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Le bassin d'Arcachon est redevenue l’exceptionnelle nurserie

Publié le 27 janvier 2015 par Blanchemanche
#ostreiculture

Le bassin d’Arcachon a connu cet été un captage important avec 22 000 naissains par tuile. La météo estivale y est pour beaucoup, mais pas seulement.


Le bassin d'Arcachon est redevenue l’exceptionnelle nurserie
23 millions de coupelles et 1,69 million de tuiles chaulées ont été posées l’été dernier par les ostréiculteurs dans les parcs de captage du Bassin.
© PHOTO PHOTO ARCHIVES FRANCK PERROGON


Après de terribles années (de 2007 à 2011), le Bassin est redevenu l'exceptionnelle nurserie qu'il avait toujours été, le premier centre naisseur d'Europe, l'écrin idéal pour la reproduction de l'huître.En effet, depuis l'été 2012, le captage du naissain (c'est-à-dire des petites huîtres), est redevenu abondant et il a même été extrêmement important cet été.
  • 22 000 naissains par tuile chaulée
Le rapport sur la reproduction de l'huître creuse dans le Bassin (1) publié comme chaque année par les chercheurs arcachonnais de l'Institut Français pour la recherche et l'Exploration de la Mer (Ifremer) le démontre. Le texte parle d'un « captage très élevé à la fin de la saison de reproduction (environ 22 000 naissains par tuile) ».Pour bien comprendre, revenons quelques années en arrière et comparons. En moyenne, 63 naissains par tuile en 2007, 129 en 2009, 201 en 2011, 3 500 en 2012, et 6 236 en 2013. 2014 dépasse même le chiffre record de 2003 (20 920).
  • Tout concourait à un bon captage
Les captages 2012 et 2013 avaient aussi été très bons, même s'ils n'avaient pas atteint les mêmes chiffres.Est-ce parce que cet été les huîtres ont bien plus pondu qu'en 2012 et 2013 ? L'effort de reproduction des huîtres dépend de deux facteurs : la température de l'eau, qui déclenche le processus, et la maturation des huîtres, liée à la nourriture disponible.« En 2014, la température de l'eau a été plus chaude que la normale de février à avril et en juin, et inférieure à la médiane en mai, nous dit le rapport. Les populations de géniteurs ont donc subi des températures globalement élevées par rapport à la normale. »Ensuite, « au printemps 2014, la biomasse phytoplanctonique (teneurs moyennes en chlorophylle) a présenté des valeurs supérieures aux normales en mars, avril et juin et plutôt faibles en février et en mai. »Que conclue le rapport ? « Que l'accumulation de réserves était plutôt supérieure à la normale, conduisant à une bonne fécondité des huîtres ».Sauf que l‘indice de maturation des huîtres ne l'a pas reflété : « Il est possible que les teneurs en chlorophylle rendent mal compte de la quantité de nourriture réellement disponible. Il est aussi possible que la qualité de la nourriture disponible pour les géniteurs intervienne. »
  • Les huîtres ont-elles bien pondu ?
De très petites pontes ont été mises en évidence dès la fin du mois de juin. Puis, une première ponte, qui constitue le frai principal de l'été, a eu lieu aux alentours du 20 juillet, sur tous les sites.Une deuxième ponte, de moindre ampleur que la précédente, a été observée au début de la seconde décade du mois d'août. Enfin, une très petite ponte a été détectée au tout début du mois de septembre.Ces pontes n'ont pas été extraordinaires, malgré, comme on l'a écrit plus haut, des conditions quasi optimales. « Il semble que les pontes des huîtres du Bassin sont à la fois plus tardives et de moindre intensité depuis quelques années », écrivent les chercheurs. Des études sont en cours avec l'université pour expliquer ce phénomène.
  • L'eau est chaude, la larve survit
Alors pourquoi le captage est-il si bon ? D'abord parce que les conditions de la survie des larves d'huîtres, lâchées dans l'eau du Bassin, ont été très bonnes cet été. Celle-ci s'explique en grande partie par la température de l'eau. Par exemple, la chute brutale de la température de l'eau en juillet 2011 a ainsi décimé le peu de larves pondues dans le Bassin.Dans le secteur est, la cohorte larvaire significative a présenté une assez bonne survie : 3,04 % entre les stades petite et moyenne et 0,17 % entre les stades petite et fixation sur les collecteurs des ostréiculteurs. Sauf que cela n'explique pas un captage aussi abondant.
  •  La lentille d'eau venue de l'estuaire
Les chercheurs d'Ifremer se sont donc interrogés et ont trouvé une explication. « Au cours de la deuxième quinzaine d'août, des milliers de larves en fixation ont été dénombrées, ce pic apparaissant trop précocement après le second épisode de ponte à Arcachon pour qu'il puisse s'agir de la même cohorte ». Et puis ces larves présentaient des tailles et des couleurs assez différentes. Que s'est-il passé ?« La seule explication plausible à ce phénomène est celle d'une entrée dans le Bassin de larves provenant d'un autre site, écrivent les chercheurs. En effet, la taille importante de ces larves semble indiquer qu'elles sont plus âgées que celles originaires du Bassin. »Et voilà d'où elles viennent : « Les courants nord sud observés à cette période et l'existence d'une lentille d'eau provenant de l'estuaire de la Gironde, et descendant du 10 au 12 août le long de la côte suggèrent la possible provenance de ces larves de l'estuaire de la Gironde. Elles auraient ainsi séjourné en mer ouverte avant de parvenir au Bassin. »Et expliquant ainsi cet exceptionnel captage 2014…(1) « Reproduction de l'huître creuse dans le bassin d'Arcachon. Année 2014 », par Isabelle Auby, Danièle Maurer, Sarah Passoni, Claire Méteigner Loïc Rigouin, Myriam Perrière-Rumèbe, Marie-Pierre Tournaire.Publié le 27/01/2015 par  atsourishttp://www.sudouest.fr/2015/01/27/le-bassin-est-redevenue-l-exceptionnelle-nurserie-1810285-2733.php#

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