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Israël, du peuple saint à l'entité criminelle. Perversion d'un idéal.

Publié le 28 mai 2008 par R-Sistons


   Ein Gedi botanical garden
   Photos de Kibbutz Ein Gedi, Ein Gedi
   Ein Gedi botanical garden
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Mes amis,
Quand on reçoit un  texte comme celui que je joins, dû à l'admirable journaliste Silvia Cattori, on ne peut faire qu'une chose : reprendre sa plume. Et s'exprimer. Qui ne se sent pas concerné par Israël, au coeur de toutes les problématiques, à la base des principales orientations de notre société, au centre de tous les conflits présents et à venir, sinon l'instigateur essentiel ?
Lorque je songe à Israël, et aux Juifs d'une façons générale, toutes sortes d'images contradictoires me viennent à l'esprit. D'abord, le père de ma mère était Juif, de ce fait le quart de mon sang serait Juif, et peut-être serai-je pleinemant juive si effectivement la judéïté se transmet par le père, et non par la mère, dans un seul pays : La Russie. Un responsable de l'Eglise protestante a dit un jour à la "born again" que je suis (littéralement, "née de nouveau", en Christ, par le baptême d'eau purificateur, à l'âge adulte, et de l' Esprit Saint; je me suis convertie dans les milieux évangéliques voici une trentaine d'année, milieux que je ne fréquente plus car ils sont le plus souvent sectaires et réactionnaires; j'en ai juste gardé la foi vivante): " Quel privilège ! Tu es à la fois fille d'Abraham et disciple du Christ ".
Le mot privilège, soit dit en passant, est l'un des mots que je déteste le plus. Dans mon enfance, j'ai vécu cette notion de plein fouet, d'abord en raison du milieu social où je suis née, la haute bourgeoisie, mais aussi par mon histoire personnelle : J'étais un bébé si laid à la naissance, que ma mère a préféré, "privilégié", ma jolie soeur blonde(Quelques années avant sa mort, à 88 ans,  elle m'a dit : " je te demande pardon d'avoir préféré ta soeur, finalement c'était toi la plus gentille"). Ce qui explique ensuite, avec mai 68, les engagements qui ont été les miens jusqu'à aujourd'hui : Le combat contre tous les privilèges, surtout celui de l'argent, et le choix des faibles, des opprimés, des David contre les Goliath.
C'est ainsi qu'aujourd'hui je défends d'abord les Palestiniens, victimes d'une politique d'extermination abominable qui ne dit pas son nom. D'ailleurs, mon amie préférée est Palestinienne, mariée à un Indien du Canada, lorsque je les ai connus à Marseille - ils étaient mes voisins - ,je leur ai dit : " Vous êtes un couple mythique pour moi, toi Iman parce que tu es née dans la Palestine occupée, et toi Patrice parce que fils du vent, issu d'un peuple sage entre tous.
A l'âge de vingt ans, ma mère m'a appris que sa famille était Juive, parce que j'avais une amie juive qui m'emmenait avec elle danser au club de la synagogue de Neuilly, ouvert à tous. Et, petite, au cours Hattemer, j'avais une copine qui avait hésité longtemps à me dire qu'elle était juive, de peur de me perdre. A partir de ce moment-là, naquit en moi une sympathie instinctive pour ce peuple mal aimé et persécuté.  Je ne pouvais admettre qu'on soit rejeté, et surtout à cause de ses origines. Déjà soeur des opprimés et des mal-aimés !
Mon souvenir suivant fut une révolte. Je venais de me convertir, et j'aimais regarder les émissions religieuses du dimanche. Ne supportant pas les privilèges, je ne comprenais pas pourquoi l'émission Judaïca durait 45 mn, alors qu'il y avait six cent mille Juifs en France, et l'émission Islam trente minutes, alors qu'il y avait dix fois plus de Musulmans. Ce sentiment d'injustice m'a toujours poursuivie.
Puis vint un épisode terrible : Je discutais avec une chef d'entreprise juive, qui venait de m'annoncer que mon attachement aux Tsiganes était lié à mes origines, lorsque soudain la conversation dévia. Et je lui dis très exactement ceci : " Je fais confiance aux Juifs, ils ont des principes, des valeurs ". Elle me répondit en criant devant tout le monde (nous étions Place de Lentche à Marseille, devant le théâtre) : " Vous avez tort, les Juifs sont les plus grands voleurs de la terre ".
Peu de temps après commença l'Intifada, la tragédie de Jénine, etc. 
Et je choisis mon camp : Celui des David armés de pierres, contre le puissant Goliath surarmé, "voleur", prédateur. Naturellement. Toute mon histoire personnelle m'y avait préparé.

palestine1.jpghttp://eldiablo.over-blog.org
Ensuite, je suis allée d'indignation en indignation. Et pourtant, j'avais un faible pour la partie hébraïque de la Bible. Outre le poétique et sensuel Cantique des Cantiques et les Psaumes de consolation, il y avait les magnifiques Proverbes, toute cette Sagesse, et surtout.... les prophètes. Dénonçant les puissants, l'injustice, le péché. D'ailleurs, au cours d'une réunion de l'Assemblée des Hommes d'Affaires du Plein Evangile (Catholiques ou Protestants, ils se réunissent une fois par mois un peu partout dans le monde entier, pour témoigner des changements intervenus dans leur vie à partir de leur conversion), l'orateur du jour, un pasteur évangélique suisse, annonça que Dieu m'avait choisie pour être Prophète, ce que le pasteur alsacien, Protestant Réformé,  à côté de lui, devait confirmer. Il faut savoir que dans chaque assemblée évangélique, il y a ceux qui ont le talent d'enseigner, ceux qui ont des dons pour le chant, etc, et aussi ceux qui sont particulièrement "inspirés", les prophètes, à l'écoute de la Parole de Sagesse, et la répercutant.
Ce qui caractérise avant tout les "Prophètes", c'est leur souci de Justice, et leur grande sensibilité. Le gl de Gaulle était prophétique, quand, inspiré, il décida de résister au Mal ambiant. Et partit organiser la résistance à l'étranger.

Et précisément parce que j'ai un sens aigu de la Justice, un "fardeau" particulier pour les opprimés, les exclus, les rejetés, les victimes - j'ai ressenti avec acuité les souffrances du peuple Palestinien, en proie aux pires abominations. Et de la part de ceux qui, avant eux, ont vécu l'intolérable. Ceci est un grand mystère. Je ne vois pour ma part qu'une explication : Ceux qui ont particulièrement souffert ont toujours besoin, ensuite, de se venger sur un bouc-émissaire - innocent. Comme l'agneau de Dieu était offert en sacrifice vivant pour expier les péchés.
Mon propos, aujourd'hui, n'est pas de parler de la révoltante souffrance du peuple Palestinien, emmuré vivant, humilié, dépouillé, volé, spolié, massacré... ce qui m'intéresse, c'est ce qu'est devenu le peuple élu de Dieu, celui de qui, en raison même de son élection, on attendait plus en termes d'éthique.

   Israël, du peuple saint à l'entité criminelle. Perversion d'un idéal. 
  Dessin de Benjamin HEINE,
http://irancartoon.com (ainsi que les suivants)

Je suis stupéfiée, je suis horrifiée. Avec fierté, les juifs déclarent qu'ils ont l'armée la plus morale du monde, qu'ils sont les plus intelligents, les plus brillants - et peut-être est-ce pour cela, d'ailleurs, qu'ils sont partout aux commandes, aux postes clefs, notamment dans les sphères du pouvoir financier, militaire, médiatique, etc. En même temps, combien de fois les ai-je entendu dire, même à la télévision : " Le monde nous hait. Tout le monde nous déteste ". Et chaque fois que j'entends ça, je me dis en effet : " Que font-ils pour être aimés ? Ils restent entre eux, ne se mêlent pas aux autres, sauf exception notable comme à Neuilly, ils sont (je cite de Gaulle) "sûrs d'eux et dominateurs", et surtout ils mènent une politique scandaleuse, et même criminelle ".
A ce peuple "élu" , on doit, me semble-t-il, plusieurs choses. 
D'abord, leur religion est celle sur laquelle toutes les autres ont été bâties, chrétienne, musulmane, foi Baha'i... Ce sont les Pères des religions monothéistes : Ils croient en un Dieu unique. D'Abraham sont nés les Sémites, les deux branches d'où sont sortis d'abord les Juifs, ensuite, plus tard, les Musulmans. Oui, Juifs et Musulmans ont une origine paternelle, en Abraham, commune. Je rêve d'une religion commune universelle, voici ce qui pourrait en être le support. Quant à Jésus, il est Juif. Ainsi, les racines juives de chacun sont-elles évidentes. 
Ensuite, lorsque le peuple itinérant, persécuté (comme les Tsiganes !), trouva un foyer où se réunir, il bâtit une société métissée, multicolore, multiraciale, et pour la citoyenne du monde que je suis - peut-être parce que j'ai du sang à la fois Français, Russe, mongol, catholique, orthodoxe, juif - ce melting-pot est en soi un exemple de tolérance à suivre, même si malheureusement, aujourd'hui, il a dégénéré en de multiples racismes et exclusions.
Et puis,  à peine installé sur la terre-refuge convoitée, les Juifs bâtirent une société modèle, généreuse, collective, où tout était mis en commun et partagé. Vous l'avez compris, je veux parler des kibboutz. L'idéal communautaire de tant d'âmes généreuses disséminées dans le monde, voyait ici le jour, porté par des milliers d'individus ivres de justice et de joie.
Enfin, je suis toujours émerveillée par la quantité de Justes que ce peuple a engendrés, de grands révolutionnaires, de "prophètes", de penseurs (comme  Hanah Arendt), de meneurs, de politiciens (comme Mendès-France), de militants (comme Roni Brauman). Encore aujourd'hui, un homme comme M. Hessel incarne le versant sage, juste, éthique, de cette nation abrahamique. 
Mais en même temps, ce peuple éparpillé qui a su, au milieu de mille souffrances, rester soudé et créatif, a engendré une sorte d'entité monstrueuse. A partir de la Shoah, doublement néfaste : D'abord en tant qu'événement historique, en tant que tragédie humaine, bien sûr; ensuite en tant que Mémoire castratrice, sclérosante, aliénante. La Shoah a tué six millions de Juifs (peu importe le chiffre exact, un seul tué est de trop), et elle a tué les Juifs. Parce qu'ils sont aujourd'hui maladivement, pathologiquement, attachés à cet événement douloureux, comme s'il était leur SEULE identité, et qu'ils l'instrumentalisent à des fins égoïstes, prédatrices, impérialistes, criminelles.

   Israël, du peuple saint à l'entité criminelle. Perversion d'un idéal.

La terre sainte est devenue la terre du diable, une terre d'injustices, de vols, de racisme, de meurtres, de mensonges (ainsi, la possession de l'arme nucléaire non reconnue, et celui qui a dit la vérité, l'a payé et continue à le payer encore aujourd'hui), de sang.

L'idéal démocratique s'est perverti. Miné à la base par les souffrances infligées aux Palestiniens, ce peuple qui pourtant n'était pas responsable des malheurs des Juifs. Miné par le racisme. Miné par le militaire - et les dépenses militaires. Miné par la violence prédatrice. Miné par les mensonges et les injustices. Miné par les inégalités sociales. Miné par toutes sortes de rigidités. Miné par l'intolérance. Miné par les fanatismes, les sectarismes, les extrémismes. Miné par la haine de l'Arabe, et du voisin Palestinien. Miné  par l'orgueil. Miné par le souvenir de la Shoah. Miné par la peur. Miné par le repliement sur soi. Miné par le dégoût inspiré aux nations étrangères. Miné par son avidité sans fin. Miné par sa soif de puissance. Miné par son besoin de domination.  Miné par son idéologie sioniste. Miné par ses excès. Miné par ses pesanteurs fascistes.
Ainsi, peu à peu Israël s'est-il transformé en entité monstrueuse, hostile, prédatrice, criminelle, générant terreur, larmes, mort. Jamais repue, jamais satisfaite. Véritable pieuvre essaimant dans le monde entier, dans le sang avec Tsahal, dans le contrôle avec le Mossad, yeux et regards omiprésents, omnipotents. Etendant ses tentacules dans tous les secteurs, tous les domaines, tous les pays, tous les partis, tous les centres névralgiques déterminant la politique du monde, à travers les médias, par exemple, les banques, la Finance,  le droit de véto à l'ONU par Etats-Unis interposés, la direction des instances politiques décisives, comme le FMI, ou même la charge de certains pays, comme la France avec Sarkozy, dévoué valet du CRIF.... S'accordant tous les droits, s'exonérant de tous les devoirs, violant tous les lois, les règles... bâtissant un peu partout des murs, des miradores, des prisons, formant les secteurs les plus répressifs, les unités militaires, frayant avec les pires criminels ou potentats, installant  des dictatures, des pouvoirs corrompus, injustes, pactisant avec le diable sud-africain du temps de l'Apartheid et même le soutenant, assassinant, enlevant, terrorisant, balkanisant, supprimant, exterminant, provoquant guerres et conflits... Et l'attentat ciblé de Raoul Reyes, c'était qui ? La liste est trop longue, jalonnée de sang, de meurtres, de malheurs, de crimes....
Est-ce que la peur, injustifiée (vu la suprématie militaire et l'appui des américains) de perdre son territoire, peut entraîner les pires exactions, les pires débordements, et même des projets d'extermination de populations et dé régions entières ? Et par exemple, la Palestine, l'Irak, bientôt l'Iran, le Liban, la Syrie, peut-être un jour aussi, ensuite, la Russie, la Chine... quitte à faire le vide partout ?

Comment un peuple meurtri dans sa chair, son sang, son âme, peut-il ensuite nourrir des projets de domination, d'hégémonie, de prédation, d'eugénisme, d'extermination ? Commment un peuple qui s'enorgueillit d'avoir l'armée la plus morale du monde et une éthique irréprochable, peut-il concevoir et mettre en place autant de crimes abominables ?

Comment un peuple ayant été captif, peut-il enfermer tout un peuple dans une prison à ciel ouvert ? Comment un peuple remarquable par l'intelligence et la créativité, et ayant tant souffert, peut-il à ce point dégénérer ? Et pour avoir toujours plus de territoire, d'argent, de pouvoir... Comment peut-il se réclamer ensuite de Dieu, ou de l'éthique, sans honte ?
Autant de questions que je voulais poser, après avoir lu le post de Silvia Cattori.

palasten.jpg
http://chahids.over-blog.com 
Est-ce que le passé peut à ce point emprisonner, et empoisonner,  aussi longtemps, le présent  ? Est-ce que la prison infligée aux Palestiniens ne finit pas par devenir l'enfermement du peuple israélien,  d'abord en lui-même, en une logique castratrice, redoutable aux yeux du monde, ensuite aux yeux de toute l'humanité ?
Israël, du peuple saint à l'entité criminelle. Perversion d'un idéal.
Le gouvernement fédéral US aurait plus de 100.000 (?) wagons de transport de prisonniers (en stock ou/et en commande) - Gageons que ce projet d'enfermement est conçu avec les agents israéliens eux-mêmes ! (voir mes articles dans ce blog)

http://artemisia-college.org/O_ugrave__vont_les_USA__-00-050-01-0189-01.html
Et si la tragédie des uns, voici 60 ans, sonnait  le glas du peuple Juif, par ses excès mêmes ? Les projets fous de destabilisation et de destruction ne finissent-ils pas, tôt ou tard, par se retourner contre leurs auteurs ? A force de tenter le diable, il arrive. Et il est permis de se demander si tout cela, à terme, plus tôt qu'on ne l'imagine, ne sonnerait pas le glas de l'humanité, ou tout au moins, de la civilisation ?
Votre Eva

   Israël, du peuple saint à l'entité criminelle. Perversion d'un idéal.
TAGS : Prison, Juif, Israël, génocide, holocauste, "shoah", civilisation, cours Hattemer, synagogue, Neuilly, mai 68, Musulmans, Foi Baha'i, Chrétiens, Evangéliques, Musulmans, totalitarisme, démocratie, prison, fascisme, guerres, Palestiniens, prisons  USA, Raoul Reyes, Iran, Irak, Syrie, Liban, Dieu, le diable, Raoul Reyes, murs, civilisation, Shoah, Russie, Chine, FMI, ONU, Srakozy, France, Crif, Sarkozy, Kibboutz,  mossad, M. Hessel, Mendès-France, Hannah Arendt, Roni Brauman...

Voir mon post précédent :

ISRAËL DIRIGE-T-IL LES ETATS-UNIS ?
http://www.come4news.com/isra-l-dirige-t-il-les-etats-unis-342267UNIS ?

_______________________________________________________________________________________

Dès lors que c’est la survie du peuple juif qui est en question, il n’y a pas de place
pour la morale
(*)

OPINION PAR YEHEZKEL DROR (**), IN THE FORWARD (ETATS-UNIS), JEUDI 15 MAI 2008

mardi 27 mai 2008, par Sylvia


Israël, peuple saint l'entité criminelle. Perversion d'un idéal. Israël, peuple saint l'entité criminelle. Perversion d'un idéal. Israël, peuple saint l'entité criminelle. Perversion d'un idéal.

(Tout citoyen qui aspire à la justice et à la paix doit prendre conscience de ce que certains stratèges militaires et politiques n’hésitent pas à envisager et à préparer, au nom de la « sécurité » d’Israël. L’Etat d’Israël, se construit sur des terres arabes, leur vole leurs puits, poursuit continuellement son expansion en construisant de nouvelles colonies et, ensuite, il imagine, avec ses amis en Occident, des stratégies pour massacrer les peuples qu’il humilie, en Palestine, au Liban, en Syrie, si ceux-ci cherchent à se défendre ! Le texte que vous pouvez lire ici, écrit par un politologue et stratège israélien, enseignant à l’Université hébraïque de Jérusalem, est vraiment impressionnant. Il nous donne d’importantes indications sur l’actuelle vision politique et stratégique d’Israël, et les fondements de sa doctrine politique au niveau mondial. Il proclame ouvertement le droit d’Israël à s’exonérer des préceptes moraux de la commune humanité. Et il appelle « tout dirigeant juif, toute organisation juive, toute communauté juive et tout individu juif » à en faire de même. Cela fait froid dans le dos.

Silvia Cattori

"Peu de gens disconviennent du fait que tout dirigeant juif, toute organisation juive, toute communauté juive et tout individu juif a pour devoir de contribuer à assurer la continuité du peuple juif. Mais, dans un monde où l’existence à long-terme de l’Etat juif est loin d’être garantie, l’impératif d’exister donne lieu, inévitablement, à de difficiles questions, dont la principale est celle-ci : quand la survie du peuple juif entre en conflit avec la morale du peuple juif, son existence en vaut-elle la chandelle, ou même, cette existence est-elle possible ?

L’existence physique, aurais-je tendance à arguer, doit être première. Aussi morale une société aspire-t-elle à être, l’existence physique est nécessairement un préalable.

Des dangers manifestes, tant internes qu’extérieurs, menacent l’existence-même d’Israël en tant qu’Etat juif. Il est très vraisemblable que l’effondrement d’Israël ou la perte par l’Etat d’Israël de son identité juive aurait pour effet de saper l’existence du peuple juif dans son ensemble. Et même en l’existence d’un Etat juif, des dangers, moins évidents mais non moins fatals, menacent l’existence durable dans le long-terme de la diaspora. Quand les nécessités de l’existence entrent en conflit avec d’autres valeurs, par conséquent, la realpolitik devrait se voir accorder la priorité. Depuis la menace d’un conflit désastreux avec des actants islamistes tel l’Iran, jusqu’à la nécessité de maintenir des distinguos entre « nous » et « les autres » afin de limiter l’assimilation, cet impératif devrait servir de guide aux décideurs politiques.

Regrettablement, l’histoire humaine rejette l’affirmation idéaliste voulant que, pour vivre longtemps, un Etat, une société ou un peuple se doit d’être moral. Etant donné les réalités prévisibles du 21ème siècle et au-delà, des choix cornéliens sont inévitables, dans lesquels les nécessités de l’existence contredisent, bien souvent, d’autres valeurs importantes.

D’aucuns pourraient arguer que faire de l’existence la priorité pourrait être contreproductif en termes d’existence-même, car ce qui peut être considéré comme une action immorale peut saper le soutien, tant interne qu’extérieur, essentiel à l’existence [de l’Etat d’Israël]. Toutefois, la logique propre à la realpolitik donne la primauté à l’existence, ne laissant qu’une place minorée à de quelconques considérations éthiques. La triste réalité, c’est que le peuple juif risque d’être confronté à des choix tragiques, dans lesquels d’importantes valeurs doivent être sacrifiées, dans l’intérêt de valeurs encore plus importantes.

Des décisions qui soient responsables, dans de telles situations difficiles, requièrent une prise de connaissance sans ambiguïté des questions morales en cause, en soupesant avec soin toutes les valeurs et toutes les assomptions de responsabilité dans la formation de son propre jugement autonome. Ces décisions exigent aussi un effort pour réduire autant qu’il est possible la violation de valeurs morales.

Néanmoins, confronté à de tels dilemmes, le peuple juif ne doit pas se laisser obnubiler par le politiquement correct, ni par d’autres modes susceptibles de faire obstacle à la pensée. Quand il s’agit de la Chine, par exemple, certains efforts visant à renforcer les liens entre la superpuissance chinoise en puissance et le peuple juif devraient imposer une sourdine aux campagnes bien-intentionnées visant à interférer dans la politique intérieure de Pékin, notamment dans sa manière de gérer le Tibet. Il en va de même pour la Turquie : étant donné le rôle crucial de pacificateur que joue ce pays au Moyen-Orient, le débat autour de la question de savoir si les Ottomans ont commis (ou non) des atrocités contre les Arméniens doit être laissé aux historiens, et de préférence à des historiens non-juifs.

Cela, non pas nécessairement afin de soutenir la politique chinoise, ni pour dénier l’histoire arménienne. Non : il s’agit, bien davantage, de reconnaître qu’aussi morales ces prises de position peuvent (ou ne peuvent pas) être, le peuple juif doit donner la primauté à l’existence.

Ce qui est requis, c’est une évaluation a priori des valeurs, afin de disposer de guides tout prêts pour former un jugement dans des contextes spécifiques, ou dans des conditions de crise. La question, plus globalement, est de savoir si l’impératif, pour le peuple juif, d’exister, est un impératif catégorique surpassant la quasi-totalité des autres valeurs, ou bien s’il s’agit d’un impératif parmi beaucoup d’autres impératifs de rang similaire. Etant donné tant l’histoire que la situation actuelle du peuple juif, j’aurais tendance à soutenir que l’impératif de garantir son existence est un devoir moral impératif, qui préside à tous les autres.

Laissons de côté le recours à des arguments transcendantaux, aux commandements bibliques et aux paroles des sages, qui sont, tous les uns autant que les autres, ouverts à diverses interprétations. La justification de la priorité qui doit être accordée aux nécessités de l’existence est quadruple :

Primo, le peuple juif a un droit inhérent à exister, exactement comme n’importe quel autre peuple ou n’importe quelle autre civilisation.

Secundo, un peuple qui a été régulièrement persécuté depuis deux mille ans est moralement fondé, en termes de justice distributive, à être particulièrement impitoyable lorsqu’il s’agit pour lui de prendre soin de son existence, notamment en matière de droit moral, que dis-je, de devoir, de tuer et d’être tué, si cela est essentiel pour garantir son existence - fusse au prix d’autres valeurs, et d’autres personnes. Cet argument est d’autant plus imparable, à la lumière des tueries sans précédent, voici seulement quelques décennies, d’un tiers du peuple juif - un crime de masse qui a été soutenu directement et indirectement, ou tout du moins, qui n’a pas été empêché, quand cela aurait été possible, par de larges segments du monde civilisé.

Tertio, étant données l’histoire du judaïsme et l’histoire du peuple juif, il y a de fortes chances que nous allons continuer à apporter des contributions éthiques particulièrement nécessaires à l’humanité. Toutefois, pour pouvoir le faire, nous avons besoin d’une existence stable.

Quarto, l’Etat d’Israël est le seul pays démocratique dont l’existence-même est mise en danger par des acteurs profondément hostiles, sans, là encore, que le monde prenne les contremesures décisives qui s’imposent. Cela justifie - que dis-je, cela implique - des mesures qui non seulement seraient inutiles, mais qui seraient même potentiellement immorale dans des circonstances autres.

Le peuple juif doit accorder beaucoup plus de poids à l’impératif qui est le sien, de garantir sa survie, qu’à toute autre valeur. Il y a, bien entendu, des limites ; rien ne saurait justifier la mise en branle d’un génocide. Mais, à part de rares exceptions, où être tué est détruit est préférable à la transgression de normes absolues et totales, l’existence du peuple juif, y compris celle de l’Etat d’Israël, doit être considérée comme la première des priorités.

Ainsi, si la sécurité d’Israël est renforcée de manière significative par de bonnes relations avec la Turquie et avec la Chine, d’aucuns arguent que la Turquie est coupable de génocide, dans le passé, contre les Arméniens, et que la Chine, aujourd’hui, est en train de réprimer des Tibétains et son opposition interne et que les dirigeants et les organisations juifs doivent soutenir la Turquie et la Chine, ou au minimum rester neutres en ce qui concerne les affaires intérieures de ces deux pays. Au minimum, les dirigeants juifs ne doivent pas se joindre au chœur des acteurs libéraux et humanitaires qui condamnent et la Turquie, et la Chine.

De la même manière, les dirigeants juifs doivent soutenir les mesures très dures prises contre des terroristes qui, potentiellement, mettent des juifs en danger, fusse au prix de violations des droits de l’homme et du droit humanitaire international. Et si la menace est suffisamment grave, le recours à des armes de destruction massive par Israël serait justifié, dès lors qu’il serait manifestement nécessaire afin d’assurer la survie de l’Etat, quelque important que soit le nombre énorme des victimes civiles innocentes que l’on aurait à déplorer.

A n’en pas douter, le débat est largement ouvert sur la question de savoir ce qui est véritablement nécessaire à l’existence. Le fait de donner la priorité à l’impératif d’exister n’implique pas nécessairement que l’on soutienne de A jusqu’à Z la politique d’Israël. De fait, c’est l’inverse qui est vrai : les dirigeants, les organisations et les individus de la diaspora ont le devoir de critiquer la politique israélienne, qui, de leur point de vue, met en danger l’Etat juif et l’existence du peuple juif. Ils ont aussi le devoir de proposer des politiques alternatives garantissant l’existence (du peuple juif).

Mais, en fin de compte, il n’y a aucun moyen de contourner les implications pratiques, impitoyables et douloureuses, du fait de donner la priorité à l’existence, en tant que norme morale supérieure, sur le fait d’être moral par d’autres aspects. Quand cela est important pour l’existence (du peuple juif), la violation des droits d’autrui doit être acceptée, avec regret, certes, mais avec détermination. Le soutien (ou la condamnation) de divers pays et de leurs politiques respectives doit être tranché, avant toute chose, à la lumière des conséquences probables [de ce jugement] pour l’existence du peuple juif.

En résumé : les impératifs de l’existence doivent se voir accorder la priorité sur d’autres considérations - aussi importantes soient-elles - dont les valeurs progressistes et humaines, ou encore le soutien des droits de l’homme et de la démocratisation.

Cette conclusion tragique, mais néanmoins finale, n’est pas facile à avaler, mais elle est essentielle pour le futur du peuple juif. Une fois notre existence garantie, ce qui inclut la sécurité fondamentale d’Israël, beaucoup peut - et doit - être sacrifié sur l’autel du tikkun olam [héb. : « réparation du monde », ndt]. Mais étant donné les réalités présentes et le futur prévisible, la garantie de l’existence est la priorité des priorités."

Yehezkel Dror 15 mai 2008

Israël, peuple saint l'entité criminelle. Perversion d'un idéal.P.S.

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