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La question délicate (et frustrante) des salaires en philanthropie

Publié le 27 janvier 2015 par Philanthropie

salaire(Ceci n’est pas un professionnel qui travaille en philanthropie)

Il y a quelques jours une porte-parole de notre organisme a publié un message sur sa page Facebook invitant les gens à participer à une campagne de levée de fonds. La réponse fut très largement positive sauf Carole qui a publié un commentaire à l’effet que trop de salaires sont versés aux employés de notre OBNL, et que certains sont trop élevés. Même si Carole a été prise en charge (voire « remise à sa place ») par la communauté de cette page Facebook, ça m’irrite.

Quiconque travaille en philanthropie expérimente occasionnellement cette situation où quelqu’un, avec une belle innocence ou parfois un manque flagrant de compréhension, s’étonne que des salaires soient versés aux gens qui font en sorte qu’un organisme caritatif réalise sa mission. Et si salaire il y a, aux yeux de bien des gens, ces derniers devraient frôler le bénévolat.

C’est un peu surréaliste comme lecture des choses, mais c’est quand même assez fréquent. Même si je peux comprendre d’où cette logique peut venir, j’avoue que ça me chicotte…pour ne pas dire que ça me désole. Si vous faites partie des salariés du milieu philanthropique, je vous offre ces réponses soumises à Carole :

« …on est pas obligé de crever de faim pour aider des gens démunis. »

« Si tu veux amasser des fonds pour ta bonne cause, ça te prend les meilleurs gestionnaires. Pis des bons gestionnaires, ça se paie à sa juste valeur. Je trouve déplorable les gens qui critiquent le salaire des gens qui sont à la tête d’organisations qui FONCTIONNENT BIEN! »

« Pourquoi les gens qui aident devraient nécessairement ne pas avoir de salaire? S’il n’y a pas d’abus … où est le problème ? C’est une noble cause et les fonds sont très bien utilisés. »

Même si Carole est en minorité sur cette page Facebook, du moins à s’exprimer, cette mentalité du « pense petit » n’est pas si marginale au Québec. J’ai même l’impression que la question salariale est plus taboue dans notre province qu’ailleurs au Canada. Heureux de constater que certains sont plus visionnaires…

Depuis maintenant 6 ans que je suis en philanthropie, une chose me semble indéniable : la performance d’un organisme caritatif est directement proportionnelle à la qualité des gens qui y travaillent. Le succès demande de la bonne planification stratégique, du savoir-faire pour exécuter la stratégie, de la créativité, des qualités interpersonnelles, énormément de motivation et toutes ces choses ont une belle valeur sur le marché de l’emploi.

Comment le milieu philanthropique pourra-t-il croître sans admettre que l’excellence a un prix, même en philanthropie ? Selon moi il faut valoriser et rémunérer adéquatement les professionnels dévoués qui y travaillent déjà, et en attirer d’autres qui ne peuvent se permettre les réductions de salaires que la philanthropie impose. Ne rêvons pas en couleur, les salaires et les bénéfices marginaux seront toujours plus petits en philanthropie. Mais espérons que les écarts se réduiront … à condition, bien entendu, que la performance soit toujours au rendez-vous.



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