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Marathon de Bordeaux 2015 : les mots bleus

Publié le 28 janvier 2015 par Emmanuel S. @auxangesetc

La semaine dernière, ami marathonien girondin, je t'ai expliqué comment tu devais choisir ton objectif et ton p lan d'entraînement pour le marathon de Bordeaux 2015 (clic). Tu ne m'as pas remercié, tu es ingrat, et si ça se trouve, t'es moche. Je ne t'en veux pas, je sais ce que c'est.

Mon conseil du jour sera pour ta plume, pas celle que tu vas perdre sur le macadam de ton calvaire, celle que tu vas tremper dans l'encrier de ton clavier pour en sublimer ton r écit du marathon de Bordeaux 2015. C'est beau ce que j'écris. La poésie est un art, ne cherche pas à m'imiter. Moi-même je souffre de la comparaison avec Rimbaud et Baudelaire, alors épargne-toi cette souffrance.

Ton histoire du marathon de Bordeaux 2015 ? Il était une fois dans le sud-ouest. Comme tout le monde bipédique, ami coureur, tu vas vouloir relater à tes amis, à ta famille, à ta future veuve, aux internautes égarés par GOOGLE, toutes les étapes de ton cammīnus vers le Golgotha. C'est long un chemin de croix, le peupler de mots ne changera rien à ta passion, mais si tu insistes, je vais fournir quelques clous à ton cercueil.

Epargne-moi l' encylopédie de toi, avec force détails sur ton poids, tes pulsations, ta vitesse de course et la taille de tes amygdales. Tout le monde s'en fout et ne vas pas croire tous les like ou commentaires douceureux des inconnus du web. C'est simplement la preuve que tu es lu en diagonale. Seuls comptent ton chrono final et le moment où tu vas chialer du mal. L'humanité est voyeuse, insensible à tout ce qui n'est pas petit chat et bébé con. Accepte-le et prie pour elle en achetant le dernier numéro de PLAYBOY Hongrie (clic).

Evite les doutes métaphysiques sur l'existence de Dieu et l'efficacité de tes lectures aux toilettes, JOGGING INTERNATIONAL, OPTIMUM RUNNING ou ZATOPEK. Avant, pendant et après un marathon, pardonne-moi l'expression, t'es dans la me*** jusqu'au cou, pas la peine d'en rajouter avec l'exploration de ton intérieur. Ou postérieur. Au présent tu seras décomposé, en poussière tu finiras le futur. Amen.

Parcours les mots de Murakami (clic) pour comprendre l'inutilité de la littérature égocentrique surtout si elle est japonaise. Inspire-toi de Proust et de sa madeleine pour expliquer ton alimentation. Gave-toi de Sartre jusqu'à la nausée quand tu n'en pourras plus de ton allure marathon. Parcours Céline comme un voyage au bout de la nuit si tu as encore l'envie d'avoir envie. L'insoutenable légèreté de ton être te conduira à Erasme après ta dernière sortie longue, pour un éloge de la folie ordinaire sponsorisée par OVERTSIM'S.

Rappelle-toi.

Tout a déjà été écrit et bien mieux que par toi. A mon image, sois modeste, l'échine courbée comme un Angelus de Millet, au moment d'accomplir ton labeur de blogueur, à l'aube ou à la nuit tombée. Pense aux 2h03 que tu n'atteindras jamais. Réfléchis à l' anthropocène, à cette vague de gobelets vides qui submergera la chaussée sur ton passage et celui de tous les runners mal dégrossis par la société de consommation. Parle de la ville de Bordeaux, du noir qui tombe, du froid, des SDF et de la richesse viticole. Des vignes rachetées par les Chinois. De cette connerie de beau Grand Stade en PPP. Explique aussi pourquoi t u ne voteras pas Alain Juppé en 2017.

C'était ton ultime fois avant la prochaine. Au sortir de l'épreuve tu n'auras rien gagné, hurle-le à la face du monde, crie, hulule, coasse qu'on ne t'y reprendra plus. Le marathon de Bordeaux 2015 vaut bien un fromage, mais pas la peine d'en faire tout un plat de mots.


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