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Unité nationale

Publié le 02 février 2015 par Malesherbes

Les massacres de début janvier ont suscité dans notre pays un climat d’union nationale. Mais on sent déjà les premiers craquements annonciateurs de la fin de cette belle concorde. Cela est dû bien sûr au tempérament contestataire de notre peuple. Mais il me semble que ce penchant naturel à la désunion est aussi aggravé par le mode d’élection du président de notre République. 

Si l’on omet les deux élections de la phase gaulliste, celles de 1965 et 1969, on constate que c’est en 1988 que le candidat ensuite élu, François Mitterrand, a fait le meilleur score au premier tour, 34,11%. Mais, dans l’ensemble, les résultats se situent entre 20 et 32%. A l’issue du premier tour, le candidat en tête doit donc conquérir, pour espérer obtenir la majorité absolue au second tout, quelque 20% des votants. L’autre candidat qualifié doit de son côté convaincre un pourcentage encore plus élevé parmi ceux qui lui avaient refusé leurs suffrages et les abstentionnistes. L’un et l’autre se trouvent ainsi contraints de prononcer des discours plutôt clivants pour se différencier nettement de leur adversaire et séduire des électeurs supplémentaires. La conséquence est que le corps électoral se scinde en deux blocs antagonistes et qu’il est difficile ensuite de mettre en œuvre des politiques plus unitaires.

L’opposition entre ces deux blocs est renforcée parce que l’écart qui les sépare oscille entre 0,4 et 2,5 millions de voix. Les vainqueurs se considèrent pleinement investis tandis que les perdants cèdent parfois à l’envie de mettre en doute la légitimité des gagnants.

Un autre inconvénient de cette procédure est qu’elle comporte généralement un débat entre les deux tours. Chaque camp espère alors que son poulain remportera un avantage décisif. Mais, en fait, qu’est-ce que le vainqueur aura ainsi démontré ? Son aptitude à bien débattre. De même, les innombrables discours prononcés au cours de la campagne auront permis de déterminer lequel des deux était le plus capable de mobiliser les foules et de séduire par son verbe les électeurs. Sont-ce vraiment là les qualités que l’on est en droit d’attendre du premier personnage de l’État ?   Il me semble plutôt que ce qui est requis c’est l’esprit de décision et la capacité d’agir.

Le regain de satisfaction enregistré par François Hollande me paraît dû à la rapidité de réaction qu’il a démontrée et à la qualité de ses discours. Mais cela ne saurait m’étonner. C’est selon moi ce don qui lui a valu son élection. Le problème, c’est que cela l’a amené à faire des promesses qu’il n’a pu tenir ensuite, engendrant ainsi une forte déception.


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