’UE ferma les yeux sur l’état des comptes publics grecs. L’oligarchie européenne ne vit que les avantages financiers à court terme qu’elle retirerait de cette opération. Elle joua le rôle de pousse-au-crime. Elle porte une lourde responsabilité dans le désastre grec.
Encouragée par l’UE, la Grèce vécut dans l’insouciance de la cigale, finançant sa consommation par le surendettement au lieu de s’astreindre à une gestion vertueuse. En cela, elle participa fautivement au système de croissance fondée sur la consommation financée par la dette qui a conduit à la crise de 2008.

Le paradoxe allemand

L’Allemagne est le grand pays le plus réfractaire à l’économie hyperfinanciarisée à l’anglo-saxonne, celui qui se rapproche le plus des théories de l’École autrichienne par son hostilité au surendettement et à l’abus de la planche à billets installés par l’oligarchie financière mondialiste pilotant l’Occident. Mais, comme elle impose une politique d’austérité draconienne à ceux de ses partenaires européens ayant eu un comportement laxiste, le peuple grec la prend pour une émanation de l’oligarchie financière mondialiste.

À terme, le grand effondrement

La vérité, c’est que l’économie mondiale ne s’est pas remise de la crise de 2008. Les quantitative easing (QE) créateurs de gigantesques bulles financières, sont à l’œuvre au Japon, en Chine, et en Europe : la Banque centrale européenne (BCE) est en train de prendre le relais de la Banque centrale américaine (Federal reserve bank, Fed) qui a (provisoirement) arrêté d’en faire. Les QE sont une drogue qui prolonge la survie du système sans le corriger. Faisant intrusion à contretemps, les politiques d’austérité ont des effets calamiteux.
Finalement, en matière économique et financière, on ne sait plus très bien qui est qui. L’économie mondiale est dans un grand cafouillage, qui se terminera par un grand effondrement.



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